Les Églises Chrétiennes de Dieu

 

[235]

 

 

 

 

 

 

Les Origines de Noël et des Pâques [235]

(Édition 1.0 19980117-19980117)

 

Les Chrétiens ont été conditionnés à accepter que Noël et les Pâques font essentiellement partie de la tradition Chrétienne. Le fait est qu'aucune de ces fêtes n'est Chrétienne. Toutes les deux ont leurs racines dans les cultes du Mystère, les Saturnales, l'adoration du système de la déesse Mère et l'adoration du dieu Soleil. Elles sont directement contraires aux lois de Dieu et à Son système.

 

Christian Churches of God

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(Copyright ã 1998 Wade Cox)

Tr. 2003

 

 

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Les Origines de Noël et des Pâques [235] 

 


Le soi-disant Christianisme moderne célèbre deux festivals principaux: Noël et les Pâques. L'un est en décembre et l'autre est en mars-avril. La Bible ne célèbre aucun festival religieux en décembre. Le festival de mars-avril que la Bible commande d'observer est appelé la Pâque. Elle tombe en mars-avril, mais elle n'est pas appelée les Pâques et ne tombe pas le jour déterminé par les calculs pour les Pâques.

 

Ce qui est plus important, c'est que d'autres festivals commandés par la Bible ne sont pas observés. De plus, bien qu'il soit commandé par le quatrième commandement, le Sabbat n'est pas observé, mais le jour du Soleil l'est à sa place. Comment est-ce arrivé ? Quelle est l'origine de tout cela ? Est-ce que c'est biblique et est-ce que c'est Chrétien ? Les réponses sont toutes trouvées dans l'histoire et elles sont fascinantes.

 

 

Noël

 

Les Saturnales

 

Un festival était célébré en décembre à Rome. Sa connaissance est nécessaire pour comprendre ce qui arrive à Noël. Ce festival était nommé les Saturnales. C'était le festival de Saturne à qui les habitants de Latium, les Latins, attribuaient l'agriculture et les arts nécessaires pour la vie civilisée (Dictionary of Greek and Roman Antiquities de Smith, 2ème éd., London 1851, p. 1009). Il tombait vers la fin de décembre et était vu par la population comme un temps de relaxation absolue et de gaieté. Pendant sa durée, les cours légales étaient fermées. Aucune affaire publique ne pouvait être traitée. Les écoles étaient en congé. Commencer une guerre était impie et punir un malfaiteur représentait une souillure (ibid.). Les esclaves étaient soulagés des corvées pénibles et autorisés à porter le pileus ou l'insigne de la liberté. On leur accordait la liberté de parole et leurs maîtres les servaient à un banquet spécial, vêtus des vêtements de leurs esclaves (ibid.). Toutes les classes se livraient à des festivités et à la réjouissance avec des échanges de cadeaux entre amis.

 

Les plus démunis donnaient des bougies fines en cire à leurs supérieurs. Les foules se pressaient dans les rues et Smith dit que beaucoup de coutumes ressemblaient remarquablement à celles de Noël et du carnaval italien (ibid.).

 

Les jeux de hasard étaient tolérés par les autorités. Plus tard, même les plus stricts se permettaient de jouer aux cartes la Veille de Noël. La populace entière mettait de côté la toge, portait la robe flottante appelée la synthesis et marchait avec le pileus sur la tête. Le Dictionnaire de Smith dit que cette pratique fait rappeler les dominos, les chapeaux pointus et les autres déguisements portés aux festivals postérieurs de Noël pour les mascarades et les mimes. Les cerei ou les bougies fines en cire ou les lumières étaient probablement employées comme les moccoli, la dernière nuit du carnaval. Nos traditions des lumières de Noël proviennent probablement de cette tradition. Finalement, pour l'amusement de la société privée, on élisait un faux roi qui est immédiatement reconnu dans la cérémonie de la Douzième Nuit (ibid.). Nous en reparlerons plus tard.

