Les Églises Chrétiennes de Dieu

 

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La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat

(Édition 2.1 19950624-19991205)

 

 

Cette étude importante retrace les Églises observant le Sabbat à partir du premier siècle au Moyen-Orient, en Europe et partout en Asie. Couvrant un laps de temps d'environ deux millénaires, elle constitue un rapport compréhensif non seulement des Églises, mais aussi des efforts faits par le système qui prône l’observance du dimanche afin de les anéantir par la persécution.

 

 

 

 

Christian Churches of God

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(Copyright ã 1995, 1998, 1999 Wade Cox)

Tr. 2003, 2007, Rév. 2008

 

 

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La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat [122]

 

 


La Conjoncture

 

D'un examen de l'histoire des Églises observant le Sabbat, nous sommes capables de tirer quelques conclusions importantes à leur sujet et aussi de retracer un système d'observance qui démontre que le modèle biblique, tel qu'établi par Christ, n'a jamais cessé. Il existe un certain nombre d'exemples significatifs, qui démontrent une histoire séquentielle des Églises observant le Sabbat partout dans le premier monde Chrétien et en Europe, avant et pendant le Moyen Âge. Celles-ci continuent pendant et au-delà de la Réformation. Les Églises observant le Sabbat, aussi nommées Sabbatati, ont existé à une étape ou une autre sur la plus grande partie de la planète. Du début, ces Églises semblent aussi avoir, essentiellement, observé les Jours Saints.

 

L'observance du Sabbat était répandue et semble avoir été opposée de Rome. Il était observé en Égypte, comme le montre le Papyrus Oxyrhynchus (c. 200-250 EC (Ère Courante)) :

 

À moins que vous ne fassiez du Sabbat un vrai Sabbat [Gr. sabbatisiez le Sabbat], vous ne verrez pas le Père (The Oxyrhynchus Papyri, Pt. 1, p. 3, Logion 2, verso 4-11, London: Offices of the Egyptian Exploration Fund, 1898).

 

Origen a aussi recommandé l'observance du Sabbat :

 

Après la fête du sacrifice incessant [la crucifixion] vient la deuxième fête du Sabbat et il est pertinent pour quiconque est juste parmi les saints d'observer aussi le festival du Sabbat. Il reste donc un sabbatismus, c'est-à-dire une observance du Sabbat, aux gens de Dieu [Hébreux 4:9] (Homily on Numbers 23, para. 4, in Migne, Patrologia Græca, Vol. 12, cols. 749, 750).

 

De la même façon, la Constitution des Saints Apôtres (Ante-Nicene Fathers, Vol. 7, p. 413; c. le 3ème siècle) déclare :

 

Vous observerez le Sabbat, à cause de Celui qui a cessé Son travail de création, mais n'a pas cessé Son travail de providence : c'est un repos pour la méditation de la loi, pas pour l'oisiveté des mains.

 

L'observance du Sabbat, la position originale de l'Église, s'est répandue à l'Ouest en Europe et, de la Palestine, elle s'est répandue à l'Est en Inde (Mingana Early Spread of Christianity, Vol. 10, p. 460) et, par la suite, en Chine. L'introduction de l'observance du Sabbat en Inde a causé une controverse dans le Bouddhisme en 220 EC (ère courante). Selon Lloyd (The Creed of Half Japan, p. 23), la Dynastie Kushan du Nord de l'Inde a convoqué un concile de prêtres Bouddhistes à Vaisalia, pour apporter l'uniformité parmi les moines Bouddhistes sur l'observance de leur Sabbat hebdomadaire. Certains avaient été si impressionnés par les écrits de l'Ancien Testament qu'ils avaient commencé à observer le Sabbat.

 

Les Sabbatati d'Europe n'étaient pas une force insignifiante. L'Église, établie à Milan, a observé le Sabbat.

 

C'était généralement la pratique des Églises d'Orient; et quelques églises de l'Ouest... Car dans l'Église de Millaine [Milan]; ... il semble que le samedi a été hautement estimé ... Pas que les Églises de l'Est ou toute autre de celles qui ont observé ce jour n'aient été inclinés au Judaïsme; mais ils se sont réunis ensemble le jour du Sabbat pour adorer Iesus [Jésus] Christ, le Seigneur du Sabbat (Dr. Peter Heylyn History of the Sabbath, Londres 1636, Partie 2, para. 5, pp. 73-74).

 

Les Églises occidentales, sous les Goths, avaient prétendument commencé à négliger le Sabbat, à cause de l'influence de Rome, bien que les Goths eux-mêmes n'étaient pas des Catholiques, mais plutôt des Subordinationistes ou des soi-disant Ariens. Sidonius dit que, sous Theodoric, en 454-526

 

C'est un fait que c'était autrefois la tradition à l'Est d'observer le Sabbat comme le jour du Seigneur et de tenir des assemblées sacrées : tandis que, d'autre part, les gens de l'Ouest, en se disputant au sujet du jour du Seigneur, ont négligé la célébration du Sabbat (Apollinaris Sidonii Epistolæ, lib. 1,2; Migne, 57).

 

Cependant, les Goths de l'Ouest, qui se sont déplacés en Gaule du Sud et en Espagne, étaient adoptionistes et ils ont été appelés Bonosiens, prétendument de Bonosus de Sardica, qui enseignait que Joseph et Marie avaient eu des enfants. Il a été classifié avec Marcellus et Photius, indiquant ainsi qu'ils étaient du même avis quant au Sabbat et à la loi.

 

Cela semble être supporté aussi par le fait que Marseille était le quartier général des prédestinationistes occidentaux (Massiliens), qui ont débuté là et qui ont été finalement condamnés comme Pélagianistes (probablement faussement) à Orange en 529 (ERE, Sects, Vol. XI, p. 319).

 

Du canon 26 du Concile d'Elvira (c. 305), il apparaît que l'Église en Espagne avait observé le Sabbat. Rome avait introduit la pratique de jeûner le jour du Sabbat pour neutraliser l'observance du Sabbat. Le Pape Sylvester (314-335) a été le premier à ordonner aux Églises de jeûner le jour du Sabbat et le Pape Innocent (402-417) en a fait une loi obligatoire dans les Églises qui lui ont obéi.

 

Innocentius a ordonné de toujours jeûner le samedi ou le jour du Sabbat (Peter Heylyn History of the Sabbath, Partie 2, Ch. 2, London, 1636, p. 44).

 

Le canon 26 du Concile d'Elvira maintenait que

 

Pour ce qui est de jeûner à chaque Sabbat : Il est résolu que l'erreur de jeûner à chaque Sabbat soit corrigée.

 

La ville de Sabadell dans le Nord-Est de l'Espagne près de Barcelone tire son nom des Sabbatati ou Valdenses (ou Vallenses). L'âge du nom et l'antiquité des termes Sabbatati et Insabatati, atténuent le cas que Valdes aurait fondé les Vallenses; leurs distributions montrent plutôt qu'il a été converti par eux et qu'il a pris son nom d'eux, comme nous le verrons.

 

Les Églises observant le Sabbat en Perse ont subi quarante ans de persécution sous Shapur II, de 335 à 375 spécifiquement, parce qu'ils observaient le Sabbat.

