Les Églises Chrétiennes de Dieu

 

[214]

 

 

 

 

 

 

 

Azazel et les Expiations [214]

(Édition 1.1 19970911-19970913)

 

La signification des boucs aux Expiations est souvent confondue et le nom Azazel est souvent mal interprété ou employé improprement. Il y a une interprétation de longue date du symbolisme qui provient de l'ancien Israël et qui est exprimée dans les textes des diverses périodes. Ce symbolisme est examiné ici dans sa typologie Messianique des temps de la fin.

 

 

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(Copyright ã 1997 Wade Cox)

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Azazel et les Expiations [214] 

 


Instructions pour les Expiations

 

À Lévitique 16:1-34, on nous donne les instructions pour les sacrifices des Expiations. Parmi celles-ci, il y a les deux boucs sur lesquels on tire au sort pour déterminer lequel sera le sacrifice et lequel portera les péchés du peuple.

 

Lévitique 16:1-34 1  L'Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d'Aaron, qui moururent en se présentant devant l'Éternel. 2  L'Éternel dit à Moïse: Parle à ton frère Aaron, afin qu'il n'entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l'arche, de peur qu'il ne meure; car j'apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire. 3  Voici de quelle manière Aaron entrera dans le sanctuaire. Il prendra un jeune taureau pour le sacrifice d'expiation et un bélier pour l'holocauste. 4  Il se revêtira de la tunique sacrée de lin, et portera sur son corps des caleçons de lin; il se ceindra d'une ceinture de lin, et il se couvrira la tête d'une tiare de lin: ce sont les vêtements sacrés, dont il se revêtira après avoir lavé son corps dans l'eau. 5  Il recevra de l'assemblée des enfants d'Israël deux boucs pour le sacrifice d'expiation et un bélier pour l'holocauste. 6  Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l'expiation pour lui et pour sa maison. 7  Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation. 8  Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel. 9  Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l'Éternel, et il l'offrira en sacrifice d'expiation. 10  Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l'Éternel, afin qu'il serve à faire l'expiation et qu'il soit lâché dans le désert pour Azazel. 11  Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l'expiation pour lui et pour sa maison. Il égorgera son taureau expiatoire. 12  Il prendra un brasier plein de charbons ardents ôtés de dessus l'autel devant l'Éternel, et de deux poignées de parfum odoriférants en poudre; il portera ces choses au delà du voile; 13  il mettra le parfum sur le feu devant l'Éternel, afin que la nuée du parfum couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, et il ne mourra point. 14  Il prendra du sang du taureau, et il fera l'aspersion avec son doigt sur le devant du propitiatoire vers l'orient; il fera avec son doigt sept fois l'aspersion du sang devant le propitiatoire. 15  Il égorgera le bouc expiatoire pour le peuple, et il en portera le sang au delà du voile. Il fera avec ce sang comme il a fait avec le sang du taureau, il en fera l'aspersion sur le propitiatoire et devant le propitiatoire. 16  C'est ainsi qu'il fera l'expiation pour le sanctuaire à cause des impuretés des enfants d'Israël et de toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché. Il fera de même pour la tente d'assignation, qui est avec eux au milieu de leurs impuretés. 17  Il n'y aura personne dans la tente d'assignation lorsqu'il entrera pour faire l'expiation dans le sanctuaire, jusqu'à ce qu'il en sorte. Il fera l'expiation pour lui et pour sa maison, et pour toute l'assemblée d'Israël. 18  En sortant, il ira vers l'autel qui est devant l'Éternel, et il fera l'expiation pour l'autel; il prendra du sang du taureau et du bouc, et il en mettra sur les cornes de l'autel tout autour. 19  Il fera avec son doigt sept fois l'aspersion du sang sur l'autel; il le purifiera et le sanctifiera, à cause des impuretés des enfants d'Israël. 20  Lorsqu'il aura achevé de faire l'expiation pour le sanctuaire, pour la tente d'assignation et pour l'autel, il fera approcher le bouc vivant. 21  Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l'aide d'un homme qui aura cette charge. 22  Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée; il sera chassé dans le désert. 23  Aaron entrera dans la tente d'assignation; il quittera les vêtements de lin qu'il avait mis en entrant dans le sanctuaire, et il les déposera là. 24  Il lavera son corps avec de l'eau dans un lieu saint, et reprendra ses vêtements. Puis il sortira, offrira son holocauste et l'holocauste du peuple, et fera l'expiation pour lui et pour le peuple. 25  Il brûlera sur l'autel la graisse de la victime expiatoire. 26  Celui qui aura chassé le bouc pour Azazel lavera ses vêtements, et lavera son corps dans l'eau; après cela, il rentrera dans le camp. 27  On emportera hors du camp le taureau expiatoire et le bouc expiatoire dont on a porté le sang dans le sanctuaire pour faire l'expiation, et l'on brûlera au feu leurs peaux, leur chair et leurs excréments. 28  Celui qui les brûlera lavera ses vêtements, et lavera son corps dans l'eau; après cela, il rentrera dans le camp. 29  C'est ici pour vous une loi perpétuelle: au septième mois, le dixième jour du mois, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage, ni l'indigène, ni l'étranger qui séjourne au milieu de vous. 30  Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l'Éternel. 31  Ce sera pour vous un sabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes. C'est une loi perpétuelle.32  L'expiation sera faite par le sacrificateur qui a reçu l'onction et qui a été consacré pour succéder à son père dans le sacerdoce; il se revêtira des vêtements de lin, des vêtements sacrés. 33  Il fera l'expiation pour le sanctuaire de sainteté, il fera l'expiation pour la tente d'assignation et pour l'autel, et il fera l'expiation pour les sacrificateurs et pour tout le peuple de l'assemblée. 34  Ce sera pour vous une loi perpétuelle: il se fera une fois chaque année l'expiation pour les enfants d'Israël, à cause de leurs péchés. On fit ce que l'Éternel avait ordonné à Moïse. (LSG)

