Les Églises Chrétiennes de Dieu
[127]
La Première
Théologie de la Divinité [127]
Un Examen
des Auteurs Patristiques et de Leur Exposition de Dieu
(Édition 2.0
19950722-19980913)
Cette étude examine les
premiers écrits et isole leurs opinions concernant la Divinité. Elle établit
incontestablement que les premiers auteurs chrétiens n'étaient ni Trinitaires,
ni Binitaires et qu’ils ne croyaient pas que Christ existait depuis le passé
infini. Cette étude est utile pour tracer la déformation graduelle de la
théologie vers ce qui est devenu la structure trinitaire.
Christian Churches of God
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(Copyright ã 2006 Wade Cox)
(Tr. 2009)
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La Première Théologie de la Divinité [127]
L'Antiquité
du Concept du Dieu Tripartite ou du Trinitarisme
La supposition principale du Christianisme moderne est que Dieu existe en
trois entités ou hypostases. Elles
sont configurées variablement comme étant trois entités en une ou comme étant
une en trois, étant décrites comme le Père, le Fils et l'Esprit Saint, qu’elles
soient décrites comme étant des personnes
ou non. On affirme que les trois entités forment une Trinité. On cherche un appui dans l’antiquité pour établir la
véracité de cette position théologique. Une autre supposition, quoique moins
connue mais aussi fausse, est que la première Église était Binitaire plutôt que
Trinitaire par laquelle elle croyait que Christ, quoique subalterne, était
néanmoins co-éternel2.
Il y avait ainsi deux vrais Dieux qui existaient côte à côte, en tant que
Père et Fils. C’est ce qui était connu anciennement comme étant l'Hérésie du
Pouvoir Dualiste. Cette erreur provient de l’ancien Gnosticisme et n'a aucun
rapport avec l’Église première ou Apostolique. Elle viole le témoignage de Jean
(17:3 et 1Jean 5:20) qui maintient qu'il y a seulement Un Vrai Dieu et que
Jésus Christ est Son fils et aussi les écrits de Paul qui maintiennent que
seulement Dieu est immortel, selon 1Timothé 6:16. La compréhension de Jean, de
Paul et des autres apôtres, a aussi été maintenue par les disciples de Jean et
leurs héritiers, comme nous verrons ci-dessous.
Cette étude vise à examiner la validité de telles suppositions concernant
la Divinité, à la lumière des enseignements bibliques que nous avons
précédemment établis et de la compréhension des premiers théologiens.
L'affirmation que Dieu est confiné en trois entités, chacune étant co-éternelle1
et co-égale2, n'était pas la compréhension de l'Église Apostolique
comme nous l’avons vu. On verra aussi que ce n'était pas la compréhension de la
première Église.
Le concept d'une Divinité telle que opérée par trois êtres n'est pas
exclusif au Christianisme mais en fait précède le Christ de plusieurs siècles.
Il n'y a aucun doute que le dieu
tripartite est trouvé parmi les civilisations les plus anciennes. Cela est
reconnu comme s’étendant à l'Est jusqu’en Asie. Les concepts reliés au dieu tripartite
sont entrés dans le Christianisme en grande partie par les Grecs et leur
influence sur les Romains. L'étymologie du nom Jésus est tirée du grec. Jésus est une Hellénisation de Yahoshua (Josué) qui était le nom du
Messie. Le mot dans le Nouveau Testament qui est utilisé pour traduire Yahoshua est SGD 2424 ’Iesous. Ce mot est utilisé pour Josué
le fils de Nun dans Hébreux 4:8 et Josué (’Iesou)
de la lignée de Zorobabel, l'ancêtre de Christ dans Luc 3:29. Le mot est aussi
utilisé pour traduire Justus dans Colossiens
4:11.
Le mot grec Iesus semble être une
traduction basée sur le mot celtique
Esus, un dieu parmi un triumvirat de dieux trouvés parmi les Celtes
Hyperboréens (voir ERE, Vol. 3, p.
278). Les Celtes se rapprochaient davantage des latins que des Teutons (idem).
Le nom Esus est probablement entré en Grèce par le nord, y apportant le système
religieux Hyperboréen et les Mystères. Le triumvirat est apparu parmi les
Tuatha dé Danann, en tant que Brian, Iuchair et Iucharbar, comme étant les fils
de la déesse Danu (même réf., p. 282). Les Tuatha dé Danann sont devenus
associés aussi à l'Île d'Élysée et de là, les Mystères Elyséens (même réf., p.
298). Ils sont devenus connus comme étant les hommes des trois dieux (même réf., p. 292).
Ils croyaient en la descente des dieux, plutôt que la création par les
dieux (même réf., p. 298). Les Druides enseignaient que les Gaules étaient
descendants de Dispater, le dieu de l’Autre Monde
(même réf., pp. 298-299).
Esus était le dieu du continent qui est montré, sur l'autel à Trèves, en
train d’abattre un arbre dans lequel se trouve la tête d'un taureau et trois
grues (représentant la déesse Morrigan,
la reine du cauchemar qui est accompagnée dans cette trinité, par Brigit et
Anu, même réf., p. 286). Reinach affirme que cela unit les mêmes concepts
trouvés sur l'autel de Paris (même réf. p. 296). D'Arbois (R. Cel., xix, p. 246) voit dans ceux-ci une référence au Tain. Esus est Cuchilainn en train d’abattre un arbre afin d’intercepter ses
ennemis. Le taureau est le Taureau Brun de Cualnge. Ainsi, Esus est associé aux
Mystères et aux cultes d’abattage de taureau. On voyait le taureau et son
rival, aussi parmi les Helvii, comme étant les réincarnations des gens de Sid (les gens de sus) en ce
qu'ils avaient une origine divine (ERE,
même réf., p. 296). Plus tard, le taureau divin est devenu associé au dieu
Medros (idem.). Les Celtes groupaient en rangées de trois, les têtes de
sacrifices humains, la chair desquels ils mangeaient, ce qui représentaient les
concepts tripartites (même réf., p. 300).
La Première
Mention de l’Aspect Triple de Dieu
chez le Christianisme
Le tout premier cas d'une mention concernant la Divinité Chrétienne comme
étant trois entités a été par Théophile d'Antioche (vers 180 EC) qui a utilisé
le terme trias, duquel le mot latin trinitas est reconnu comme étant une
traduction. Le terme était utilisé là où il parlait au sujet du trias de Dieu,
Sa Parole et Sa Sagesse (Théophile à
Autolycos. L'ANF (écrits sur les Pères Anté-Nicènes) traduit ici le mot trias par trinité). Le cas suivant de l’utilisation de ce terme est par
Tertullien (de Pud, c. xxi, P. G.,
II, 1026). Tertullien a été le premier à directement affirmer l'unicité
essentielle des trois 'personnes', mais sa logique et ses arguments sont essentiellement
subordinationistes3 (voir Schaff,
History of the Christian Church, Vol. II, p. 570).