 

Ils méprisent notre dieu-soleil. Zoroaster, le saint fondateur de nos croyances divines, n'a-t-il pas institué le dimanche il y a mille ans en honneur du soleil et remplacé le Sabbat de l'Ancien Testament? Pourtant, ces Chrétiens ont des services religieux le samedi (O'Leary The Syriac Church and Fathers, pp. 83-84, citation de Truth Triumphant p. 170).

 

Cette persécution a été reflétée à l'Ouest par le Concile de Laodicée (c. 366). Héfèle note que:

 

Canon 16 - les Évangiles avec d'autres Écritures sont lus le jour du Sabbat (cf. aussi les canons 49 et 51, Bacchiocchi, remarque 15, p. 217).

 

Canon 29 - les Chrétiens ne doivent pas Judaïser en se reposant le jour du sabbat mais doivent travailler ce jour-là honorant plutôt le jour du Seigneur en se reposant, si possible, comme des Chrétiens. Cependant, si quelqu'un est découvert à judaïser, qu'il soit anathème pour Christ (Mansi, II, pp. 569-570, voir aussi Héfèle Councils, Vol. 2, b. 6).

 

L'Historien Socrate dit:

 

Car bien que presque toutes les Églises dans le monde entier célèbrent les mystères sacrés [assumés par les Catholiques comme étant l'Eucharistie ou le soi-disant Dîner du Seigneur] à chaque Sabbat hebdomadaire, les Chrétiens d'Alexandrie et de Rome, à cause d'une certaine tradition ancienne, refusent cependant de le faire (Socrates, Ecclesiastical History, Livre 5, Ch. 22, p. 289).

 

Le Sabbat a été observé au cinquième siècle par le Christianisme (Lyman Coleman Ancient Christianity Exemplified, Ch. 26, Section 2, p. 527). Certainement, comme à l'époque de Jérôme (420), les Chrétiens les plus pieux ont travaillé le dimanche (Dr. White, évêque d'Ély, Treatise of the Sabbath Day, p. 219).

 

Augustin de Hippo, un homme de stricte observance du  dimanche, a certifié que le Sabbat a été observé dans la plus grande partie du monde Chrétien (Nicene and Post-Nicene Fathers (NPNF), la Première Série, Vol. 1, pp. 353-354) et a déploré le fait que dans deux Églises voisines en Afrique, une observait le Sabbat du septième jour, tandis que l'autre jeûnait ce jour-là (Peter Heylyn, op. cit., p. 416).

 

Les Églises ont généralement observé le Sabbat pour quelques temps.

 

Les anciens Chrétiens étaient très prudents dans l'observance du samedi ou du septième jour... Il est clair que toutes les églises Orientales et la plus grande partie du monde, ont observé le Sabbat comme une fête... Athanasius nous dit également qu'ils ont eu des assemblées religieuses le jour du Sabbat, pas parce qu'ils étaient infectés par le Judaïsme, mais pour adorer Jésus, le Seigneur du Sabbat. Epiphanius dit la même chose (Antiquities of the Christian Church, Vol. II, Livre xx, Ch. 3, Section 1, 66. 1137,1136).

 

À la dernière moitié du quatrième siècle, l'évêque de l'Église Abyssinienne, qui observait le Sabbat, Museus, a visité la Chine. Ambrose de Milan a déclaré que Museus avait voyagé presque partout dans le pays des Seres (la Chine) (Ambrose, De Moribus, Brachman-orium Opéra Omnia, 1132, trouvé dans Migne, Patriologia Latina, Vol. 17, pp. 1131-1132). Mingana soutient que l'Abyssinien Museus a voyagé en Arabie, en Perse, en Inde et en Chine en 370 (voir aussi la remarque 27 à Truth Triumphant, p. 308).

 

Les Églises du Sabbat ont été établies en Perse et dans le bassin du Tigre-Euphrate. Ils ont observé le Sabbat et  payé les dîmes à leurs Églises (Realencyclopæie fur Protestantishe und Kirche, art. Nestorianer; voir aussi Yule The Book of Ser Marco Polo, Vol. 2, p. 409). Les Chrétiens de St-Thomas en Inde n'ont jamais été en communion avec Rome.

 

Ils observaient le Sabbat, comme ceux qui se sont dissociés de Rome après le Concile de Chalcedon, à savoir les Abyssiniens, les Jacobites, les Maronites, les Arméniens et les Kurdes, qui observaient les lois de l'alimentation et niaient la confession et le purgatoire (Schaff-Herzog The New Encyclopædia of Religious Knowledge, art. Nestorians and Nestorianer ci-dessus).

 

En 781, le célèbre Monument Chinois a été gravé dans le marbre pour raconter la croissance du Christianisme en Chine, à ce moment-là. L'inscription de 763 mots a été déterrée près de la ville de Changan en 1625 et elle est maintenant prétendument dans la Forêt des Tablettes à Changan. L'extrait de la tablette déclare :

 

Le septième jour, nous offrons des sacrifices, après avoir purifié nos cœurs et reçu l'absolution pour nos péchés. Cette religion, si parfaite et si excellente, est difficile à nommer, mais elle éclaire l'obscurité par ses brillants préceptes  (M. l'Abbé Hue Christianity in China, Vol. 1, Ch. 2, pp. 48-49).

 

Les Jacobites ont été caractérisés comme des gens observant le Sabbat en 1625 en Inde (Pilgrimmes,  Point 2,  p. 1269).

 

L'Église Abyssinienne a continué à observer le Sabbat et, en Éthiopie, les Jésuites ont essayé de forcer  les Abyssiniens à accepter le Catholicisme Romain. Le légat Abyssinien à la cour de Lisbonne a nié qu'ils observaient le Sabbat pour imiter les Juifs mais, plutôt, par obéissance à Christ et aux Apôtres (Geddes Church History of Ethiopia, pp. 87-88). Les Jésuites ont influencé le roi Zadenghel en lui proposant de se soumettre à la Papauté en 1604 et d'interdire l'adoration le jour du Sabbat sous des peines sévères (Geddes, ibid., p. 311 et aussi Decline and Fall of the Roman Empire de Gibbons , Ch. 47).

 

Le Sabbat en Italie

 

Apparemment, Ambrose de Milan a observé le Sabbat à Milan et dimanche à Rome, donnant ainsi naissance à l'énonciation quand à Rome fait comme Rome fait (Heylyn, op. cit., 1612). Heylyn identifie l'Église du quatrième siècle à Milan comme le centre de l'observance du Sabbat à l'Ouest (ibid., partie 2, paragraphe 5, pp. 73-74). Il n'est donc pas surprenant que les Sabbatati avaient leur école là, tel qu'enregistré sous les Vallenses à l'époque que Pierre Valdes s’est joint à eux. Le Sabbat avait été observé en Italie pendant des siècles et le Concile de Friaul (c. 791) a parlé contre son observance par les paysans au canon 13.

 

Nous commandons à tous les Chrétiens d'observer le jour du Seigneur qui doit l'être non en l'honneur du Sabbat passé, mais à cause de cette nuit sainte du  premier jour de la semaine appelé le jour du Seigneur. En parlant de ce Sabbat que les Juifs observent, le dernier jour de la semaine et que nos paysans observent... (Mansi, 13, 851).