 

Le Jour des Expiations est commandé et, dans Lévitique 23:26-32, nous voyons que le jour est de la noirceur à la noirceur.

 

Lévitique 23:26-32 26  L'Éternel parla à Moïse, et dit: 27  Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations: vous aurez une sainte convocation, vous humilierez vos âmes, et vous offrirez à l'Éternel des sacrifices consumés par le feu. 28  Vous ne ferez aucun ouvrage ce jour-là, car c'est le jour des expiations, où doit être faite pour vous l'expiation devant l'Éternel, votre Dieu. 29  Toute personne qui ne s'humiliera pas ce jour-là sera retranchée de son peuple. 30  Toute personne qui fera ce jour-là un ouvrage quelconque, je la détruirai du milieu de son peuple. 31  Vous ne ferez aucun ouvrage. C'est une loi perpétuelle pour vos descendants dans tous les lieux où vous habiterez. 32  Ce sera pour vous un sabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes; dès le soir du neuvième jour jusqu'au soir suivant, vous célébrerez votre sabbat. (LSG)

 

Il ne doit donc y avoir aucun ouvrage quelconque ce jour-là et ceux qui désobéissent doivent être retranchés du peuple de Dieu.

 

La séquence des activités

 

Les sacrificateurs doivent être consacrés et il y a une série d'activités établies en ce qui concerne les sacrifices. Nous avons vu ailleurs qu'une génisse rouge a été sacrifiée comme une offrande pour le péché (voir Le Messie et la Génisse Rouge [216]). Dans cette séquence-ci, c'est un taureau.

 

La première activité dans le texte de Lévitique est que deux fils d'Aaron sont morts pour avoir été présomptueux. Cet action forme un parallèle avec une autre action dans le ciel où deux êtres se sont rebellés et ont entraîné un tiers de l'Armée. Le plus important de ces êtres était Satan, le grand Dragon Rouge de l'Armée (Apocalypse 12:3-17), qui est le dieu de ce monde (2Corinthiens 4:4). La compréhension des Hébreux était qu'un autre être de haut rang a été aussi impliqué. Son nom n'est pas important. Cependant, le Livre d'Hénoc semble nommer le leader comme Semyaza. Ce symbolisme semble se refléter partout dans l'ancien monde comme les êtres à tête d'homme et à tête de lion. Ils sont dépeints comme des chérubims dans les textes hébreux (voir Ézéchiel 41:19). Ils apparaissent comme des Aeons (Éternités) dans les cultes des mystères (voir The Origins of the Mithraic Mysteries (Les Origines des Mystères Mithraïques) de David Ulansey, Oxford, 1989). La compréhension est néanmoins semblable, mais vue sous des angles différents. Le système hébreu semble décrire leur nouvelle position d'après le temple d'Ézéchiel. Cette période est apparemment Messianique - ils doivent donc probablement être vus comme des remplaçants des êtres déchus.