L'équivalent le plus proche de la doctrine de Nicée n'est pas arrivé avant
qu’il ne soit proposé par l'Évêque Romain Denys (262 EC) qui était un grec de
naissance. Il était préoccupé à éliminer le processus qui réduisait les trois
entités en des Dieux séparés (Schaff,
même réf.).
L'affirmation que Dieu est une entité comportant deux êtres et d’un persona, en tant qu’un esprit ou une
puissance, qui émane soit de l’un, soit des deux êtres, est une affirmation
Trinitaire postérieure du quatrième, du cinquième et du sixième siècles.
L'affirmation a été faite en tant qu’une modification d'un trias (ci-dessus) original, qui avait été abandonné en tant
qu’inadéquat. La cosmologie tripartite, aussi bien que la Trinité, telles
qu’elles sont maintenant comprises, sont bibliquement sans fondement.
Le concept de la trinité peut être défini de deux façons :
1.
"Trois Personnes qui possèdent
de façon égale la nature divine". Cela est maintenu comme ayant été
l’opinion dominante depuis les Conciles de Nicée et Constantinople.
2. Le
Fils et l'Esprit, comme étant tirés du Père qui est la source unique de
Divinité. Ceci était la croyance répandue des Pères Anté-Nicènes et de l'Église
généralement, jusqu'à ce que le Concile de Nicée ait été convoqué (vers 325 EC)
(voir G. H. Joyce l’Encyc. Catholique
(C.E.) article Trinité, Vol. XV, p. 51 où il déclare que "Sous cet aspect,
le Père, comme étant la seule et unique source de tout, peut être nommé plus
grand que le Fils").
La doctrine de la Trinité repose sur une série de fausses suppositions
faites à l’encontre de la preuve biblique. Les deux fausses suppositions
principales qui sont évidentes à partir des citations ici sont :
que les termes qui sont
traduites par Dieu sont limités à un,
deux ou trois entités ou hypostases; et
que Christ est Dieu de façon
co-éternelle1 et co-égale2, de la même manière que Dieu
le Père est Dieu.
À partir de l'analyse dans l’œuvre Dieu
Révélé, Tome Un, nous voyons que les suppositions sont sans appui biblique
et sont en effet contraires aux Écritures.
Examen de
la Co-Égalité2 et de la Co-Éternalité1
Plusieurs auteurs Patristiques ont nié l'égalité du Fils au Père. De la
même façon, leur logique nie la co-éternalité1. Les passages
pertinents sont comme suit.
Justin
Notre enseignant de ces choses est Jésus Christ, qui est
aussi né pour ce but et qui a été crucifié sous Ponce Pilate, le procurateur de
Judée, à l’époque de César Tibère; et que nous lui accordons un culte
raisonnable, ayant appris qu'Il est le Fils du vrai Dieu Lui-même et L’estimant
en seconde place et l'Esprit prophétique, en troisième, nous le prouverons. Car
ils proclament que notre folie consiste de ceci, à savoir, que nous attribuons
à un homme crucifié la seconde place après l’immuable et éternel Dieu, le
Créateur de tout; car ils ne discernent pas le mystère qui s’y trouve, auquel,
comme nous vous le rendons manifeste, nous vous prions d’y croire. (Apol., I,
xiii)
Et le premier pouvoir, après Dieu le Père et Seigneur de
tout, est la Parole [logos], qui est
aussi le Fils. (Apol., I, xxxii).
Il est faux, donc, de considérer l'Esprit, la puissance
de Dieu, comme autre chose que la Parole [logos],
qui est aussi le premier-né de Dieu. (Apol., I, xxxiii).
Ainsi, Justin considère le Logos comme une émanation de Dieu, qui est
capable d'individualisation, afin d’adhérer au concept de l'Esprit en général
et du Christ en particulier. Il dit cependant :
Mais tant Lui [Dieu] que le Fils (qui est issu de Lui et
nous a enseigné ces choses et l'armée des autres bons anges qui le suivent et
qui lui sont estimés comparables) et l'Esprit prophétique, les connaissant en
raison et en vérité et déclarant, sans réticence, à chacun qui souhaite
apprendre, comme on nous a nous-mêmes enseignés.
Ainsi, les anges aussi
étaient considérés comme étant conformes à l'image de Dieu. Justin identifie
clairement Christ comme étant l'Ange de la Présence au Sinaï qui a donné la loi
à Moïse (Prem. Apol. Ch. LXIII). À partir des Chapitres 13, 16 et 61, Justin n'a pas préconisé l'adoration
des Anges (voir aussi la rem. 3 à ANF,
Vol. 1, p. 164).
Le terme adorer est tiré de ce
terme à Apocalypse 3:9, basé sur
proskuneo, à savoir BD@F6L<ZFTF4<
ou
proskunesoosin (Marshall), signifiant ils se
prosterneront devant les élus de l'Église de Philadelphie. Ainsi, le terme
ne veux pas dire adorer les anges ou Christ, mais de rendre la révérence par la
prosternation du corps. Autrement dit, rendre hommage. Ainsi, l’hommage est
rendu aux entités en question, dans leur position, comme faisant partie de
l'Armée loyale de Dieu. L'ange a dit à Jean de s'abstenir de le faire, mais
plutôt d’adorer Dieu (Apo. 22:9). Ainsi, les élus adorent Dieu seulement.
Justin se réfère à l’action de rendre hommage et non pas d’adorer. La promesse
à l'Église de Philadelphie découlait des Juifs qui, se disant Juifs, mais qui
étaient de la synagogue de Satan, avaient commencé les processus Mystiques du
Merkabah ou des ascensions du Char de Dieu et celui de propitiation d'anges aux
sept niveaux (voir Le Mysticisme Chapitre 4 Judéo-Christianisme
(No B7_4).
Cette erreur s'est étendue en partie dans l'Église de Colosses.
L'adoration de l'Église Chrétienne est limitée à Dieu seul et ne s'étend même
pas à Christ, autrement qu’en hommage en tant qu’un contrôleur et un maître.