 

Il y avait donc un noyau de tradition d'observance du Sabbat en Europe entre Milan et Lyon, qui est devenu le centre des Pauvres Hommes de Lyon, une branche des Sabbatati ou Insabatati, appelés plus tard les Vaudois. La connexion Milan-Lyon a été facilitée par Pothinus et Irénée (c. 125-203). Tous deux étaient les disciples de Polycarpe, le disciple de Jean, et tous les deux observaient le Sabbat. Irénée est devenu l'évêque de Lyon après le martyr de Pothinus en 177 sous la persécution de Marcus Aurelius. Les Églises à Lyon et à Vienne, faisant rapport de leur persécution en 177 et, probablement, suite à cette persécution, ont plaidé pour la clémence pour les Montanistes Phrygiens (mais ils étaient eux-mêmes prudents dans leurs vues et pas Montanistes (The Catholic Encyclopedia (C.E)., art. Montanists, Vol. X. pp. 522-523)). (Montanus et les prophétesses Maximilla et Prisca ou Priscilla ont prophétisé avec des énonciations extasiées probablement de l'influence du culte de Cybèle en Phrygie. Ils ont été condamnés avec leurs disciples).

 

Irénée était un Unitaire, tout comme Justin Martyr et tous les Apologistes d'Avant-Nicène. Il a déclaré que l'Église avait une croyance constante, celle-ci étant qu'il n'y a qu'un Créateur du monde, Dieu le Père (ANF, Vol. 1, Against Heresies, Livre II, Ch. IX, p. 369). Il a déclaré que la position de l'Église était que :

 

La justice parfaite n'était conférée par aucune autre cérémonie légale. Le Décalogue n'a cependant pas été annulé par Christ, mais il est toujours en force : les hommes n'ont jamais été libérés de ses commandements (ANF, Vol. IV, Ch. XVI, p. 480).

 

Il cite Ézéchiel (Ézéchiel 20:12) et Moïse (Exode 21:13) en faisant référence aux Sabbats comme le signe entre Dieu et Son peuple. Les Sabbats ont été donnés comme  signe, ce qui était aussi symbolique. Les Sabbats enseignaient que nous devrions continuer jour après jour dans le service de Dieu. L'homme n'était pas justifié par eux mais ils avaient été donnés comme signe au peuple (ibid., p. 481).

 

Ignatius, l'évêque d'Antioche à l'époque de Trajan (98-117 EC), argumente contre les tendances à Judaïser dans son territoire. La survie tenace et la vénération des institutions juives, comme le Sabbat, sont explicitement mentionnées par cet auteur (Epistle to the Magnesians, voir aussi Bacchiocchi, p. 213). Il est alors peu concevable qu'une brisure radicale de l'observance du Sabbat avait déjà eu lieu (ibid., p. 214). Il est évident qu'Ignatius combattait les pratiques traditionnelles juives le jour du Sabbat qui était observé par les deux parties.

 

Justin Martyr, lui-même un Unitaire, introduit le concept d'adoration le dimanche (ANF, Vol. 1, First Apology, LXVII, pp. 185-186) et essaye de convaincre son ami juif Trypho de la justesse de cette pratique (par exemple voir ANF, Vol. 1, Dialogue with Trypho, Ch. XII, p. 200). Bacchiocchi (peut-être l'autorité sur la transition de  l'adoration du Sabbat au dimanche, From Sabbath to Sunday, Pontifical Gregorian University Press, Rome, 1977) traite de l'échec de Justin de citer un seul exemple pour justifier la pratique. L'argument de Justin présuppose que, dans son temps, l'observance du dimanche était étrangère tant aux Juifs qu'aux Juifs-Chrétiens (p. 156). Les Nazaréens aussi n'ont pas observé le dimanche, comme il est supposé par Épiphane (ibid). Les Nazaréens, dont l'existence au quatrième siècle est certifiée par Jérôme, semblent être les descendants directs de la communauté Chrétienne de Jérusalem qui a émigré à Pella (Bacchiocchi, ibid.).

 

Le but des Sabbats a été compris par les premiers auteurs comme étant spirituel, tandis que les Juifs l'ont lié au physique et c'est l'essence du débat. L'enlèvement du Sabbat et sa substitution par le dimanche auraient été répugnants.

 

L'Église à Lyon sous Irénée est intervenue dans la dispute Quartodeciman sur la Pâque (voir Lives of the Saints de Butler, pp. 196-197; et aussi les études sur la Pâque). Il a répandu le premier Christianisme à travers une grande partie de la Gaule et il a donné un coup de grâce aux formes de Gnosticisme qui étaient enracinées là. Lyon, au temps de Pothinus et d'Irénée, était le centre de l'Église en Gaule et le centre de la conversion.

 

Le compte rendu de la persécution à Lyon et à Vienne a été donné aux frères à Smyrne dans une lettre, qui est préservée par Eusebius (Hist. Eccl., V, i-iv). Vienne était dépendante de Lyon et a peut-être été administrée par un diacre (C. E., art. Gaul, Christian, Vol. VI, p. 395).

 

Les Églises en Gaule semblent avoir été facilitées par la grande concentration de Juifs autour de Marseille et Gênes, pendant la période 100-300 (voir Atlas of Jewish History, de Gilbert, Dorset Press, 1984, la carte 17). Ces communautés étaient évidemment en contact avec les grandes concentrations de Juifs à Éphèse et Smyrne. Le mouvement en remontant le Rhône de Marseille à Lyon, la Métropole et le centre de communication pour le pays entier, est sans doute le résultat de la participation juive dans le commerce. Les demandes de la communauté sont probablement ce qui a incité l'expédition de Pothinus et Irénée à Lyon, par Polycarpe à Smyrne. Il y avait donc une Église qui observait le Sabbat établie à Lyon avant la persécution de Marcus Aurelius en 177. Lyon était le centre des Églises en Gaule quand Irénée était évêque. Les Églises de Gaule ont écrit à Rome au sujet de la controverse Quartodéciman (voir Eusebius Hist. Eccl., V, xxiii) pour appuyer les évêques asiatiques concernant l'introduction des Pâques.

 

Grégoire de Tours (Historia Francorum, I, xxviii) allègue qu'en l'an 250, Rome a envoyé sept évêques pour établir des Églises en Gaule. Gatianus a prétendument fondé l'église de Tours; Trophimus, celle d'Arles; Paul, celle de Narbonne; Saturninus, celle de Toulouse; Denis, celle de Paris; Stremonius (Austremonius), celle d'Auvergne (Clermont); et Martialis, celle de Limoges (voir Lejay C. E., art. Gaul ibid.). Les historiens sérieux mettent en doute ce que Lejay dit. C'est plus probablement un compte rendu d'une intervention romaine dans les affaires de la nation. Indépendamment du motif et des faits, Cyprian fait mention qu'au milieu du troisième siècle, il y avait un certain nombre d'Églises organisées en Gaule. Elles ont peu souffert de la grande persécution. Il apparaît que Constantius Chlorus, le père de Constantin, n'était pas hostile au Christianisme.

 

C'est probablement à cause de son exposition aux Subordinationistes à Lyon, que Constantin a refusé de devenir un Athanasien (un quasi-Trinitaire, appelé plus tard Catholique) et a, en fait, été baptisé un Unitaire Subordinationiste (ou soi-disant Eusébien ou Arien) avant sa mort (voir C.E., ibid. et aussi articles variés sur Constantin). Le Concile d'Arles note qu'il y avait un certain nombre de diocèses établis à ce moment-là (c. 314) coïncidant avec le Décret de Tolérance (de Milan). Les signataires des évêques, qui sont toujours existants, prouvent les évêchés suivants : Vienne, Marseille, Arles, Orange, Vaison, Apt, Nice, Lyon, Autun, Cologne, Trier, Reims, Rouen, Bordeaux, Gabali et Eauze. Les évêchés de Toulouse, Narbonne, Clermont, Bourges et Paris doivent aussi être admis (voir C. E., ibid., p. 396).