 

Azazel

 

Dans le système judaïque, Azazel est compris comme étant l'ange de l'Armée déchue que nous égalisons avec Satan. Azazel est un membre de l'Armée déchue qui est identifié dans le Livre d'Hénoc. La vue traditionnelle est que deux êtres étaient reflétés par les deux boucs mentionnés ici à Lévitique 16 - un de ces êtres a été identifié avec Yahovah et le deuxième avec Azazel. Les commentaires rabbiniques l'identifient avec un membre de l'Armée déchue.

 

Des sorts étaient jetés sur les boucs. Chaque sort était inscrit - un pour Yahovah et l'autre pour Azazel (Rashi, Soncino, Lévitique 16:8).

 

Le commentaire de la Soncino à propos de Lévitique 16:8 montre que le mot Azazel est compris par le Judaïsme comme signifiant un fort ou puissant el ('Azaz SHD 5811 est considéré comme étant dérivé de SHD 5810, qui signifie : se durcir, être effronté, prévaloir, renforcer le moi, de là, être fort. C'est à peine Messianique). Rashi dit qu'il dénote une falaise abrupte. Ibn Ezra explique que c'était une falaise près du Mont Sinaï d'où on précipitait le bouc. Cette pratique de précipiter le bouc de la falaise est une variation postérieure sur le thème qui ne fait pas partie de l'instruction biblique. Sans doute c'était fait pour empêcher le retour du bouc et, de là, que les péchés de la nation retournent en Israël. Cependant, ce n'est pas l'instruction de la Bible et cela attaque le concept même de la miséricorde de Dieu.

 

Nachmanides cite le Pirke du Rabbin Eliezer et dit que l'ange Sammael qui avait eu le pouvoir sur tous les peuples, sauf Israël, s'est plaint à Dieu qui l'a informé qu'il aurait le contrôle d'Israël le Jour des Expiations, s'ils péchaient. Pour le Judaïsme, le deuxième bouc est destiné à être envoyé à Sammael [Azazel ou le dieu de ce monde], mais, comme il n'était pas emmené dans le sanctuaire, il était relâché dans le désert. C'est un signe de l'enlèvement du problème de la nation plutôt qu'une offrande aux idoles. L'enlèvement de l'être par lequel le péché serait entré dans la nation est le même concept que l'enlèvement ou la restreinte de Satan aux derniers jours (Apocalypse 20:1-10).

 

L'origine de ce nom Sammael vient du concept de la désolation (SHD 8037) et, de là, d'être enveloppé par l'obscurité et, ainsi, le Nord de l'hémisphère nord ou le côté gauche (SHD 8040). C'est le côté gauche de Dieu par opposition au côté droit. Le nom Shammai (SHD 8060) signifie destructif (voir SHD 8073).

 

Christ était du côté droit de Dieu. Azazel ou Satan était à gauche.

 

Il n'y a donc aucun doute qu'Azazel a été compris par le Judaïsme rabbinique et du deuxième temple comme se référant à l'être à qui le pouvoir avait été donné sur les nations, sauf Israël, et que l'être a été compris comme étant l'accusateur d'Israël, Satan. Il a été mentionné comme Sammael dans la littérature rabbinique. Ce nom peut être pris pour signifier Un Nom ou Le nom de Dieu ou Dieu a nommé. Il serait ainsi compris pour avoir agi au nom ou avec l'autorité de Dieu à un moment donné. Dans le Livre d'Hénoc, l'être à qui le pouvoir a été donné sur l'Armée est Semyaza, ce qui peut être une dérivation de ce concept. Ce nom S[h]emyaza (hzhYmv) signifie Il voit le nom ou le nom a vu (voir Knibb, p. 67-68). Noth (Die israelitischen Personnanamen im Rahmen der Gemeinsemitischen Namengebung, Stuttgart, 1928, p. 123 et suiv.; voir Knibb, p. 68) lie le nom Shem (mv) au nom divin HaShem (svh) que l'on connaît des textes d'Éléphantine. Ce nom, comme HASHEM, est utilisé dans la Chumash de Stone pour Yahovah. Les noms de Semyaza et d'Asaël semblent être changés dans les premiers chapitres d'Hénoc. Dans le texte Éthiopique de 1Hénoc 8.3, le nom Semyaza est significativement changé. Knibb pense que l'Éthiopique est corrompu (Knibb, p. 71).