Mais, surtout, Justin prolonge le corps jusqu’à inclure l'Armée loyale. Ceci
est donc une approximation plus proche de la doctrine biblique de l'Esprit
étant capable d'individualisation pour recevoir les élus qui vont devenir theoi, comme Christ est un des theoi subalterne à son theos, qui est
Dieu le Père. Bibliquement, il est cependant le deuxième plus élevé theos, en tant que le souverain
sacrificateur .
Justin a apparemment été parmi les premiers à introduire le culte du
dimanche (voir Bacchiocchi From
Sabbath to Sunday, pp. 223 et suiv.). Il était
toutefois encore un subordinationiste3. Il maintenait des vues
antinomiennes4 particulières quant au Sabbat et son application aux
Juifs en tant qu’une étrange punition. Ses croyances n'étaient pas soutenues
par les Chrétiens de l’époque et Bacchiocchi affirme que l'Église Chrétienne
n'a jamais accepté une telle fausseté (p. 225). Croire que Dieu a établi la
circoncision et le sabbat uniquement à cause de la méchanceté des Juifs en tant qu’une marque de distinction, pour
les distinguer des autres nations et de nous, les Chrétiens afin que les
Juifs uniquement puissent souffrir le
malheur (Dial. 16:1, 21:1; voir
aussi Bacchiocchi, même réf.) rend Dieu coupable d’une grossière acception de
personnes. Cela est contraire au sentiment entier des confessions de la
Réforme. Malgré cette erreur, son avis de la Divinité demeure toujours
subordinationiste3. Cependant, il introduit un raisonnement
émanationiste5 qui semble accompagner cette approche antinomienne4.
Comme nous avons vu, Justin cependant niait toujours la doctrine de l'Âme et du
Ciel, les considérant comme étant des doctrines non-Chrétiennes provenant des
cultes des mystères.
Irénée dit
au sujet de Dieu :
Car Il a commandé et ils furent créés; Il a prononcé des
paroles et ils ont été faits. À qui donc a-t-Il commandé? La Parole, sans
doute, à travers laquelle, Il dit, les cieux ont été établis et toute leur
autorité, par le souffle de Sa bouche [Ps. 33:6]. (Adv.. Haer., III, viii, 3)
Irénée maintenait que :
Il est clairement
prouvé que ni les prophètes ni les apôtres, jamais, n'ont fait appel à un autre
Dieu, ou [l’]ont appelé Seigneur, sauf
pour le seul et vrai Dieu seulement.... Mais les choses qui sont établies sont
distinctes de Celui qui les a établies et de même, ce qui a été fait est
distinct de Celui qui l’a fait. Car Il est Lui-même un être non créé, sans
commencement aussi bien que sans fin et Il ne manque de rien. Il est Lui-même
suffisant pour Lui-même; et de plus, Il accorde à tous les autres, cette chose
même, à savoir, l'existence; mais les choses qui ont été faites par Lui (même
réf.).
Irénée a étendu ici la capacité du Logos de devenir Dieu (theos ou élohim) comme étant distincte des autres choses établies (même
réf.). Il avait déjà établi les positions de Dieu, du Fils et de ceux de
l'adoption, en tant que theoi ou élohim et tous les fils de Dieu, au
Chapitre vi du Tome III,.
Donc,
ni le Seigneur, ni l’Esprit Saint, ni les apôtres, n’aurait jamais nommé comme
étant Dieu, certainement et absolument, celui qui n'était pas Dieu, à moins que
celui en question ne soit vraiment Dieu. Ils n'auraient pas non plus nommé
Seigneur une autre entité dans sa propre personne, à l’exception de Dieu le
Père qui règne sur tout, et Son Fils qui a reçu de Son Père la domination sur
toute la création, comme ce passage l'a dit : L’Éternel a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma
droite, jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis le marchepied de tes pieds. [Ps. 110:1].
Ici [l'Écriture] parle du Père s’adressant au Fils; Celui qui Lui a donné
l’héritage des païens et Lui a soumis tous Ses ennemis...
Irénée a poursuivi en déclarant que l'Esprit Saint a ici nommé Seigneur tant le Père que le Fils. Il a
affirmé que c’était Christ qui avait parlé avec Abraham avant la destruction
des Sodomites et qui avait reçu le pouvoir [par Dieu] de juger les Sodomites à
cause de leur méchanceté. Et ceci [texte suivant]
déclare
vraiment la même vérité : «‘ Ton trône, O Dieu ’ est pour toujours et à jamais;
le sceptre de ton royaume est un sceptre juste. Tu as aimé la justice et as
détesté l'iniquité : C’est pourquoi Dieu, ton Dieu t’a oint » [Ps. 45:6] Car
l'Esprit désigne les deux par le nom de Dieu
[theos ou élohim] - tant Celui qui est oint comme Fils que Celui-là qui oint,
qui est le Père. Et de nouveau : «Dieu S’est tenu dans l’assemblée des dieux, et Il juge parmi les dieux» [Ps. 82:1]. Le pronom Il se réfère ici au Père, au Fils et à ceux qui ont reçu
l'adoption; mais ces derniers sont l'Église car elle est la synagogue de Dieu,
que Dieu – c’est-à-dire, le Fils Lui-même - a réuni auprès de Lui-même, au sujet
duquel de nouveau Il dit: «Le Dieu des dieux, le Seigneur a parlé et a appelé
la terre.» [Ps. 50:1]. Qui est sous-entendu par Dieu ? Celui à propos de qui Il
a dit, «Dieu viendra visiblement,
Lui notre Dieu et Il ne Se taira point.;»
[Ps. 50:3] c'est-à-dire, le Fils, qui est venu se manifester aux hommes, celui
qui a dit, «ceux qui ne Me cherchaient
pas M’ont trouvé.» [És. 65:1]. Mais de quels
dieux [parle-t-il] ? [Ce sont ceux-là] à qui Il dit, «J’ai dit: Vous êtes des dieux; vous êtes tous fils du
Très–Haut.» [Ps. 82:6]. À ceux-là, sans
doute, qui ont reçu la grâce de l’ «adoption, par lequel nous crions Abba! Père !» [Rom. 8:15] (Against Heresies, Tome III,
Ch. vi, ANF, Vol. I, pp. 418-419).