 

Le Monasticisme n'est pas entré dans les Églises Gauloises avant son introduction par Martin (d. c. 397), qui a fondé Marmoutier près de Tours et Cassian (d. c. 435), qui a fondé deux églises à Marseille (c. 415). En grande partie, le Christianisme a été limité aux villes, parmi les plus instruits et peut-être les groupes influencés par les juifs. Les gens ruraux étaient des païens, à cause des infusions des superstitions Gallo-Celtes et romaines. La conversion des Goths, des Vandales, des Suevi, des Alans etc. à l'Unitarianisme (appelé incorrectement l'Arianisme) à partir du début du quatrième siècle, a mis un terme, pour quelques temps, aux ambitions Trinitaires Romaines et à l'observance du dimanche. L'évêché épiscopal de Gaule est devenu l'objet de l'avidité aristocratique sous l'influence romaine.

 

Honoratus a fondé un monastère sur l'île de Lérins (Lerinum). De là, les épiscopats ont été repris en charge et les prétendus diplômés orthodoxes de Lérins ont été placés dans plusieurs diocèses. Honoratus, Hilary et Cæsarius ont été placés à Arles; Eucherius à Lyon et ses fils Salonius et Veranius à Genève et à Venise respectivement; Lupus à Troies; Maximus et Faustus à Riez.

 

Lérins est aussi devenu une école de mysticisme et de théologie et a propagé ses idées religieuses par des travaux utiles sur le dogme, la polémique et l'hagiographie (C.E., op. cit.).

 

Les écoles monastiques ont donc introduit le mysticisme dans la religion simple de la première église en Gaule. Il y a eu une résistance importante au mysticisme monastique et plusieurs prêtres se sont mariés. C’est la dynastie Mérovingienne, qui a finalement introduit le système romain à la pointe de l'épée.

 

Jusqu'en 417, quand le Pape Zosimus a nommé Patrocles, évêque d'Arles, son vicaire ou délégué en Gaule, toutes les disputes avaient été référées à Milan où le Concile de Milan a tranché la question (voir C.E., p. 397). Il est ainsi facile de voir la relation de Milan au secteur élargi des Sabbatati ou Vallenses. Les Églises en Gaule étaient en désaccord quant à la nature de Dieu. Les Églises étaient continuellement Subordinationistes.

 

L'Église de Gaule a traversé trois crises dogmatiques. Ses évêques ont semblé avoir été énormément préoccupés par l'Arianisme; en règle générale, ils se sont accrochés à l'enseignement de Nicée, malgré quelques défections provisoires ou partielles.

 

C'est peut-être une sous-estimation. Les Sabbatati étaient des Unitaires Subordinationistes, dès la fondation par Pothinus et Irénée, plus d'un siècle avant l'apparition d'Arius. L'observance du Sabbat s'était répandue en Europe. Héfèle dit du Concile de Liftinæ en Belgique en 745 que :

 

La troisième allocution de ce concile met en garde  contre l'observance du Sabbat en faisant référance au décret de Laodicée (Conciliengeshicte, 3, 512, section, 362).

 

L'observance du Sabbat existait à Rome sous Grégoire I (590-604). Grégoire a écrit contre la pratique (Ep. 1, Nicene and Post-Nicene Fathers (NPNF), Deuxième Série, Vol. XIII, p. 13).

 

Grégoire, évêque par la grâce de Dieu à ses fils bien-aimés, les citoyens romains : Il est venu à mon attention que certains hommes d'esprit pervers ont disséminé parmi vous des choses dépravées et opposées à la foi Sainte, de sorte qu'ils interdisent de faire quoi que ce soit le jour du Sabbat. Comment devrais-je les appeler sauf les prédicateurs d'Antéchrist (Epistles, b. 13:1).

 

Grégoire s'est prononcé contre une section de la ville de Rome, parce qu'elle observait le Sabbat. Il soutenait que, quand l'Antéchrist viendrait, il observerait le samedi comme le Sabbat (ibid.).

 

L'Église du Sabbat en Asie

 

L'Église située en Asie Mineure était nommée Paulicien. Les Pauliciens s'étaient développés là pendant quelques centaines d'années. C. A. Scott devait dire, des Pauliciens, qu'ils étaient :

 

Une secte anti-catholique qui a débuté au 7ème siècle (possiblement avant), qui a connu beaucoup d'alternances de la faveur impériale et une persécution impitoyable, qui est restée influente jusqu'au 12ème siècle et qui n'est pas sans descendants aujourd'hui en Europe de l'Est. Faisant d'abord son apparition sur les  frontières orientales de l'empire et ayant sa maison naturelle en Arménie, en Mésopotamie et dans le Nord de la Syrie, elle s'est répandue, en partie par la propagande et en partie par la transplantation de ses fervents, vers l'Ouest à travers l'Asie Mineure, puis en Europe de l'Est pour établir de nouveaux centres dans la péninsule balkanique. Les opinions spécifiques qui leur ont été attribués incluent une conception dualiste du gouvernement et même de l'origine du monde, une doctrine Adoptioniste de la Personne de Christ, un rejet véhément et têtu de la Mariolâtrie et de l'adoration des saints et des images, un rejet similaire du symbolisme sacramentel et une emphase spéciale sur le baptême adulte comme la seule forme valable. Le fondement de ces opinions est trouvé dans une concentration sur l'Écriture comme l'autorité unique et suffisante jusqu'à l'exclusion de la tradition et de  'l'enseignement de l'Église' (ERE, art. Paulicians Vol. 9, p. 695).

 

Les Pauliciens ont augmenté énormément en nombres sous Sergius Tychicus et on les retrouvaient principalement parmi les montagnards robustes de Taurus. Scott dit que :

 

Autant comme défenseurs de l'empire et objets de la persécution impériale, ils ont montré la plus grande obstination et le plus grand courage (ibid., p. 697).

 

Ils ont été protégés par Constantin Copronymous (741-775) et invités à s'établir à Thrace. Nicephorus (802-811) les a employés pour la protection de l'empire sur sa frontière orientale. Michel et Léo V les ont impitoyablement persécutés.

 

Mais les Pauliciens étaient trop nombreux, trop guerriers et trop bien organisés pour être contraints à l'orthodoxie. Ils ont résisté, se sont révoltés et même exercé des représailles en faisant des raids sur l'Asie Mineure de leur repaire de montagne. Après vingt ans d'une relative tranquillité, ils ont été exposés à une autre violente persécution sous Theodora (842-857), qui, sous Basil, est devenue une guerre d'extermination (voir Krumbacher, p. 1075). Les Pauliciens ont été forcés dans les bras des Saracens et, avec leur aide, sous le leadership de Chrysocheir, un dirigeant capable, ils ont non seulement résisté avec succès aux forces impériales, mais les ont refoulés et ils ont pillé l'Asie Mineure jusqu'à ses rivages occidentaux (Scott, ibid.).

 

Cela démontre deux aspects des Pauliciens. Premièrement, ils maniaient les armes et, deuxièmement, les Musulmans les considéraient comme un groupe séparé des Chrétiens Trinitaires et leur ont rendu assistance et donné la protection. Cette protection n'a pas été limitée à l'Asie Mineure mais elle s'est étendue aussi jusqu'en Espagne. La distinction entre les groupes était connue et elle a été préservée dans le Coran.