 

Le mot Shem signifie un nom. HaShem signifie Le Nom. Il est prononcé chéme. L'idée vient du concept d'une position définie et remarquable. C'est une appellation, comme une marque d'individualité. Le concept est que Shemyaza ou Celui qui a vu le nom est tombé en disgrâce et a ainsi subi un changement de statut qui est transmis par le changement de nom. Il en est de même avec Asaël. Azazel est un changement dans le statut du leader ou d'un leader de l'Armée déchue. Ce concept du changement de statut n'est examiné nulle part parce qu'il attaque les concepts religieux acceptés du système dominant. Azazel est aussi mentionné dans les Manuscrits de la Mer Morte (MMM) à 4Q180-181 où les références dans 4Q180 frag. 1 semblent être une référence au texte dans 1Hénoc 6-11 et dans Jubilés 4:22 (Genèse 6:1-2,4). Ce texte (et, en particulier, les lignes 5-9) est vu comme étant relié à 4Q181 frag. 2, lignes 1-4 (The Dead Sea Scrolls: A New Translation (Les Manuscrits de la Mer Morte : une Nouvelle Traduction) de Wise, Abegg et Cook, Hodder et Stoughton, 1996, p. 238-239). Il n'y a aucun doute qu'Azazel est vu comme étant le leader de l'Armée déchue dans les textes des MMM et le responsable des péchés de l'humanité, comme nous le voyons dans le rituel des Expiations.

 

L'utilisation de HaShem comme Le Nom, au lieu de dire le nom Yahovah, qui représente l'autorité de Dieu comme être étendu, vient apparemment d'une ancienne pratique païenne. L'utilisation est enregistrée dans les œuvres d'Éléphantine. La pratique est probablement venue autant des Égyptiens que des Babyloniens et elle a été retrouvée chez les Grecs et les Romains. Elle est associée à la théologie des "Noms Sacrés" et à la magie primitive qui affirme que l'utilisation correcte du nom donne le pouvoir sur une déité. Ainsi, la déité  protectrice de Rome n'a jamais été mentionnée et le secret a été protégé sous peine de mort. L'idée est que la prononciation correcte du nom par un ennemi pourrait permettre à leurs magiciens d'outrepasser la protection de la déité et qu'ils seraient ainsi capables de capturer la nation en question. Cette idée est probablement la base derrière l'utilisation de HaShem pour Yahovah parmi les Juifs après la captivité.

 

Le problème de comprendre ce qui arrive aux Expiations provient de la structure théologique inadéquate des autorités elles-mêmes. Le bouc désigné pour Azazel avait les péchés de la nation placés sur sa tête et il était confié à un sacrificateur ou un scribe ou un homme sage désigné (selon l'inférence) et emmené dans une terre stérile, c'est-à-dire un désert et une terre sans produits alimentaires. Autrement dit, le fruit de ce bouc était la désolation (voir Lévitique 16:21-23, la Soncino et les notes).

 

L'évidence de l'histoire est contre l'interprétation que le bouc Azazel représente le Messie. Néanmoins, cette vue a surgi pour un nombre des raisons que nous examinerons ici en traitant du sujet. Il y a aussi une troisième explication que nous examinerons aussi.

 

La dualité du symbolisme

 

Bullinger, par exemple, soutient que les deux boucs se réfèrent à Christ. Cependant, la dualité implique deux sorts - un pour Yahovah et l'autre pour al'Azazel. Pour justifier l'identification singulière, l'identité du deuxième nom est dissimulée et il lui donne la signification de renvoi ou quelque chose du genre, ce qui est impossible d'après l'étymologie.