 

Sir James George Frazer, dans son étude classique de la magie et de la religion (The Golden Bough, McMillan, 1976), dit que ce faux roi était une allusion aux jours idylliques du règne de Saturne et que la coutume de donner une liberté provisoire aux esclaves, à ce moment-là, se faisait en souvenir des jours où tous étaient libres et les choses étaient justes (ibid., ix, p. 308 et suiv.). Dans le règne de Maximian et de Diocletian, les soldats romains, en poste au Danube, auraient eu la coutume (selon Franz Cumont) de choisir au sort parmi eux un beau jeune homme pour personnifier Saturne, trente jours avant le festival. Ils le revêtaient d’un vêtement royal pour ressembler à Saturne. Il allait ensuite en public avec une suite de soldats et cédait à ses passions, peu importe à quel point elles étaient basses et honteuses. À la fin des trente jours, il se tranchait la gorge sur l'autel du dieu qu’il avait personnifié. En 303, le sort est tombé sur le soldat Chrétien Dasius, mais il a refusé de jouer le rôle du dieu païen et de souiller ses derniers jours par la débauche. Il a refusé de céder à l'intimidation de son commandant Bassus. Il a, en conséquence, été décapité par le soldat Jean à Durostorum, vendredi, le 20 novembre 303, soit le vingt-quatrième jour de la Lune, à la quatrième heure (Frazer, ibid.).

 

Ce compte rendu historique a été confirmé, après sa publication par Franz Cumont, par la découverte, dans la crypte de la cathédrale à Ancona, du sarcophage de marbre blanc contenant des textes caractéristiques de l'âge de Justinien avec l'inscription grecque :

 

Ici repose le saint martyr Dasius, apporté de Durostorum.

 

Le sarcophage avait été apporté là de l'église de St. Pellegrino en 1848, où il reposait sous l'autel principal et où il a été enregistré comme étant là en 1650 (Frazer, p. 310).

 

Frazer dit que cela met une nouvelle lumière sur la nature du Seigneur des Saturnales, l'ancien Seigneur de l'Anarchie, qui présidait aux festivités d'hiver à Rome (ibid., p. 311). Nous voyons ici l'étendue des traditions et les éléments de sacrifice humain qu'on retrouve dans les festivals autant en décembre qu'à l'équinoxe. Le Chrétien Dasius a subi le martyr plutôt que de participer à ces festivités.

 

Étant donné que Saturnus était un ancien dieu national de Latium, l'institution des Saturnales est perdue dans l'antiquité éloignée (ibid.).

 

Il y a trois traditions associées au festival.

 

  1. Il est attribué à Janus qui, à la disparition soudaine de son bienfaiteur des demeures des hommes, lui a érigé un autel, comme à une déité dans le forum, et prescrit des sacrifices annuels.

 

  1. Selon Varro, il est attribué aux vagabondages de Pelasagi lorsqu'il est arrivé en Italie. On dit qu'à son retour d'Espagne, Hercule aurait alors supprimé l'adoration et la pratique d'immoler des sacrifices humains.

 

  1. La troisième tradition attribue les Saturnales aux disciples d'Hercule, qui les ont établies après son retour en Grèce.

Dans les deux dernières traditions, nous voyons des points communs. La pratique de ce festival agricole a aussi certains éléments communs avec le festival du printemps de Easter (Pâques), comme nous le verrons plus tard. L'élément du sacrifice humain, commun à toutes les traditions, peut aussi être retracé à l'adoration de Moloch, comme le dieu Sin (Péché) de la Lune et aussi d'Ishtar (voir l'étude Le Veau d'Or [222]). Cet aspect sacrificiel a aussi été retrouvé dans l'adoration du dieu Attis (voir ci-dessous).

 

L'érection de temples dans les temps historiques était enregistrée, comme pendant le règne de Tatius, Tarquinius le Superbe, jusqu'au consulat de A. Sempronius ou de M. Minucius (497 BCE) ou celui de T. Larcius, l'année précédente. Il semble que les cérémonies ont été plus ou moins négligées ou corrompues et qu'elles ont ensuite été ravivées et étendues (ibid.).

 

Les Saturnales tombaient, à l'origine, le 14 janvier Kalend. Quand le calendrier Julien a été introduit, elles ont été prolongées jusqu'au 16 janvier Kalend, ce qui a causé la confusion parmi les plus ignorants. Augustus a ordonné que trois jours entiers (à savoir les 17, 18 et 19 décembre) devaient être sanctifiés à l'avenir (ibid.). Une autorité inconnue a ajouté un quatrième jour et Caligula a ajouté un cinquième jour, le Juvenalis. Il est tombé en désuétude, mais il a été plus tard rétabli par l'empereur Claudius.