 

Le commentaire de Christ contre l'Église de Pergame, qui pourrait être identifiée avec cette secte, devient ainsi plus intelligible quand il dit dans Apocalypse 2:16, qu'il se battra contre [ceux qui sont attachés à des doctrines fausses parmi eux] avec l'épée de sa bouche.

 

Scott a noté qu'une deuxième déportation des Pauliciens, sur une grande échelle, de l'Arménie à Thrace, a été effectuée par John Tzimiskes (970) (ibib). Les croisés latins ont retrouvé la secte en Syrie au onzième siècle et Lady Mary Montagu les a retrouvés dans le voisinage de Philippoplis, au dix-huitième siècle (Scott, op. Cit.).

 

En Europe, ils sont devenus ou se sont amalgamés avec les Bogomils (q.v), et leurs opinions et influences ont été propagées pendant le Moyen Âge par diverses sectes anti-catholiques - par exemple, les Cathares et les Albigeois - dont l'affiliation avec les Pauliciens est probable, quoique difficile à retracer. Leur nom, comme 'Manichéen', est devenu à son tour une description générique de n'importe lequel de ces mouvements qui se sont opposés au développement de la hiérarchie et de la doctrine Catholique (Scott, ibid.).

 

Scott dit qu'il est impossible à dire si le Pape-licani, les Piphles de la Flandre ou les Publicanis, qui ont été condamnés et catalogués à Oxford en 1160, étaient des descendants direct des Pauliciens ou s'ils ont porté leur nom comme un terme de reproche. Scott dit que les Pauliciens sont mieux compris comme une section, dans ce flot continu de penser et de vivre anti-Catholique et anti-hiérarchique, qui court parallèle avec le flot de la doctrine et de l'organisation 'orthodoxe', pratiquement à travers l'histoire de l'Église (cf. Krumbacher, p. 970, The Paulicians' setzten einer verweltlichen Reichsorthodoxie ein echt apostolisches Biblechristentum entgegen).

 

F. C. Conybeare (The Key of Truth, Oxford, 1898) maintient qu'ils étaient Adoptionistes dans leur Christologie, qu'ils avaient trois sacrements: le repentir, le baptême et le Corps et le Sang de Christ (voir aussi p. 124), qu'ils déclaraient invalide le baptême des mineurs, qu’ils niaient la virginité perpétuelle de Marie et rejetaient les doctrines du purgatoire et de l'intercession des saints et l'utilisation des images, des croix et de l'encens.

 

Le mouvement de l'Église de l'Asie Mineure jusqu'en Europe s'est ainsi fait sur plusieurs siècles et, comme nous pouvons le voir ci-dessus, il a été effectué de bouche à oreille et par le déménagement des gens. Le dénigrement des doctrines des groupes est fait par les orthodoxes qui, en général, ont écrit les histoires en question.

 

L’observance du Sabbat en Europe de l'Est

 

Il est évident que les œuvres principales de l'Église observant le Sabbat, n'ont pas eu lieu en Europe avant  que les œuvres des églises amorcées à Smyrne (dénommées l'ère de Smyrne) et celles amorcées par les Pauliciens en Asie Mineure (dénommées l'ère de Pergame) soient terminées. En effet, il est évident que l'œuvre en Gaule a été commencée de, et a été en contact avec, l'Église à Smyrne, après la mort d'Irénée. L'œuvre était disjointe et non-coordonnée, jusqu'au déménagement des Pauliciens en Europe.

 

La diffusion de la foi Chrétienne concernant l'observance du Sabbat avait été notée (ci-dessous) de s'être déplacée de Thrace jusqu’en Albanie et en Bulgarie avec les Pauliciens. Au neuvième siècle, cette dispute avait éclaté en Bulgarie. Il est noté que :

 

On avait enseigné en Bulgarie, dans la première saison de son évangélisation, qu'aucun travail devait être fait le jour du sabbat (Responsa Nicolai Papæ I and Con-Consulta Bulgarorum, Responsum 10, found in Mansi, Sacrorum Concilorum Nova et Amplissima Collectio, Vol. 15; p. 406; aussi Héfèle, Conciliengeshicte, Vol. 4, section 478).

 

Bogaris, le prince dirigeant de la Bulgarie, a écrit au Pape Nicholas I et lui a posé un certain nombre de questions concernant cette affaire. Dans la réponse aux Questions 6 et 10 concernant la baignade et le travail, le jour du Sabbat, il a répondu :

 

Question 6 - La Baignade est permise le dimanche. Question 10 - On doit cesser le travail le dimanche mais pas aussi  le jour du Sabbat (Héfèle, 4 346-352, section 478).

 

Nicholas a été déclaré excommunié par un contre-synode à Constantinople. Photius, le Patriarche de Constantinople, a accusé la Papauté

 

Contre les canons, ils ont incité les Bulgares à jeûner le jour du Sabbat (Photius, von Kard, Hergenrother, 1, 643).

 

La question du Sabbat est devenue une discussion amère entre les Grecs et les Latins. Neale a fait des remarques à ce sujet concernant la rupture en 1064 (A History of the Holy Eastern Church, Vol 1, p. 731).

 

D'après le Cardinal Hergenrother, les Athingiens (ou Athinganis) du neuvième siècle ont joui d'une relation intime avec l'Empereur Michel II (821-829) et il déclare qu'ils ont observé le Sabbat (Kirchengeschicte, 1, 527). Les Athingani étaient une secte en Phrygie et ils ont été appelés Melchizédékites par Timotheus de Constantinople dans son Reception of Heretics (voir ERE, art. Sects, Vol. XI, p. 319b). Whitley dit ici qu'ils :

 

Observaient le Sabbat; comme ils ne touchaient à personne, ils ont été populairement appelés Athinganis. Cela semble indiquer qu'ils ont observé les règles juives de la propreté mais l'information est trop mince pour retracer leur origine et leurs principes (ibid.).

 

Après la défaite de Chrysocheir, le chef des Pauliciens, au neuvième siècle et la destruction de Tephrike, leur forteresse, ils ont été décimés et dispersés. Ils ont existé en communautés dispersées en Arménie, en Asie Mineure et, particulièrement, dans la Péninsule balkanique. Au milieu du neuvième siècle, ils ont connu un renouveau en Arménie sous Smbat qui, selon Conybeare, peut avoir été l'auteur de Key of Truth (La Clef de la Vérité) (voir ERE, art. Paulicians, Vol. IX, p. 697). Basés à la ville de Thondrak, ils ont reçu le nom de Thondrakiens.

 

Une autre branche de la même racine est probablement trouvée dans la secte connue comme 'Athingani', mentionnée par Theophanes (Chronographia, 413) et encore une autre dans les 'Selikians'. Le biographe du patriarche Methodius revendique pour lui le crédit d'avoir converti en orthodoxe un Selix et ses disciples, qui avaient des opinions 'Manichéennes' - opinions qui correspondent en détails avec celles dont les Pauliciens étaient accusés dans Cod. Scor. (Ibid.).

 

La deuxième déportation, sous John Tzimiskes (970), a alors eu lieu.