 

Cela vaut la peine d'examiner maintenant le texte, verset par verset, afin d'élaborer sur chaque concept.

 

Lévitique 16:1  L'Éternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d'Aaron, qui moururent en se présentant devant l'Éternel. (LSG)

 

C'est Yahovah qui parle à Moïse. Dans Lévitique, la forme Yahovah parla est utilisée trente-cinq fois et de dix façons différentes.

 

Il a parlé :

 

  1. à Moïse seul (Lévitique 5:14; 6:1,19; 8:1; 14:1; 22:26 deux fois);

 

  1. à Moïse pour parler à Aaron seul (Lévitique 16:1);

 

  1. à Moïse pour parler à Aaron et à ses fils (Lévitique 6:8,24; 22:1);

 

  1. à Moïse pour parler aux sacrificateurs, les fils d'Aaron (Lévitique 21:1);

 

  1. à Moïse pour parler à Aaron et à ses fils et à tous les enfants d'Israël (Lévitique 17:1; 21:16; voir 21:24; 22:17);

 

  1. à Moïse pour parler aux enfants d'Israël (Lévitique 1:1; 4:1; 7:22,28; 12:1; 18:1; 20:1; 23:1,9,23; 24:1,13; 25:1; 27:1);

 

  1. à Moïse pour parler à toute la congrégation des enfants d'Israël (Lévitique 19:1);

 

  1. à Moïse et à Aaron conjointement (Lévitique 13:1; 14:33);

 

  1. à Moïse et à Aaron pour parler aux enfants d'Israël (Lévitique 11:1; 15:1);

 

  1. à Aaron seul (Lévitique 10:8).

 

Chacune de ces distinctions est comprise dans le contexte. Bullinger note ces mêmes distinctions dans sa note à Lévitique 5:14.

 

Ici à Lévitique 16, Moïse reçoit l'ordre d'aviser Aaron de ne pas entrer dans le Sanctuaire, sauf quand il est instruit de le faire, c'est-à-dire le Jour des Expiations et ce, pour qu'il ne meure pas, étant donné que Yahovah devait apparaître dans la nuée sur le propitiatoire (de la miséricorde) ou la couverture de l'Arche (voir l'étude L'Arche de l'Alliance [196]).

 

Au verset 1, nous voyons que les fils d'Aaron sont morts en se présentant devant Yahovah. L'hébreu est apporté près (karab). Les mots feu étranger ont été ajoutés aux anciens textes (Onk. Jon., la LXX, la Syriaque et la Vulgate, tel que noté aussi par Bullinger; n. à 16:1).

 

Lévitique 16:2  L'Éternel dit à Moïse: Parle à ton frère Aaron, afin qu'il n'entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l'arche, de peur qu'il ne meure; car j'apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire. (LSG)

 

Le texte ici veut dire pas à n'importe quel moment. Le Sanctuaire est ici le Saint des Saints. Ce chapitre n'utilise pas le terme Saint des Saints, mais seulement le terme Sanctuaire (vv. 3,16 deux fois, 20,23,27; voir Exode 3:5, la note de Bullinger).

 

Il y a donc quelque chose de dénoté ici dans le symbolisme et qui est transitoire. Les termes de la miséricorde ont aussi été utilisés en anglais comme un adjectif. Le terme j'apparaîtrai est j'ai l'habitude d'apparaître (voir Exode 25:22).

 

Lévitique 16:3  Voici de quelle manière Aaron entrera dans le sanctuaire. Il prendra un jeune taureau pour le sacrifice d'expiation et un bélier pour l'holocauste. (LSG)

 

Le mot voici est, en réalité, avec cela. Aaron reçoit l'instruction d'apporter le sang du taureau pour une offrande pour le péché et le bélier pour une offrande consumée par le feu. C'était l'acte de purification du Sanctuaire par le souverain sacrificateur. Ç'était fait d'une façon spécifique et les vêtements étaient d'un type spécifique.