Il n'y a aucun doute qu'Irénée maintenait une vue subordinationiste3
au sujet de la Divinité et a étendu le terme Dieu (comme theoi ou élohim) pour inclure le Fils et ceux-là aussi
de l'adoption. Il semble indiquer ici que Christ a réunis les élus, alors que
nous savons par l'Écriture que c'est Dieu qui donne les élus à Christ afin
qu'ils puissent être rassemblés (Jean 17:11-12; Héb. 2:13; 9:15). L'emploi
exclusif du terme pour indiquer les élus physiques peut être incorrect, vue
l’application d’Irénée ici. L'Armée loyale est aussi incluse dans le concile de
par la compréhension d'Apocalypse ch. 4 et 5 - ainsi l'Armée loyale est aussi
l'Ecclésia de Dieu. Il n'y a aucun doute que
le terme élohim ou theoi était reconnu comme s'étendant à
l'Église et que cela était la compréhension de l’Église du premier siècle, à
partir de Jean jusqu’à Polycarpe, qui a enseigné Irénée, et au-delà du deuxième
siècle et après.
Clément d'Alexandrie dit de la même manière :
Car le Fils est la puissance de Dieu, comme étant la
Parole la plus ancienne du Père avant la création de toutes choses, et Sa
Sagesse. Il est alors correctement appelé l'Enseignant des êtres qui ont été
formés par Lui (Dieu). Alors, l'énergie du Seigneur a une référence au
Tout-puissant; et le Fils est, pour ainsi dire, une énergie du Père. ("Strom"., VII, ii, P.G., IX,
410)
Clément cependant, comprenait que le destin des élus était de devenir des
dieux. Il a dit au sujet de gnosis,
ce qu'il maintenait comme pouvant être atteint par l'homme dans une certaine
mesure, pendant son séjour sur la terre :
Mais il [gnosis]
atteint son apogée après la mort du corps, quand on permet à l'âme de [ gnoostikos] de retourner à sa place
originale, où, après être devenu un dieu, il peut, dans un repos complet et
perpétuel, se délecter dans la contemplation de la plus haute divinité 'face à
face', en compagnie des autres [theoi]
(S. R. C. Lilla
Clement of Alexandria A Study In
Christian Platonism and Gnosticism,
Oxford, 1971, p. 142).
Ainsi, nous voyons ici la combinaison du mot Grec gnosis combiné à la première doctrine, à savoir, que nous
deviendrions theoi ou élohim. Il n'y avait aucune suggestion
que Christ ou les autres theoi
étaient égaux à cette divinité la plus élevée.
Hippolyte dit et ce, le plus significativement :
Maintenant, que Noët
affirme que le Fils et le Père sont les mêmes, personne l’ignore. Mais il fait
sa déclaration de cette façon : "En effet, alors, lorsque le Père n'était
pas encore né, Il était toujours appelé correctement Père; et quand cela Lui a
plu d’avoir subi la génération, c’est-à-dire, d’être engendré, Il est Lui-même
devenu Son propre Fils, et non pas le Fils d’un autre." Car, de cette
manière, il pense établir la souveraineté de
Dieu, alléguant que le Père et le
Fils, nommés ainsi, est la même
(substance), et non pas un individu qui est créé à partir d'un autre, mais
c’est Lui-même qui est sorti de Lui-même; et qu’Il est appelé par le nom de Père et Fils, selon la vicissitude des
temps. (Hippolyte répète cette position dans son résumé, Livre X.) (Con. Noet, n. 14, "The Refutation of All Heresies",
Bk. IX, Ch.
V, ANF, Vol. V, pp. 127-128);
Le premier et seul (Unique Dieu), étant Créateur aussi
bien que Seigneur de tout, n'avait personne de contemporain avec Lui. Mais, Il
était Unique, seul en Lui-même. Par un exercice de Sa volonté, Il a créé les
choses qui sont, qui n'avaient antérieurement aucune existence, sauf qu'Il a
voulu les créer. Car Il connaît entièrement ce qui est sur le point d'avoir
lieu, car la prescience est aussi présente en Lui. (Hippolyte, même réf., X, XXVIII, p. 150)
Par conséquent, cette Déité solitaire et suprême, par un
exercice de réflexion, a généré en premier le Logos ; non pas la parole
dans le sens d’une articulation de la voix, mais plutôt comme un raisonnement
logique de l'univers, conçu et résidant dans la pensée divine. Lui seul Il a
produit à partir de choses existantes; car le Père Lui-même a constitué
l'existence et l'être qui Lui est né, était la cause de toutes les autres
choses qui sont produites. Le Logos était dans le Père Lui-même, portant la
volonté de Son géniteur et n’étant pas ignorant de la pensée du Père.
Car simultanément avec Sa procession à partir de Son
géniteur, dans la mesure où Il est le premier-né de ce géniteur, Il a, comme une voix en Lui-même, les idées conçues dans
le Père. Et ainsi fut-il que lorsque le Père ordonna l’existence du monde, le
Logos, a achevé, un par un, chaque objet de la création, accomplissant ainsi la
volonté de Dieu. (Hippolyte, même
réf., X, XXIX)
Christ, entend-il, la sagesse et la puissance de Dieu le
Père, a bâti Sa maison... (Fragment sur
Proverbe 9:1, ANF, Vol. V, p. 175)
C'est par cet auteur ci-haut que nous développons d'abord l'erreur que
Christ a été la seule émanation du Père et que les autres éléments de l'Armée
céleste étaient des créations du Fils et par conséquent, qu’ils ne
participeraient pas à la nature divine comme le Fils. Maintenant, ceci est
l'erreur fondamentale sur laquelle a commencé la fabrication de la doctrine de
la Trinité. Les elohim, comme il a été démontré à partir du contexte biblique,
est une Armée comportant de multiples êtres, dont l'Agneau est le Souverain
Sacrificateur. Mais il en est un parmi eux, en tant que collègue ou camarade,
bien que toute la structure hiérarchique a été créée par lui ou en lui et pour
lui (Col. 1:15).
De même, les saints deviennent des compagnons de Christ selon l’épître
aux Hébreux 3:14 et, de là, ils deviennent frères de l'Armée (Apo. 12:10) et
cohéritiers de Christ (Rom. 8:17). Les cieux, toutes les choses qui étaient
mentionnées comme étant créées par le Fils, sont les structures spirituelles et
physiques. Cela est la signification des passages à Jean 1:3 quant à la
création et 1Corinthiens 8:6 quant à l'univers (ta panta) et des humains. L’Épître aux Colossiens 1:15-17 alloue
spécifiquement la création de toutes choses, visibles et invisibles. La
création de trônes ou dignités ou
dominations ou
des autorités, à travers lui
et pour lui, ne peut pas signifier le Concile des Elohim. La création des
autorités (kuriotetes) par Christ, ne signifie pas la création des entités personnelles en
tant que telles.