 

À proprement parler, un jour seulement était consacré à l'observance religieuse durant les jours de la République. Cependant, les célébrations s'étendaient sur une période beaucoup plus longue. Historiquement, Livy parle du premier jour des Saturnales (Liv. xxx, 36). Cicéron écrit à propos des deuxièmes et troisièmes jours (ad Att., v 20; xv 32). Novius (Attelanae) a utilisé le terme les sept jours des Saturnales et cette expression a aussi été utilisée par Memmius (Macrobius, i, 10) et Martial (xiv, 72; voir Smith, ibid.). Martial parle aussi des cinq jours ordonnés par Caligula et Claudius.

 

Ces cinq jours ont également une ancienne signification en rapport au calendrier.

 

Smith dit, qu'en réalité, trois festivals étaient célébrés au cours de cette période.

 

Les Saturnales comme telles commençaient le 17 décembre (16 décembre Kalend).

Elles étaient suivies par l'Opalia (le 14 janvier Kalend ou le 19 décembre) qui, auparavant, coïncidait avec les Saturnales. Ensemble, les deux duraient pendant cinq jours. Ce festival était célébré en l'honneur d'Opis, qui était la soi-disant femme de Saturne. À l'origine, il était célébré le même jour. Le thème de la déesse Mère et de l'amante devient donc évident dans les origines de ce festival. Nous rencontrerons ce thème partout. Les disciples d'Opis payaient leurs vœux en s'assoyant par terre et en touchant le sol dont elle était la déesse (Smith, ibid., art. Opalia, p. 835).

Les sixièmes et septièmes jours étaient occupés par les Sigillaria, qui ont été nommées d'après les figurines de faïence qui étaient mises en vente durant la période, comme jouets à être donnés en cadeaux aux enfants.

 

La période allait donc, sous le Calendrier Julien, du 17 décembre jusqu'au 23 décembre, quand on donnait les cadeaux aux enfants.

 

Nous allons maintenant continuer en examinant plus en détail la théologie derrière ces festivals. Les points communs des traditions de ces festivals sont trop évidents pour être ignorés.

 

La Vierge Céleste comme la Déesse Mère

 

Frazer note que :

 

L'adoration de la Grande Mère des Dieux et de son amant ou fils était très populaire sous l'Empire Romain (v, pp. 298 et suiv.)

 

De l'inscription, nous savons que les deux [en tant que la Mère et l'amant ou la Mère et le fils] ont reçu des honneurs divins, non seulement en Italie, mais dans toutes les provinces - particulièrement en Afrique, en Espagne, au Portugal, en France, en Allemagne et en Bulgarie (ibid.). Leur adoration a survécu à l'établissement du Christianisme par Constantin.

 

Le symbolisme de la Vierge Céleste et de l'enfant en bas âge, défilés à tous les ans, n’est donc pas d'origine Chrétienne. Il provient de la religion de la déesse Mère qui est très ancien. Nous en reparlerons plus tard.

 

Frazer mentionne que Symmachus a cité le festival de la Grande Mère. À l'époque d'Augustin, ses prêtres efféminés défilaient encore dans les rues et les places de Carthage et, comme les frères mendiants du Moyen Âge, ils demandaient l'aumône des passants (ibid., voir S. Dill Roman Society in the Last Century of the Western Empire, London, 1899, p. 16; et  Augustine City of God, vii, 26).

 

Pour leur part, les Grecs ont rejeté les rites plus barbares en faveur des rites semblables mais plus doux de l'adoration d'Adonis (ibid.).

 

Frazer dit que les caractéristiques qui choquaient et repoussaient les Grecs étaient celles qui attiraient les Romains et les barbares de l'Ouest (ibid., pp. 298-299).

 

Les frénésies extasiées, qui ont été prises pour de l'inspiration divine, les mutilations du corps et la théorie d'une nouvelle naissance et de la rémission du péché par le versement du sang, ont toutes leur origine dans la sauvagerie (ibid.).