 

Lévitique 16:4  Il se revêtira de la tunique sacrée de lin, et portera sur son corps des caleçons de lin; il se ceindra d'une ceinture de lin, et il se couvrira la tête d'une tiare de lin: ce sont les vêtements sacrés, dont il se revêtira après avoir lavé son corps dans l'eau. (LSG)

 

Le lin du souverain sacrificateur symbolisait ici le premier avènement, comme le Messie d'Aaron ou le Messie sacrificateur. Il n'était pas encore le roi Messie. Le roi Messie était représenté par les vêtement royaux d'état et ceux-ci représentaient le deuxième avènement, et non pas le premier. Cette fonction duelle d'un seul Messie, autant comme roi que comme souverain sacrificateur, a été comprise par le Judaïsme juste avant l'époque de Christ.

 

Grâce au Règne de Damascus (VII) des MMM et aux fragments de la caverne IV, on sait maintenant que les deux Messies étaient compris pour être un seul Messie (voir The Dead Sea Scrolls in English (Les Manuscrits de la Mer Morte en anglais) de G. Vermes, la 2ème éd., Pelican, 1985, p. 49).

 

Lévitique 16:5  Il recevra de l'assemblée des enfants d'Israël deux boucs pour le sacrifice d'expiation et un bélier pour l'holocauste.

 

Le terme traduit boucs est ici boucs velus.

 

Lévitique 16:6  Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l'expiation pour lui et pour sa maison. (LSG)

 

Nous voyons ici que le taureau servait à faire l'expiation pour le sacerdoce. C'était la première phase. Le Messie a dû se qualifier comme souverain sacrificateur avant qu'il ne puisse intercéder.

 

Ces sacrifices du taureau et du bélier, indiqués ici, servaient aussi à déterminer le sort d'un prophète en Israël, comme nous le voyons maintenant par les MMM (Wise, Abegg et Cook, ibid., p. 336-337). Dans Against Apion (Contre Apion), Josephus dit (1.8; voir Wise, Abegg et Cook, ibid., p. 336, à tort cité comme 1.41).

 

Depuis l'époque d'Artaxerxès jusqu'à nos jours, une histoire complète a été enregistrée, mais elle n'est pas jugée aussi digne de confiance que les records précédents à cause de l'incertitude à propos de la succession exacte des prophètes.

 

Les prophètes ont donc continué, mais il y a eu un débat quant à leur authenticité; par conséquent, le canon a été scellé à partir d'Esdras durant le règne d'Artaxerxès II et, en fait, à la mort d'Esdras, la même année qu'Alexandre le Grand (voir Seder Olam Rabba 30 et les études La Bible [164] et Les Oracles de Dieu [184]).

 

Lévitique 16:7-8 7  Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation. 8  Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel. (LSG)

 

Ce terme bouc émissaire est traduit du mot basé sur l'hébreu qui, selon certains, signifierait enlèvement complet. Par exemple, Green (Bible Interlinéaire, p. 102) dit que le mot dérive de SHD 5799. Ce mot est identifié comme signifiant autant bouc émissaire que, deux fois, enlèvement complet (voir p. 102). Cependant, il est question d'un seul mot, à savoir al'Azazel lzazl. Clairement, ce mot est considéré comme ayant deux significations distinctes par la LXX, la KJV et Green pour permettre cette traduction. Les MMM et les textes du premier siècle BCE considèrent qu'Azazel signifie le leader de l'Armée déchue.

 

La Soncino Chumash traduit le texte :

 

Et Aaron tirera au sort sur les deux boucs; un sort pour l'Éternel et l'autre sort pour Azazel.

 

La RSV traduit le texte ainsi:

 

Et Aaron tirera au sort sur les deux boucs, un sort pour L'ÉTERNEL et l'autre sort pour Aza'zel. (RSV)

 

L'édition de Stone de la Chumash le traduit aussi ainsi:

 

Aaron placera des sorts sur les deux boucs : un sort pour "HASHEM" et un sort pour "Azazel".

 

Lévitique 16:9-10 9  Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l'Éternel, et il l'offrira en sacrifice d'expiation. 10  Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l'Éternel, afin qu'il serve à faire l'expiation et qu'il soit lâché dans le désert pour Azazel. (LSG)

 

Le mot est tombé en hébreu est est sorti. Autrement dit, il est sorti de la poche contenant l'Urim et le Thummin, qui était le moyen de connaître le sort ou le jugement de Yahovah (voir Exode 28:30).