 

On voit donc que ces sectes sont toutes en corrélation et qu’elles sont attaquées par les Trinitaires pour avoir des doctrines hérétiques, brisées en sectes sous des noms différents et persécutées, quand c'était possible. Les Pauliciens étaient aussi des iconoclastes et cela semble être compatible avec ce que nous connaissons des Sabbatati et des Cathares en Europe.

 

Les Pauliciens objectaient toujours à l'adoration de la Croix par leurs rivaux (Arménien, Chazus); par conséquent, le terme Chazitzarii, Chazinzariens (Staurolatræ) ne semble pas dénoter une petite secte, mais l'Église Établie d'Arménie telle que vue par les Pauliciens (Whitley ERE, art. Sects, p. 319).

 

Dans son article sur l'Église Orthodoxe grecque (ERE, Vol. VI, p. 427), Troitsky note que les Athinganis étaient reliés avec le Judaïsme. Ils sont regroupés avec, mais pas spécifiquement identifiés comme, les Pauliciens. Troitsky semble regrouper les Pauliciens comme ayant une croyance d'un caractère mystique, ce que nous savons être incorrect, d'après les travaux existants. Il semble faire peu de doute que les Pauliciens et les Athinganis ou les sectes en Asie Mineure ont observé le Sabbat et les lois de l'alimentation et qu’ils ont apporté ces pratiques en Europe.

 

Les Bogomils

 

Un des premiers groupes à émaner des Pauliciens, directement en Europe, semble avoir été les Bogomils (voir ci-dessus) qui ont été retrouvés parmi les Slaves et, particulièrement, les Bulgares (Powicke ERE, Vol 1, p. 784).

 

Le terme Bogomil est peut-être dérivé de Bog Milui qui signifie Dieu aie pitié ou, peut-être, de Bogumil ou le bien-aimé de Dieu. Deux premiers MSS bulgares, qui se confirment l'un l'autre, déclarent que le 'pape' Bogomile a été le premier à présenter 'l'hérésie' sous le Tsar bulgare Peter (927-968). Par conséquent, le nom peut être dérivé d'un représentant important de la secte au dixième siècle.

 

Les Bogomils sont décrits comme une secte néo-Manichéenne par N. A. Weber (C. E., art. Bogomils, Vol. II, p. 612). La secte est notée comme étant retrouvée à la fin du Moyen âge à Constantinople et dans les états balkaniques. Les Bogomils maintenaient que Satan et Christ avaient tous les deux le pouvoir de création, conformément à la volonté de Dieu. Les Bogomils maintenaient que Dieu le Père avait une apparence humaine mais qu'Il était incorporel. Les Fils de Dieu incluaient Satanel (ou Azazel), qui était assis à la droite de Dieu et Jésus ou Michel. Satan était doté du pouvoir créateur, mais il s'est rebellé. Il a été expulsé du ciel avec les anges qui l'ont suivi. Il était maintenu que Satan avait créé un deuxième ciel et une deuxième terre et qu'il a formé l'homme de la terre et de l'eau. Satan ne pouvait pas donner un esprit vivant à l'homme. Par conséquent, le Père a accordé la vie à l'homme à sa demande. À partir de la séduction d'Ève, Satan a perdu son pouvoir créateur mais il a conservé le gouvernement de la planète. Dieu a envoyé un autre Fils, Jésus, pour assumer une forme physique, par l'intermédiaire de Marie. Les actions de Christ ont ainsi jugé Satan. Satanel a perdu le nom divin ou le rang de El et il est ainsi devenu connu comme simplement Satan.

 

Maintenant, cette histoire est écrite par "les ennemis" orthodoxes et elle est donc quelque peu déformée par rapport à la structure biblique qu'elle prétend expliquer. Néanmoins, un étudiant de la Bible verra la structure des textes qui sont expliqués. Les concepts sont, en réalité, davantage en accord avec ce que nous connaissons maintenant de la cosmologie du premier siècle mais déformés, si les notes de Powicke (ci-dessous) sont correctes.

 

Le concept est qu'à la fin, le seul survivant au ciel est Dieu le Père, Christ et Satan étant tous les deux absorbés. C'est le concept de Dieu devenant tout en tous. Le concept est peut-être expliqué en termes simplistes par les orthodoxes, parce qu'il n'est pas conforme avec la doctrine de l'âme.

 

La revendication, par Weber, que les Bogomils rejetaient l'Ancien Testament, sauf les Psaumes et les livres Prophétiques, semble être basée sur Euthymius (PG, Vol. cxxx) (voir aussi Powicke, op. cit.) où il y a 52 croyances principales dont les plus importantes ont été énumérées par Powicke et récapitulées comme suit :

 

1.      Le rejet des livres de Moïse.

2.      L'histoire de Christ était symbolique d'une connaissance plus élevée.

3.      Ils enseignaient un concept Sabellien de la Divinité en disant que tous les trois noms du Père, du Fils et de l'Esprit Saint s'appliquent au Père. À la fin, tous les trois esprits, ayant fait leur travail, retourneront au Père. (Le concept de tous retournant au Père n'est pas juste limité à une Trinité comme Euthymius l'affirmerait du concept de l'union de l'Armée).

4.      La création Satanique a été étendue à la loi qui a engendré le péché. Dieu est intervenu dans le monde et Il a envoyé l'Archange Michel comme le logos qui est  devenu Jésus Christ.

5.      L’Esprit Saint était considéré être seulement dans les élus (qu'ils assimilaient avec les Bogomils).

6.      Les élus ne peuvent pas mourir.

7.      Les temples de l'Église étaient les temples des démons mais ils permettaient d’adorer dans ceux-ci par opportunité.

8.      Ils sont supposés avoir maintenu que Jean le Baptiste était un serviteur du Dieu juif Satanel.

 

La revendication que la secte a rejeté le baptême d'eau pour avoir seulement le baptême spirituel (par l'imposition des mains) est peut-être tirée de l'intrusion de la secte dans les ordres monastiques. La secte a nié la doctrine de la transubstantiation. Weber a maintenu que la secte condamnait le mariage et interdisait de manger de la viande. Les Bogomils ont existé plusieurs siècles, comme un ordre monastique. Comme leurs écrits ont été brûlés, ce qu'on connaît d'eux semble venir d'Euthymius Zigabenus (il est mort après 1118) dans le Chapitre xxvii de Panoplia Dogmatike dans lequel il a réfuté environ vingt-quatre de leurs présumées hérésies (sous 52 chefs(têtes) cf. Powicke).

 

Weber pense que les Bogomils se seraient  développés des Euchites (probablement de la nature dualiste de leur doctrine). Ils ont aussi été appelés Messaliens, d'où ils ont tiré leur ascétisme. Cette aberration de date inconnue semble les mettre à part des autres groupes. Ils ont été en proéminence au douzième siècle. Ils ont été mentionnés par leur nom pour la première fois à Philippopolis (la Turquie européenne) en 1115 (notez l'occupation continue par les Pauliciens ici, comme ci-dessus). Leur chef Basil, un moine et un médecin, qui avait nommé douze apôtres, a été saisi et emprisonné (1111) (après avoir été dupé) par Alexius I, Comnenus (1081-1118) qui a exigé la rétraction des erreurs. Certains se sont rétractés, certains sont morts en prison (Weber ibid.). Basil a été condamné à mort (1118) et brûlé (1119 Powicke). Un synode de Constantinople en 1140 a ordonné la destruction de ses écrits et, en 1143, deux évêques de Cappadocia ont été déposés pour avoir embrassé ses doctrines. Les synodes de Constantinople en 1316 et 1325 ont, de nouveau, condamné la secte. Les Bogomils ont persisté jusqu'à la conquête des Balkans par les Turcs au quatorzième et quinzième siècle (Weber ibid.). Powicke dit (op. cit., p. 785) que leur influence est retracée dans les sociétés plus petites dans lesquelles ils se sont séparés, beaucoup plus tard. Ce qui semble être le cas, c'est que les doctrines Pauliciennes ont non seulement existé dans les sociétés où ils ont été transportés et dans les communautés Slaves, qui les ont entourés, mais qu’elles ont aussi été adoptées par les ordres monastiques où elles ont été déformées par les moines mais, néanmoins, restées anti-Catholique. Les doctrines Bogomiles, telles que présentées, représentent une divergence des autres sectes dérivées des Pauliciens et, en effet, des doctrines des Pauliciens eux-mêmes.