Si c’était vrai, alors cela impliquerait que Dieu a été créé, lui qui est
le kurios suprême. Ainsi, nous
parlons des pouvoirs et non pas des Êtres; plus précisément, les trônes et la
structure des cieux et de leur gouvernement.
Éphésiens 1:22, 3:9 montre que c'était Dieu qui a créé toutes choses et
les a assujetties sous les pieds de Christ et l'a exalté en tant que chef de
toutes choses pour l'Église. Cela a été fait pour que les dirigeants et les autorités célestes comprennent à
travers l'Église la sagesse infiniment variée de Dieu. Ces choses ont été
faites pour démontrer que Dieu avait hautement exalté son Christ (Phil. 2:10),
ce qui indique, logiquement, que Christ n’était pas, depuis toujours, dans cette position exaltée. Toutefois, Dieu a
utilisé Christ comme le leader et l'instrument primaire de la création des âges
(Héb. 11:3). Christ a créé le monde (Héb. 1:2) et reflète la gloire de Dieu et
porte l’empreinte de sa nature
(Heb. 1:3). Hébreux 2:10 parle de toutes
choses (ta
panta), ce qui comprend l'univers.
Hébreux 2:11 déclare que Celui qui sanctifie et ceux qui
sont sanctifiés sont tous issus d’un seul (©<ÎH BV<J,H ou enos halète). Hébreux 11:3 déclare
apparemment que le monde a été créé par une
parole de Dieu (ÕZ:"J4 2,@Ø ou pneumati theou) (voir Marshall). Le Logos n’est pas identifié comme ayant
eu une part et plus particulièrement, le mot traduit par créé est identifiée par Marshall comme ayant le sens de ajusté (6"J0DJ\F2"4 ou katertisthia). Ce n’est pas le monde qui est ajusté, mais plutôt, les âges (aionas). Ainsi, Les âges ont
été ajustés par une parole de Dieu afin que, ce qu’on peut voir a été fait à
partir de choses qui ne sont pas apparentes. Ceci est un concept d’une
création par l'ajustement de l'équation espace/temps, qui n'a pas encore été
abordée. Romains 11:36 parle de Dieu comme étant la source et l'objet de toutes
choses, non pas Christ.
Le reste des elohim qui est mentionné dans la Bible a une autorité
subalterne mais composée avec Christ. Ils ont la domination sur la structure
céleste. Ces elohim composés (sous Jésus Christ) ont créé conformément à la
volonté de Dieu. Un d'entre eux, le chérubin protecteur nommé Satan ainsi que
ceux qui sont subalternes à lui, ont créé contrairement à la volonté de Dieu,
en rébellion (voir La Création : De la Théologie
Anthropomorphique à la Anthropologie Théomorphique (No B5)).
C'est une absurdité logique de suggérer que Christ puisse être créé comme étant
infaillible, toutefois, on aurait donné aux autres membres de l'Armée le libre
choix, d’une telle manière qu'ils pouvaient choisir d’obéir ou de pécher.
La victoire de Christ provient de son obéissance et non pas de son infaillibilité. Sa victoire
était connue par la prescience de Dieu. La domination lui est donnée suite à
son obéissance et à sa foi. La domination sur la création céleste et de là, la
puissance du Christ et de l'Armée dans la création, seront étendues à
l'humanité après la deuxième résurrection, selon Deutéronome 4:19.
L’article intitulé Holy Trinity de la New
Catholic Encyclopedia (N.C.E.) (Nouvelle Encyclopédie Catholique), Vol. XIV, McGraw Hill, New York, 1967, p. 296 fait
l'affirmation la plus extraordinaire concernant la doctrine d’Hippolyte.
Hippolyte, dans sa réfutation adressée à Noët (10) et de
l'identification exagérée du Christ au Père, insiste que Dieu était multiple
dès le commencement.
Cela est tout simplement faux, par une comparaison du texte réel
d’Hippolyte (C. Noetus 10) ci-dessus.
La même autorité affirme que :
Tertullien,
luttant contre cette même attitude (Adv.
Prax. 5), a fait tout sauf personnaliser explicitement cette multiplicité
éternelle. La Parole se dresse prête. Elle est une entité autre que le Père,
quoique toujours dans la Divinité, de la même manière que suggérée par la
réflexion humaine, tout comme le discours interne (la pensée) peut être, dans
un sens, une autre entité distincte, une deuxième entité en complément à
soi-même, quoique encore dans cette même personne.
Ce texte utilise la même logique que le Noétisme6 et le
Sabellianisme (ou Modalisme, voir l’art. Wikipedia). Il est sérieusement incohérent.
Tertullien affirme dans sa lettre Contre Praxéas que :
Ce seul et unique Dieu a aussi un Fils, Sa Parole, qui
est issu de Lui, par qui toutes choses ont été faites... Tous sont issus d'un
seul, par l'unicité de substance; alors que le mystère de la dispensation est
toujours gardé, qui distribue l'Unicité en une Trinité, plaçant dans leur ordre
les trois Personnes - le Père, le
Fils et le Saint [Esprit]. Toutefois, il y en a trois, non pas en condition
mais plutôt en degré; non pas en substance mais plutôt en forme; non pas en
pouvoir mais plutôt en aspect. Quoique d'une même substance et d'une condition
et d'un même pouvoir, vu qu'Il est Un Seul Dieu, à partir duquel ces degrés,
formes et aspects sont considérés, sous le nom du Père et du Fils et du Saint [Esprit] ... (II);
Tertullien dit aussi que le Père a ressuscité le Fils des morts (II).
Ainsi, Tertullien fait d’importantes distinctions dans l’interrelation des
trois entités qui sont des aspects de l'opération de Dieu en degré. Le Fils et
l'Esprit sont des processions du Père et des aspects subordonnés de Sa
manifestation. Tertullien a attribué à la Trinité un ordre et une distribution
numériques (III). Il affirmait aussi que la Monarchie de Dieu venait du Père
(III) mais qu’elle appartenait également au Fils, étant détenue par les deux
(III) et étant remise au Fils par le Père (IV).
Tertullien affirmait que l'Esprit Saint procédait du Père, à travers le
Fils. Tertullien affirme (IV) que le Père et le Fils sont deux personnes distinctes. Ainsi, on
pourrait affirmer que le vrai Binitarisme a été commencé par Tertullien.
Celui qui a soumis (toutes choses) et Celui à qui elles
ont été soumises - doivent nécessairement être deux Êtres différents.
Cependant, Tertullien dit au Chapitre V qu'avant toutes choses, Dieu
était seul.