 

Frazer soutient que leur vrai caractère était souvent déguisé sous un voile convenable d'allégorie et d'interprétation philosophique qui amenait les plus cultivés d'entre eux à faire des choses qui, autrement, les auraient remplis d'horreur et de dégoût. Le mouvement Pentecôtistes moderne tire son inspiration des idées derrière ces festivals religieux.

 

La religion de la Grande Mère était seulement une parmi une multitude de croyances orientales semblables, qui se sont répandues à travers l'Empire Romain et qui se sont imposées sur les Européens. Selon Frazer, cela a graduellement sapé le tissu social entier de l'ancienne civilisation.

 

Les sociétés grecques et romaines étaient entièrement basées sur le concept de la subordination de l'individu à l'état et la vie entière de chacun était consacrée à la perpétuation de la société. Si un individu n'était pas prêt à faire le sacrifice suprême, personne ne considérait que l'individu avait agi pour des raisons autres que des raisons viles.

 

Pour sa part, la religion orientale enseignait le contraire de cette doctrine. Elle inculquait la communion de "l'Âme" avec Dieu et son salut éternel comme les raisons de l'existence. En comparaison, la prospérité et même l'existence de l'état étaient insignifiants.

 

La conséquence inévitable de cette doctrine égoïste et immorale a été d'éloigner de plus en plus l'individu du service public et de créer en lui un mépris pour la vie présente.

 

L'usage impropre de ces doctrines du mystère ou des religions orientales et leur application dans le Gnosticisme, lorsque appliqué au récit biblique de la Cité de Dieu, comme édifice spirituel, devait avoir des conséquences désastreuses pour l'ordre de la société. Son effet a été de desserrer les liens familiaux et de l'état et, généralement, de désagréger le corps politique de l'état. La société a eu tendance à retomber dans ses éléments individuels et, ainsi, dans la barbarie. La civilisation est seulement possible par la coopération active de l'individu et par la subordination des intérêts de l'individu à celui de l'intérêt commun (ibid., p. 301).

 

Les gens refusaient de défendre leur pays et même de continuer leur famille par le célibat ascétique (ibid., voir aussi les études Le Végétarianisme et la Bible [183] et Le Vin dans la Bible [188]).

 

Frazer a dit que cette obsession a duré pendant mille ans. Il a dit qu'elle a changé seulement à la fin du Moyen Âge, avec la reprise de la loi romaine, de la philosophie Aristotélienne et de l'art et de la littérature anciennes, pour des vues plus saines et plus viriles du monde. Le fait de la question est que, si le vrai modèle biblique avait été mis en application, de tels problèmes n'auraient pas existé. Le problème a résulté des Mystères Orientaux combinés avec le système Gnostique, qui est plus répandu aujourd'hui. Frazer a soutenu que la marée de cette invasion orientale avait enfin tourné et qu'elle refluait toujours. Il a eu tort à cet égard, bien qu'il admette aussi qu'un mauvais gouvernement et un système fiscal ruineux soient deux causes principales qui détruisent les civilisations, comme ils ont fait à l'Empire turc en son temps.

 

Nous examinerons maintenant les effets de la religion de la Grande Mère et du système Mithra et leurs applications sous l'influence Gnostique dans le Christianisme, pour démontrer qu'ils sont toujours présents, aussi forts que jamais, mais sous des formes plus subtiles. Cependant, beaucoup de ses fioritures traditionnelles sont les mêmes.

 

Mithra

 

Un des dieux qui a rivalisé pour l'adoration de l'Ouest était la déité persane Mithra. La popularité immense de ce culte ne devrait pas être sous-estimée. Les monuments dédiés à ce système sont dispersés partout à travers l'Empire Romain et jusqu'en Europe (une carte de l'étendue des monuments est trouvée dans The Origins of the Mithraic Mysteries de David Ulansey, Oxford, New York, 1989, p. 5).

 

C'était un culte secret dont les mystères n'étaient jamais mis par écrit. On connaît donc peu exactement de leur rituel, sauf ce que nous pouvons déduire de leurs lieux d'adoration et de leurs édifices religieux. Cependant, nous savons qu'ils avaient deux formes d'adoration. La forme privée et secrète était le Mithraïsme. Cependant, la forme publique était l’Élagabalisme et nous en savons plus de son système. Tous les deux étaient basés sur l'adoration du Soleil.