 

Il est donc incorrect d'affirmer que la secte, trouvée parmi les ordres monastiques, comme les Bogomils, était, en fait, le groupe général de ce nom, qui s'est répandu parmi les Slaves et à travers l'Europe. La vue moyenne des doctrines peut être mieux trouvée à l’aide d'une comparaison entre les Pauliciens et les sectes européennes, qui ont été influencées par eux.

 

Les sectes Subordinationistes ou anti-Trinitaires devaient se répandre à travers l'Europe. Les sectes ont été connues sous des noms variés.

 

Les Vaudois ou Waldenses

 

Lentolo est l'auteur de la première histoire des Vaudois et l'autorité principale de la persécution qui a eu lieu à son époque. Cette histoire était pratiquement inconnue jusqu'en 1897 quand Comba a attiré l'attention sur une copie de celle-ci dans la Bibliothèque de Berne (W. F. Adeney, art. Waldenses, ERE, Vol 12, p. 669).

 

Ainsi, l'histoire par Muston (L'Israël des Alpes, Paris, 1851 ou la réimpression Israël of the Alps NY 1978) doit être vue à la lumière de celle-ci. Les Catholiques Romains affirment que les Vaudois sont simplement les disciples de Pierre Valdes de Lyon. On donne le nom en français comme Valdes, en latin comme Valdesius, Valdenius, Gualdensis et en italien comme Valdes. Il a été prétendument converti en 1173. Les Vaudois eux-mêmes nient cette affirmation qui essaye, en fait, de les étiqueter comme Protestants mais, plutôt, ils retracent leur généalogie jusqu'au début du Christianisme.

 

Le premier record de cette revendication est par un moine dominicain à Passau en 1316 (Contra Valdense in Maxima Bibliotheca veterum Patrum, Lyon, 1677-1707, xxv, 262 ff.), qui a noté qu'ils revendiquent d'avoir existé à l'époque des pères (duravit un tempore patrum). La fois suivante que c'est enregistré, c’est dans une lettre de Barbe Morel à Oecolampadius en 1530 (A. Scultetus Annalium Evangeli ... decades duo, Genève, 1618, pp. 295,306). Le texte a été adopté par Robert Olivetan et publié dans la préface de sa traduction de la Bible en 1535. Les Protestants en sont donc venus à honorer les Waldenses, comme l'Église qui avait préservé la foi du Nouveau Testament. La secte a nommé son clergé Barbe ou Oncle, à cause de l'injonction biblique interdisant d'appeler quelqu'un père, enseignant ou chef (Mat. 23:9-10). Le titre de Père était un rang du système Mithras et il est interdit aux Chrétiens (voir par exemple C. K. Barrett The New Testament Background: Selected Documents, rev. ed., SPCK, London, 1987, p. 133). Il n'y a aucune preuve que la secte a existé, inchangée, dans les vallées des Alpes. Étant donné l'acceptation de ce fait, une deuxième théorie pour expliquer la secte a été développée. Cette théorie avance qu'elle a vu le jour à Rome, pendant l'épiscopat de Sylvester. Après avoir baptisé Constantin (que nous savons être incorrect puisque Constantin a été baptisé un Unitaire (incorrectement appelé Eusebien ou Arien) par Eusebius de Nicomedia) Sylvester a, prétendument, placé l'Église sous le pouvoir de l'empereur. Un évêque se serait dissocié et serait allé à la Vallée Vaudois, fondant, de là, les Vaudois. Il existe, cependant, la possibilité que les Ariens Goths, qui avaient une Bible en Gothique de c. 351, aient influencé le secteur. L'origine de l'Église, en fait, provient de l'Église à Lyon, sous Irénée et ses successeurs (voir ci-dessus). Les débuts de l'influence sont encore trouvés au temps de Claude, évêque de Turin, au huitième siècle, sous Charlemagne et Louis le Pieux. Claude a ranimé la doctrine Augustinienne de la prédestination, mais il a ignoré l'aspect de l’Église Suprême de l'enseignement d'Augustin,

 

Selon lequel, l'Église était le moyen de communication désigné entre Dieu et l'homme, résistant aux revendications papales et niant que St-Pierre avait reçu le pouvoir de lier et de délier. Il a fait enlever les croix aussi bien que les images de ses églises, dans toutes ces questions, en attendant la Réformation (Adeney, ibid.).

 

Les Églises des Vaudois auraient été incluses dans le diocèse de Claude. En conséquence, Léger, Muston et d'autres Vaudois maintenaient que, si leur dérivation ne pouvait pas être retracée jusqu'aux temps apostoliques, elle devrait alors lui être attribuée. Cependant, il n'y a aucune évidence de leur existence, comme Église significative, pendant des siècles après Claude. La déclaration par Muston (ibid., Paris, p. xxxii, n. 2) qu'en l'année 1096, Urban II a décrit les Vaudois comme infectés par l'hérésie, dit Adeney (p. 665), est fondée sur une erreur, puisqu'une telle référence à ces gens ne peut pas être trouvée parmi ses Bulles (cf. Comba, p. 154). La diffusion des doctrines, cependant, est minimisée par les Athanasiens, comme l'évidence l'indique. Le fait est qu'une Église Unitaire a existé là pendant des siècles.

 

Adeney maintient que les Vaudois désavouaient les indulgences, le purgatoire et les messes pour les morts et niaient l'efficacité des sacrements administrés par des prêtres indignes (p. 666). Mais il pense que les doctrines complètes sont toujours obscures. L'application littérale des enseignements de Christ, contenus dans les évangiles, était son thème principal, comme elle l'était pour Pierre Valdes, la personne de qui, il allègue, leur nom provient. Valdes est mort en Bohême en 1217. Adeney dit que l'Église Vaudoise a grandi d'une fusion du travail de Valdes et des Pauvres Hommes de Lyon, avec les mouvements d'Arnold de Brescia, Peter de Bruys et ' Henry de Cluny ' (ibid.). Par conséquent, Valdes a superposé son système sur les groupes préexistants déjà dans le Vaudois et ailleurs et leur a donné un nouveau dynamisme. Le mouvement de Peter de Bruys, nommé Petrobrusiens, est seulement décrit dans une traitrise contre lui par Pierre le Vénérable et un passage dans Abelard. Par conséquent, l'information est  suspecte. Peter a commencé à enseigner dans les diocèses d'Embrun, Die et Gap entre 1117-1120. Il était un iconoclaste qui brûlait les croix. Il a été brûlé comme hérétique environ vingt ans plus tard, à St-Gilles près de Nîmes. Il a gagné des adhérents à Narbonne, à Toulouse et dans la Gascogne. Le moine Clunaïque Henry de Lausanne a soi-disant adopté l'enseignement Petrobrusien aux environs de 1135 et l'a modifié après que Peter de Bruys a été martyrisé. Les doctrines ont inclus le baptême adulte et il est allégué que la secte a enseigné une importance relative des textes bibliques dans le NT, c'est-à-dire, la subordination des épîtres aux évangiles et le rejet de l'Ancien Testament. Il est difficile d'être un iconoclaste absolu et de rejeter l'Ancien Testament. Les deux Testaments sont interconnectés à l'iconoclasme.