 

Ce texte est difficile. Les gens qui font la revendication pour enlèvement complet, au lieu d'Azazel, n'ont aucune structure du mot qu'ils peuvent indiquer à titre d'explication. Stone traduit le texte ainsi :

 

9 Aaron prendra le bouc désigné par le sort pour HASHEM et en fera un sacrifice expiatoire. 10 Et le bouc désigné par le sort pour Azazel sera placé vivant devant HASHEM, pour faire l'expiation par celui-ci et pour l'envoyer à Azazel dans le désert.

 

Il n'y a aucun doute que, pour les érudits rabbiniques de renom, le mot signifie Azazel. Le mot utilisé dans chaque cas est al'Azazel lzazl.

 

Stone dit que ce nom signifie fort z et puissant la. Cette vue est aussi celle des autorités rabbiniques dans le commentaire de la Soncino (voir n. à la p. 706). La Oxford Annotated RSV, la Soncino et les racines, selon Strong, sont donc toutes d'accord. La vue dissidente qui l'attribue à SHD 5799 exige deux significations distinctes et différentes pour le même mot, ce que Strong ne dit pas vraiment.

 

Il y a quelque chose qui ne va pas avec l'assignation des mots impliqués. SHD 5799 qui est 'aza'zel, inscrit comme une combinaison des deux mots SHD 5795 et 235 et, de là, signifiant bouc de départ. Cela donne aux combinaisons la signification de bouc ou chèvre, de SHD 5795 'ez ou aze, qui signifie une chèvre forte au singulier, mais aussi les poils du bouc au masculin pluriel. Ce mot vient de SHD 5810 'azaz, la racine principale pour être vaillant, se durcir ou être effronté pour renforcer le moi ou être fort. Cette indépendance transmet aussi le concept d'être sujet à ses propres lois. Ce mot est considéré comme étant lié à SHD 235 'azal, qui est la racine principale pour partir, de là, disparaître, tomber, baguenauder, faire le va-et-vient. À Ézéchiel 27:19, le mot est traduit, par plusieurs, par d'Uzal et, par d'autres, par raconter des histoires. Cela signifie être parti ou usé. Green le traduit par errant. La KJV le traduit par faire le va-et-vient. La Soncino le traduit par raconter des histoires et ce, en partant du principe que le me'uzzal dans le texte est traduit en identifiant la racine azal (avec aleph) avec l'araméen azal (avec ain), fabriquer. Plusieurs manuscrits hébreux et la LXX lisent me'uzzal, ‘d'Uzzal.’ Ce nom se trouve à Genèse 10:27 et il est la vieille désignation de Sanaa, la capitale du Yémen, dans le Sud de l'Arabie. La traduction serait alors Vedan et Javan ont exporté tes marchandises d'Uzzal.

 

L'utilisation de la racine azal est loin d'être claire et le composé du motazazel peut signifier l'el auto-renforcé et aussi le bouc de la chute ou le bouc qui fait le va-et-vient dans le désert. Al’Azazel place un préfixe spécifique au mot. Il semble qu'il est question de deux êtres définis et qu'ils impliquent les deux boucs - un pour Yahovah et un pour un autre but ou une autre place nommée al’Azazel. Cela expliquerait aussi davantage l'utilisation de la distinction des brebis et des boucs dans la parabole de la séparation des nations (Matthieu 25:31-34), quand les deux sont des animaux purs.

 

Quel est le concept examiné ici ? Le mot semble aussi inclure le simple mot tsav (SHD 6673), qui signifie injonction, commandement ou précepte. Ainsi tsawlatsaw est le précepte sur précepte dont la loi est composée (voir aussi l'étude Les Nicolaïtes [202]).

 

Nous semblons voir ici que le mot implique les préceptes de Dieu. Les commandements de la loi sont ainsi placés sur le bouc. Que signifie vraiment  'Azazel alors ? Nous savons qu'il y avait une tendance à confondre ou fusionner les noms Asaël las et Azazel lzaz dans les textes anciens et Knibb note ce fait dans sa traduction du Ethiopic Book of Enoch (Livre Éthiopique d'Hénoc) (Vol. 2, Oxford, p. 73).