 

La majorité de sa religion ressemblait à la religion de la Mère des Dieux et, aussi, à ce qui est devenu, plus tard, le Christianisme (voir Frazer, ibid., p. 302). La similitude a étonné les docteurs Chrétiens eux-mêmes et elle leur a été expliquée comme étant l'œuvre du diable, une contrefaçon de la vraie foi (ibid.). Tertullien a expliqué comment les jeûnes d'Isis et de Cybèle étaient semblables aux jeûnes du Christianisme (De jejunio 16).

 

Justin Martyr explique comment la mort, la résurrection et l'ascension de Dionysius, la naissance de Perseus de la vierge et Bellerophon monté sur Pegasus étaient des parodies des vraies histoires Chrétiennes, écrites d'avance par les démons, jusqu’à l'histoire de Christ montant à dos d'âne et qui était contenue comme une prophétie, dans les Psaumes (voir Apol., i, 54).

 

Le conflit entre le Mithraïsme et le Christianisme était si grand que, pour un certain temps, le résultat était incertain. Le fait de la question est que le résultat a été décidé en adoptant leurs pratiques et en leur donnant des noms Chrétiens. La relique la plus importante de ce syncrétisme païen est Noël, que Frazer dit que l'Église semble avoir emprunté directement de son rival païen (p. 303).

 

L'armée est devenue des adeptes de Mithra et il est évident, des records en rapport à Dasius, que les Saturnales étaient observées en conjonction avec l'adoration de Mithra. Ainsi, les Saturnales précédaient simplement le festival du Solstice et elles sont devenues une partie de celui-ci.

 

Noël et la Vierge Céleste

 

Dans le calendrier Julien, le 25 décembre était reconnu comme le solstice d'hiver (Frazer, ibid., p. 303; voir Pliny Natural history, xviii, p. 221). Il était considéré comme la nativité du Soleil, car ses jours commençaient à allonger et sa puissance augmentait à partir de ce point tournant de l'année.

 

Frazer soutient que le rituel de la nativité, tel qu'il était célébré en Syrie et en Égypte, était remarquable. Les célébrants se retiraient dans des lieux saints intérieurs et, à minuit, ils poussaient un grand cri, La Vierge a accouché! La Lumière croît! (Ibid., voir Cosmas Hierosolymitanus, voir rem. 3 à p. 303). Les Égyptiens représentaient même le Soleil nouveau-né par une image d'un bébé qu'ils exhibaient aux fidèles, à son anniversaire (le solstice d'hiver) (ibid., voir, Macrobius Saturnales, i, 18, 10).

 

Frazer dit :

 

Il ne fait aucun doute que la Vierge, qui a ainsi conçu et enfanté un fils le vingt-cinq décembre, était la grande déesse Orientale que les Sémites appelaient la Vierge Céleste ou, simplement, la Déesse Céleste; dans les territoires sémitiques, elle était une forme d'Astarte (ibid., notant Franz Cumont s.v. Caelestis dans Real-Encyclopädie der classischen Altertumswissenschaft de Pauly-Wissowa, v, 1, 1247, et suiv.).

 

C'est l'origine de la doctrine de la virginité perpétuelle de la mère de Jésus Christ. Elle n'a aucune base dans la Bible ou en fait. La mère de Christ ne s'appelait pas Marie et la Bible est claire qu'elle a eu d'autres enfants. Nous retournerons à ce mythe plus tard.