 

Ils ont soi-disant rejeté la Messe et l'Eucharistie, parce que la répétition du sacrifice n'était pas possible. Ils ont maintenu que l'Église était la communauté, pas les bâtiments, et ils pensaient que les bâtiments de l'Église devraient être détruits. Les affirmations en rapport avec ces gens proviennent de leurs ennemis. Le record dans l'Encyclopédie Catholique est par N. A. Weber (art. Petrobrusians, Vol. 11, p. 781) le même auteur de l'article Waldensians. On allègue que les idées retrouvées dans ces domaines sont sans fondement. Cependant, l’ERE (les articles Paulicians et Waldenses) note qu'il y avait une progression générale d'idées à travers l'Europe provenant de l'Est. Nous avons vu que cette source était les Pauliciens qui avaient été relocalisés à Thrace. Ces Églises se sont sans doute reliés avec des sympathisants à l'Ouest.

 

Les Vaudois Sabbatati

 

Il est allégué que les Vaudois ou Vallenses ont obtenu le nom Insabathas ou Insabbatati, parce qu'ils n'observaient aucun jour de repos, sauf le Sabbat. Ils ont été  nommés Insabathas, comme s'ils n'observaient aucun Sabbat (parce qu'ils n'observaient pas le dimanche) (Fore-Runners de Luther, pp. 7-8 (inexactement cité; voir aussi Guy, Manuel d'Inquisiteur)). Les Vaudois n'ont pas obtenu leur nom de Pierre Valdes, c'est plutôt le contraire. Les historiens Catholiques écrivent afin de donner l'impression que les Vaudois étaient une innovation tardive et essayent de créer l'impression qu'ils, les Catholiques, ont l'autorité apostolique et que toutes les autres Églises sont des ramifications surgies plus tard.

 

Certains Protestants ont avalé cette propagande à cause de la nature de la première histoire des Vallenses, qui était Subordinationiste, observant le Sabbat. Peter Allix en dit :

 

Il n'est pas vrai que Valdes a donné ce nom aux habitants des vallées : ils ont été appelés Waldenses, ou Vaudes, avant son temps, du nom des vallées dans lesquelles ils ont demeuré (Ancient Church of Piedmont, Oxford, 1821, p. 182).

 

Allix continue en disant que :

 

Certains Protestants, sur cette occasion, sont tombés dans le piège qui a été mis pour eux.... Il est absolument faux que ces églises ont été fondées par Pierre Valdes.... C'est une contrefaçon pure (ibid., p. 192).

 

William Jones (History of the Christian Church, Vol. 2, p. 2) déclare qu'il :

 

a été appelé Valdus, ou Valdes, parce qu'il a reçu ses notions religieuses des habitants des vallées.

 

Quand on examine l'évidence des textes et les écrits des apologistes Catholiques comme N. A. Weber, il n'y a aucune preuve présentée à part le fait que les deux Barbes (signifiant Oncles ou Aînés) des Vaudois ont été appelés Vallenses pour la première fois par Raymond de Daventry dans sa condamnation de 1179 et Bernard de Fontcaude a pris le titre dans sa condamnation de 1180 (Adversus Vallenses et Arianos). Adeney note cela dans son œuvre mais Weber ne le fait pas. Il est présentement allégué que le terme Vallenses a été dérivé de Valdes. Cependant, ce n'est en aucun cas certain puisque le nom lui-même se réfère aux vallées et pas à Valdes. Par conséquent, quoique l'affirmation soit faite par Weber et apparemment par Adeney, la conclusion peut être rejetée comme  supposition.

 

Il semble que la réorganisation à Milan provenait de l'infusion des Sabbatati d'Autriche et du Nord-Est, compte tenu de ce que nous pouvons rassembler des mouvements. L'établissement du collège à Milan avec une forte base en Autriche atténue donc l'hypothèse d'un fondement par Valdes. En effet, Blair, dans son History of the Waldenses (Vol. 1, p. 220), dit que :

 

Parmi les documents, nous avons une explication des Dix Commandements par ces mêmes gens datée de 1120 par Boyer. L'observance du Sabbat en cessant les travaux temporels est imposée.

 

Donc, les Vaudois étaient des Unitaires Subordinationistes observant le Sabbat bien avant que Valdes entre en scène. Selon Dugger et Dodd, A History of the True Religion, (3ième éd. Jérusalem, 1972, p. 224 suiv.).

 

Benedict, dans son histoire des Baptistes, dit des Waldenses : 'nous avons déjà observé de Claudius Seyessel, l'archevêque papiste, qu'un Léo a été accusé d'avoir produit l'hérésie Vaudoise dans les vallées, à l'époque de Constantin le Grand. Quand ces mesures sévères ont émanées de l'Empereur Honorius contre ceux qui rebaptisaient [les Anabaptistes], ils ont quitté le siège de l'opulence et du pouvoir et ils ont cherché des retraites à la campagne et dans les vallées de Piémont (Italie) lesquelles, particulièrement, sont devenues leur retraite contre l'oppression impériale'.

 

Rainer Sacho, un auteur Catholique, dit des Waldenses: 'il n'y a aucune secte plus dangereuse que les Léonistes, pour trois raisons: d'abord, c'est la plus ancienne; certains disent qu'elle est aussi vieille que Sylvester; d'autres, que les apôtres eux-mêmes. Deuxièmement, elle est, dans l'ensemble, très disséminée; il n'y a aucun pays où elle ne s'est pas implantée. Troisièmement, tandis que d'autres sectes sont profanes et blasphématoires, celle-là conserve l'apparence extrême de la piété; ils vivent justement devant les hommes et ils ne croient rien concernant Dieu qui n'est pas bon '.

 

Sacho admet qu'ils ont été florissants au moins cinq cents ans avant le temps de Pierre Valdes. Gretzer, un jésuite qui a écrit contre eux, admet aussi leur antiquité. Crantz, dans son "History of the United Brethren", parle de cette classe de Chrétiens dans les mots suivants :

 

'Ces anciens Chrétiens ont leur origine au début du quatrième siècle, quand un certain Léon, lors de la grande révolution dans la religion sous Constantin le Grand, s'est opposé aux Innovations de Sylvester, évêque de Rome....

 

Selon Allix:

 

Les Réformateurs ont maintenu que l'Église Vaudoise a été formée vers 120 A.D., date à partir de laquelle ils ont transmis de père en fils les enseignements qu'ils ont reçus des apôtres. La Bible latine, l'Italique, a été traduite du grec pas plus tard que 157 A.D. Nous sommes endettés envers Beza, l'associé renommé de Calvin, pour la Déclaration que l'Église Italique date de 120 A.D.. (Churches of Piedmont de Allix, 1690 éd., p. 177 et