Car avant toutes choses, Dieu était seul - l'univers et
l'espace et toutes choses étant en Lui et pour Lui. De plus, Il était seul,
parce qu'il n'y avait rien d'externe à Lui, sauf Lui-même.
Le fait qu'Il possédait la raison
l'a rendu, en réalité, non unique, et Tertullien affirme que cette faculté de raison, nommée par les Grecs logos, était la faculté même, dès le
commencement, qui plus correctement était la raison plutôt que la parole,
vu qu’il avait la raison, mais ne parlait point. Ainsi, Tertullien fait la
distinction que Christ est la raison de Dieu et que cette raison doit avoir été
dès le commencement représentée dans l'essence divine.
L'argument est sujet à diverses objections. La première erreur consiste
en ce que Christ était l'aspect entier de la Parole et Sagesse et non pas
seulement une manifestation de ces aspects. Il était ainsi le Logos, faisant
partie du Logon (suivant une distinction accusatrice/nominative telle que notée
dans l’œuvre Dieu Révélé, Tome Un).
Le logos qui est apparu à l'homme était Christ. Si Christ était avec Dieu avant
le commencement, tel que déclare Tertullien lorsqu’il dit que Dieu avait la
raison même avant le commencement,
alors Christ serait un attribut de Dieu, qui serait capable de distribution,
mais incapable de se distinguer en une unique entité. C’est absurde de suggérer
que si Christ était en dehors de Dieu, cela rendrait Dieu sans raison ni
sagesse et de là, non Dieu.
Christ a été le commencement de la création de Dieu (Apo. 3:14). Nous
identifions ainsi le commencement, comme cela a été compris par les premiers
théologiens, avec le début de la création, ce qui a commencé le temps.
Tertullien affirme que seulement Dieu existait avant le commencement, en sa
perpétuité constante (V), distinct du Fils et plus grand que le Fils (IX) qui
est la Parole aussi bien que la Sagesse (VI). Dieu n'est devenu Père
qu’après la création de la Parole
(VII) pour effectuer la création (Adv.
Hermog. 3). Dieu le Père ainsi
était en dehors du temps tandis que tous les autres êtres y étaient dedans. Lui
Seul est Dieu Suprême. Le N.C.E. (Nouvelle Encyclopédie
Catholique) déclare que
Au milieu du 3ème siècle, comme on peut le
voir reflété dans le traité de Novatien
De Trintate, l'Église Romaine, originalement indifférente à l’égard de
l’altérité et la pluralité, était venue à incorporer les idées principales de
Tertullien. Novatien, de plus, insiste (ch. 31) très franchement sur l'éternité
explicite du père et du fils dans la Divinité. (Op. cit., p. 297)
Comme nous pouvons le voir ci-dessus, les enseignements postérieurs,
quoique incorporant certains des sentiments de Tertullien, sont devenus basés
sur le concept de Novatien de co-éternalité1 contrairement aux
paroles précises de Tertullien. Ainsi, le dogme était une fabrication hybride
par l’Église du troisième siècle. Ce n'était pas basé sur le récit biblique,
mais plutôt, sur une théologie défectueuse qui était alors en train de se
développer graduellement. Les commentaires ci-dessus indiquent que les
autorités sont inexactement citées, changeant complètement la signification des
textes, ce qui indique apparemment des interprétations sélectives.
L'école orientale, centrée à Alexandrie et écrivant vers l’époque de
Hippolyte et de Tertullien, en commençant avec Clément (ci-dessus), avait
incorporé l'enseignement que le Fils était une génération du Père. Mais Clément
était subordinationiste3, comme l’étaient tous les premiers
théologiens. Le successeur de Clément a été Origène.
Origène est clairement subordinationiste3 :
Nous déclarons que le Fils n'est point plus puissant que
le Père, mais plutôt, est inférieur à Lui. Et nous fondons cette croyance sur
la parole de Jésus Lui-même : ' le Père qui m'a envoyé est plus grand que moi.
' (Con. Cels., VIII, xv)
Nous savons, donc, qu'Il est le Fils de Dieu et que Dieu
est Son Père. Et il n'y a rien d'extravagant ou inconvenant contre la personne
de Dieu, dans la doctrine qu'Il aurait engendré un tel seul Fils; et personne
ne nous persuadera que celui-là n'est pas un Fils du Dieu et du Père non
engendré. Si Celsus a entendu quelque chose de la part de certaines personnes
disant que le Fils de Dieu ne soit pas le Fils du Créateur de l'univers, cela
est une question qui reste à régler entre lui et les partisans d'un tel avis. (Con. Cels., VIII, xiv)
Origène en tant que
successeur de Clément à l'École Alexandrine :
imaginait l'univers selon une position s’approchant de
l’extrapolation hiérarchique Néo-platonicienne. À l'apex totalement supérieur,
il y a Dieu le Père (de Princ.
1.1.6), la seule source sans source ou, pour employer le terme favori d'Origène
(par exemple, In Ioan. 2.10.75), non
généré ((X<<0J@H ou agennetos).
Mais (De Princ. 1.2.3) le Père
a de toute éternité produit un Fils et (In
Ioan. 2.10. 75) par l’entremise de son Fils, la Parole, il a émané l'Esprit
Saint. Les trois, affirme Origène dans le même passage, sont trois individus
distincts [de là, des personnes] ou *hypostases [comparer In Ioh. 2,10,75]. D'autre part (Frag. en Hébr.), avec référence explicite ici au Père et au Fils,
ils partagent ensemble ' une communauté de substance. '. Car le Fils,
ajoute-t-il un moment plus tard, est ' de la même substance ' [*homoousios Ï:@@bF4@H] que le Père. (N.C.E., p.297).
J. N. D. Kelly (Early Christian Doctrines ) (Premières
Doctrines Chrétiennes) dit de la théorie d'Origène quant aux Hypostases que :
Cette affirmation, que chacun des Trois est une
hypostase distincte depuis toute éternité et non pas seulement (quant à
Tertullien et Hippolyte) comme manifestée dans 'l'économie', est une des
caractéristiques principales de sa doctrine et provient directement de cette
idée, à savoir, la génération éternelle. Les mots Hupostasis et ousia
étaient à l'origine des synonymes, le premier étant Stoïque et le dernier
Platonique, signifiant l'existence réelle ou essence, ce qu’une chose est; mais
tandis que hupostasis conserve cette
connotation chez Origène [par exemple In
Ioh 20,22,182f.; 32,16,192f.], il donne plus fréquemment à ce terme le sens
de subsistance individuelle et ainsi l'existence individuelle. L'erreur du
Modalisme, dispute-t-il [idem .. 10,37,246 : comparer ib. 2.2.16; In Mat. 17,14.], réside dans le
traitement des Trois comme étant numériquement indiscernables (me diapherin to ariethmo), séparables
seulement dans la pensée, ' unique non seulement en essence, mais aussi en
subsistance ' ... (p. 129)
À partir de l’œuvre De Orat.