 

Asaël signifie Dieu a fait. Azazel signifie quelque chose d'autre. Knibb affirme que la référence au chapitre 8:1 de l'Éthiopique d'Hénoc est une corruption d'Asaël ou Dieu a fait dans l'Éthiopique et les textes grecs. Selon Knibb, Asaël deviendrait donc ’Azazel ici. Les changements peuvent ne pas être des corruptions, mais l'indication d'un changement de statut. Un changement de statut produit un changement de nom et vice versa. Dans l'Apocalypse, Christ reçoit un nouveau nom parce qu'il a subi un changement de statut. De la même manière, on nous donne aussi un nouveau nom, indiquant notre nouveau statut. Le Livre Éthiopique d'Hénoc semble se référer au texte à Lévitique 16:21 et suivants et exprime aussi un concept trouvé dans le Targum de Pseudo Jonathan sur ce texte comme faisant référence à la place Dudael. Le texte au chapitre 10 lit:

 

4 De plus, le Seigneur a dit à Raphael : ‘lie Azazel par les mains et les pieds et précipite-le dans l'obscurité. Et entreouvre le désert qui est dans Dudael et pécipite-le là. 5 Et (2v, b20) jette sur lui des pierres déchiquetées et pointues et couvre-le d'obscurité; et laisse-le là pour toujours et couvre son visage afin qu'il ne puisse pas voir la lumière. 6 Et qu'au grand jour du Jugement dernier, on puisse le lancer dans le feu. 7 Et restaure la terre que les anges ont ruinée, (2v, b25) et annonce la restauration de la terre, car je restaurerai la terre pour que les fils des hommes ne soient pas tous détruits par le mystère de tout ce que les Gardiens ont fait connaître et enseigné à leurs fils. (Knibb considère que la signification fait connaître ou révélé est nécessaire ici).

 

La chose importante à noter est que ce bouc n'était pas utilisé pour l'expiation mais plutôt que l'expiation était faite pour lui. L'hébreu dit pour lui, pas avec lui. Le bouc était donc relâché.

 

Dillman (Traduction 100) considère que le concept de Dudael ici a été inventé et qu'il dérive du nom chaudron de Dieu. Charles (Traduction 22) connecte Dudael à la mention dans le Targum de Pseudo Jonathan comme la place où le bouc consacré à Azazel était emmené. À un moment donné, Milik a accepté cette explication et dérivé le nom des montagnes déchiquetées de Dieu. Knibb considère que le jeu de mot lance-lui des pierres déchiquetées et pointues le rend plausible (ibid., p. 87).

 

Les concepts dans le Livre d'Hénoc et le Targum sont donc dérivés des concepts trouvés dans la Torah à Lévitique 16. Cette vue est confirmée par les MMM. Cependant, le bouc n'est pas tué, mais plutôt relâché pour errer.

 

Nous voyons que les autorités rabbiniques postérieures n'avaient pas le bénéfice des textes qui sont maintenant disponibles à nous, mais ils avaient une idée de la question contenue dans la Torah. Plus important encore, on voit spécifiquement le nom Azazel à Lévitique 16. De plus, on l'a vu et compris comme ayant été là depuis l'ancien système judaïque.

 

Cela nous amène à un nouvel examen de la progression des noms de l'Armée. Comment Asaël ou même Semyaza est-il venu à être nommé Azazel ? Quand est-ce arrivé et qu'est-ce que cela signifie ?

 

Il est évident que le nom Azazel a été écrit dans les premières formes de la Torah. La LXX a traduit le texte en grec comme faisant référence au bouc émissaire et le grec signifierait le laisser partir pour le renvoyer (voir la note à la traduction de Brenton). Cependant, les deux concepts différents sont transmis dans les mots traduits par bouc émissaire dans la LXX. Ce même concept se retrouve dans la traduction de la KJV. Green le transmet aussi dans le Texte Masorétique, mais il donne deux traductions complètement différentes pour le même mot, comme le fait la KJV. Strong rend la construction en se basant sur la signification de SHD