15,1; C. Cels. 8,12, Origène affirme
que le véritable enseignement est que le Fils "est, en subsistance, un
autre être que le Père". Le Père et le Fils sont "deux choses en ce
qui concerne Leurs Personnes, mais unis dans l’unanimité, l’harmonie et
l'identité de volonté" (voir aussi Kelly, même réf.).
Kelly dit que :
Ainsi, quoique vraiment distinct, les Trois sont, d'un
autre point de vue, un ; comme il l’exprime lui-même [Dial. Heracl. 2], ' nous n'avons pas peur de parler, dans un sens,
de deux Dieux, et dans un autre sens, d'un seul Dieu ' (même réf.).
Origène considérait ainsi le Père comme étant théologiquement avant le
Fils (chronologiquement) et que le Fils était un produit du Père. Il croit que
l'unicité est une unicité morale plutôt qu’un Modalisme présumé et incohérent.
Origène compare le mariage de l'homme et la femme, devenant une chair, comme en
étant symbolique. Il compare aussi la relation humaine des élus envers Christ
comme étant d'un seul esprit. Ainsi, sur un plan plus élevé encore, le Père et
le Fils quoique distincts, sont un Dieu. Kelly maintient que quoique Origène
semble parler du Christ en tant qu’une créature, c'est comme une concession
consciente de Proverbes 8:22 et Colossiens 1:15 et que cela ne devrait pas être
insisté. Il participe dans la nature divine en étant uni à la nature du Père (In Ioh. 2,2,16; 2,10,76; 19,2,6). Kelly
déclare que :
Il faut être prudent, cependant, de ne pas attribuer à
Origène une doctrine de consubstantiabilité6 entre le Père et le
Fils.
L'union d'Origène du Père et du Fils est une union d’amour, de volonté et
d'action (Kelly a ignoré les textes survivants dans la traduction latine
contrefaite de Rufin, même réf., p. 130). Origène déclare, en parlant au sujet
de l'Esprit Saint (Frag. in Hebr. PG
14, 1308) :
Il fournit ceux qui, à cause de Celui-là et leur
participation en Lui, sont appelés sanctifiés avec la matière, si je puis le
décrire ainsi, de leurs grâces. Cette même matière de grâces est effectuée par
Dieu, est administrée par Christ et réalise la subsistance individuelle (ßN,FJfF0H ou huphestoses),
étant l'Esprit Saint. (Voir aussi Kelly, même réf.).
Kelly (pp. 130-131) considère à partir de ce point-là que cette fondation
suprême, à savoir, l'être appelé l'Esprit Saint, est le Père, mais qu'elle est
obtenue par médiation à l'Esprit par le Fils, à partir duquel aussi l'Esprit
tire tous ses attributs (comparer, même réf., 2,10,76).
Les trois sont éternellement et réellement distincts mais ils ne sont pas
une Triade d'Êtres disparates. L'erreur se trouve dans la conclusion que le
Fils imprègne l'Esprit avec tous ses attributs plutôt que d'être son contrôleur
dans les élus. La co-éternalité1 est logiquement compromise.
L'incapacité de comprendre la nature de l'Esprit, dans le contrôle monothéiste
des élus, est ici l'erreur fondamentale.
L’émanationisme Platonicien dictait que la structure est descendue dans
ces formes-là à partir du Père et ainsi l'Esprit est devenu la troisième forme
plutôt que l'agence animatrice et le moyen par lequel Christ est devenu un avec
Dieu. Par l’entremise de l’Esprit, l'humanité pourrait devenir un, de la même
manière que Christ l’était, mais sur une base conditionnelle, ce que les Grecs
semblent avoir rejeté. L'intrusion du néo-Platonisme dans le Christianisme est
répandue (voir Le Mysticisme Chapitre 4 : Le
Judéo-Christianisme (No B7_4)). L'incapacité de comprendre la
distinction faite par Origène ci-dessus a préparé la voie pour le Concile de
Nicée environ 100 ans plus tard. L’unicité de la substance était l'unicité
conférée par la substance, à savoir, l'Esprit Saint, qui était de lui-même un
attribut de Dieu. Origène affirmait que seul le Père est Dieu à partir de Lui-même ("ÛJ`2,@H
ou autotheos); (In Ioan.
2.2.17);
et dans l'esprit d'Origène (C. Cels. 5.39), les Chrétiens se réfèrent correctement au Fils
comme étant une déité 'secondaire' (deuteros)
(N.C.E., même réf.).
La postulation d'Origène de la création éternelle, niait le concept de la
co-éternité1 de Christ. Augustin a affirmé plus tard que le temps a
commencé avec le mouvement des anges. Le concept est, plus correctement, que le
temps a commencé avec la création des
elohim. Seulement Dieu le Père ou
Eloah existait en dehors du temps, en Sa perpétuité constante. Ainsi, Lui
seul était omniscient et Christ était un deuxième, soit deuteros theos. Le concept, que l'Esprit Saint est acheminé à
travers Christ, a conduit à la conclusion inexacte que Christ a ainsi créé l'Esprit
Saint. De ce qui précède ci-haut, l'Esprit Saint provient du Père seulement.
L'Esprit est donné à l'entité subalterne et passe à travers l’elohim subalterne, jusqu’aux Fils de Dieu.
Ce système existait dans l'Armée angélique avant la création de l'espèce
humaine. Il y avait une multitude de Fils de Dieu, y compris Satan (Job 1:6),
qui était sous l’autorité de leurs Étoiles du Matin à la création de la terre
(Job 38:7). La question qui a alors surgi et qui est devenue importante au
milieu du troisième siècle était à savoir si le subordinationisme3
en était un d'état existentiel ou s’il en était un simplement d'un ordre de
procession. Les Grecs ont repris le schéma d'Origène dans la deuxième moitié du
troisième siècle. Certains, comme Theognost de l'école catéchiste à Alexandrie,
ont accentué la parenté du Fils avec
le Père. Cependant, le Fils était considéré comme étant une créature, ses
activités étant restreintes aux êtres logiques. Il a aussi déclaré que sa
substance ou ousia (utilisant le
terme Platonicien plutôt que hypostase)
a été tiré à partir de la substance du Père (voir Kelly Early Church Doctrines, p.
133). D'autres encore ont accentué sa croyance au subordinationisme3.
Le disciple d'Origène Denys, Pape d'Alexandrie, en raison d'une éruption
de Sabellianisme dans la Pentapole Libyenne durant la fin des années cinquante
du troisième siècle, a écrit une œuvre, réfutant le Modalisme. Il a avancé au
premier plan la distinction personnelle entre le Père et le Fils. Les
Sabelliens avaient en leur possession une de ses lettres adressées aux évêques
Ammonius et Euphranor mettant en évidence cet aspect, lequel Kelly (p. 134)
allègue comme étant indiscrète. Denys, le Pape de Rome, a écrit à Denys, le
Pape d'Alexandrie, (Pape était le
titre habituel des Évêques éminents, particulièrement celui d'Alexandrie et ce,
depuis l’époque de Heraclus c. 233-249 (Eusèbe, Histoire Ecclésiastique, vii, 7,4)), exigeant de sa part une assurance que les insistances de la
croyance d’Origène, c’est-à-dire, celle sur les trois hypostases ou trois
entités individuelles, ne signifiaient point la séparation ni
compromettaient-elles la co-éternité1 (apud. Athan., de decr. Nic.
syn. 26). Alexandrie a consenti, dans une certaine mesure, dans leur réponse (apud. Atan., De sent. Dion. 14-18).
Les Sabelliens se sont plaints que les partisans d'Origène étaient en
train de créer une division aiguë, qui allait jusqu’à la séparation entre le
Père et le Fils. Ceci a été opposé et limité par les partisans de Novatien à
Rome, qui ont influencé l'Évêque Denys, le Pape. Athanase a essayé (De sent. Dion. 4) de tromper Denys
d'Alexandrie un siècle plus tard, mais Basile (Ep. 9.2) affirmait qu'il avait adopté l’extrême opposé dans un zèle
anti-Sabellien.
Pourquoi la question de la position du Christ par rapport à Dieu,
était-elle d'une telle importance, alors qu’elle ne repose sur aucun fondement
biblique? Pourquoi est-elle devenue importante seulement durant le milieu du
troisième siècle? La réponse réside dans les cultes du mystère et du soleil.
On a vu à partir du
développement précédent et ci-dessus, que la Bible et les premiers théologiens
de l'Église étaient des subordinationistes3 et Unitaires. Dieu le
Père était le Dieu et le Père du Messie, qui était le premier-né d’entre
plusieurs frères (Rom. 8:29). L'Esprit Saint est le mécanisme par lequel tous
les Fils de Dieu, les anges inclus, atteignent cette position, à savoir,
l'union avec Dieu. Christ n’en était qu’un parmi une multitude de Fils
spirituels de Dieu, mais il était le seul
(monogenes) (Fils de ) Dieu qui est né ; il était le premier, parmi
l'Armée céleste, à être engendré
(prototokos) en tant que souverain sacrificateur des elohim. C’est par le
syncrétisme de la première Église que cette compréhension a commencé à être
perdue. Les cultes du mystère ont eu une influence sur la théologie et le
rituel de la première Église. Cette position est développée dans l’œuvre Le
Mysticisme Chapitre 4 : Le Judéo-Christianisme (No B7_4)).
Bacchiocchi (loc. cit.) a
retracé l’influence des cultes du Soleil sur la transition du Sabbat vers le
culte du dimanche et l'introduction des festivals païens, tels que Noël et les
Pâques d’Ishtar. La transition à partir de la Fête des Pains Sans levain et la
Pâque vers le festival païen des Pâques d’Ishtar (en anglais Easter) est
devenue très répandue. Des convertis du Christianisme, venant des cultes du
mystère/soleil, ont augmenté la pression pour la syncrétisation et l’abolition
de la caractéristique judaïque de la loi et des festivals (voir Bacchiocchi,
op. cit.) qui étaient basés sur le calendrier lunaire et non solaire. Cette
infusion syncrétique s’est développée jusqu'à une apogée au Concile de Nicée.
La cosmologie biblique était basée sur l'autorité unique et supérieure d'Eloah.
Ceci avait de sérieuses implications quant à la nature inviolable de la loi. Le
remaniement du système ne pourrait être logiquement validé que si un processus
pourrait être établi qui élèverait Christ à une égalité à Dieu, donnant ainsi
l'autorité à l'Église d’exercer une telle autorité qui pourrait être
interprétée, comme étant conférée sur l'Église. Les premières attaques sur la
loi ont touché la Pâque et le Sabbat hebdomadaire.
L'établissement du dimanche,
en tant que jour de culte obligatoire, a commencé avec le Concile d'Elvire
(vers 300). Ce n'était pas par hasard que le Concile de Nicée avait tranché la
question concernant la Pâque et l'établissement du festival païen des Pâques
d’Ishtar. Ce n'était pas par hasard que la question suivante qui devait être
statuée, a été la question du sabbat où, pendant le Concile de Laodicée vers
366 (la date est incertaine), le Concile, au Canon 29, a interdit l’observance
du Sabbat et a établi le dimanche comme jour de culte officiel de l'Église.
Ainsi, la mise en scène était en place pour ce qui était perçu comme étant
l’abolition des éléments qui prétendument judaïsait la foi Chrétienne,.
1 co-éternel(le) :
adj, qui possède une existence
éternelle partagée.
1
co-éternalité : nom,
caractéristique d’être co-éternel.
2 co-égal(e)
: adj, qui est égal en nature, en
quantité, en qualité.
2 co-égalité
: nom, caractéristique d’être
co-égal.
3
subordinationiste : adv, 1. qui dépend d’une autre personne.
2.
qui englobe la doctrine du subordinationisme.
3
subordinationisme : nom, la doctrine
chrétienne qui enseigne que Christ est subordonné à Dieu le Père.
4
Antinomien(ne) : adj, qui est contre
la loi.
5
émanationiste : adj, 1. qui affirme la doctrine
d’émanationisme.
2.
qui est caractérisé par la doctrine d’émanationisme.
6 Noétisme :
nom, la/les doctrine(s) chrétienne(s)
telle(s) qu’avancée(s) ou enseignée(s) par Noët de Smyrne.
7 Consubstantiabilité : nom, doctrine chrétienne qui enseigne que Christ est de la même
substance que le Père.
8
Trinitarisme : théologie développée sur la
théorie de 3 personnes en un Dieu
q