 

La Légende des Trois Rois

 

Le 25 décembre était un ancien festival d'adoration du Soleil et les trois rois qui lui sont associés ne semblent pas avoir de relation avec les hommes sages de l'Est du récit biblique. Ils semblent plutôt avoir peut-être rapport à une tradition plus vieille en rapport aux soi-disant douze jours de Noël. La  séquence des Douze Jours est associée aux trois rois en France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne et en Autriche. Leurs noms sont Gaspard, Balthazar et Melchior. En Allemagne et en Autriche, on le connaît comme le Jour des Trois Rois (Dreikonigstag) et, en France, comme le Festival des Rois (Fête des Rois). Les rois vont dans certains secteurs accompagnés par des mimes qui chantent des chansons et qui collectent des propriétaires. On lui donne une base Chrétienne, mais il n'y a aucune base dans la Bible pour supposer qu'il y avait trois personnages (à part les trois types de cadeaux) ou qu'ils étaient des rois. Ils sont appelés des mages ou des hommes sages. Cela semble avoir une autre base (voir Frazer, ix, p. 329). Des coutumes dans Franche-Comte et dans les Montagnes Vosges aussi, il est supposé que Melchior était un roi noir et le visage du garçon le personnifiant est noirci (ibid., p. 330). Ces trois sont invoqués pour la guérison avec des rituels impliquant trois clous placés dans la terre. Cela sent les systèmes triunes des Celtes en France, longtemps avant le système Chrétien.

 

Dans la Bohême tchèque et allemande, des rituels de fumigation et des épices étaient utilisés le douzième jour. Les initiales G.M.B (Gaspard, Melchior et Balthazar) avec trois croix étaient marquées sur les portes après la fumigation, pour se protéger contre les mauvaises influences et les maladies infectieuses. Ils étaient invoqués par les paroles priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort.

 

Le Seigneur de l'Anarchie et le Roi du Haricot

 

Dans cette tradition, nous voyons aussi le Seigneur de l'Anarchie apparaître parmi les traditions. La pleine période de temps allait de la veille de la Toussaint (le 31 octobre, la veille du jour de la Toussaint) jusqu'à Chandeleur (le 2 février). Généralement, elle était cependant limitée aux douze jours de la période de Noël, nommés les douze nuits. Le Seigneur de l'Anarchie était élu parmi la Cour du Souverain en Angleterre, par chaque bureau dans le pays. Ce Seigneur de l'Anarchie était aussi élu à l'Université Merton d'Oxford, comme le Roi du Haricot (voir Frazer, ix, p. 332).

 

Le Festival des Imbéciles

 

En France, les homologues des Seigneurs de l'Anarchie anglais faisaient la mascarade comme des faux prêtres, évêques, archevêques, papes ou abbés. On le connaissait comme le Festival des Imbéciles et il était célébré, soit le Jour de Noël, le jour de St. Étienne (le 26 décembre), le Jour de l'An ou le Douzième jour, selon l'endroit.

 

Durant ce temps-là, il y avait des parodies des rites les plus solennels de l'église, où des prêtres portant des masques et parfois habillés comme des femmes, dansaient au lutrin et chantaient des chansons obscènes; les laïcs déguisés en moines se mêlaient avec le clergé et l'autel était tourné en une taverne, où les diacres et les sous-diacres mangeaient de la saucisse et du boudin ou jouaient aux dés et aux cartes sous le nez des célébrants. Les encensoirs étaient remplis de parties de vieilles chaussures, remplissant l'église d'une puanteur crasseuse.

 

Dans certains secteurs de la France, par exemple à Autun, un âne était conduit dans l'église où une parodie de la messe y était dite. Une liturgie régulière en Latin y était dite et le prêtre célébrant mugissait comme un âne (Frazer, pp. 334-335).

 

À Beauvais, le 14 janvier, une jeune femme avec un enfant dans ses bras montait à dos d'âne, imitant soi-disant la fuite en Égypte. Elle était conduite en triomphe de la cathédrale à l'église de paroisse de St. Étienne, où elle et l'âne étaient placés du côté gauche de l'autel. Une longue messe était dite, consistant en fragments empruntés au hasard à beaucoup de services d'église pendant l'année. Les chanteurs aussi bien que la congrégation apaisaient leur soif dans l'intervalle et l'âne était alimenté et arrosé. L'âne était ensuite conduit du chœur dans la nef, où la congrégation entière, le clergé et les laïcs, dansaient autour en mugissant comme des ânes. Après les vêpres, un grand cortège allait à un grand théâtre, en face de l'église, où ils regardaient des farces indécentes.

 

Tout cela fait rappeler les rites, en Afrique du Nord, des prêtres efféminés du système de la Déesse Mère et des Saturnales. Frazer dit qu'il n'y a aucune preuve directe qu'un est dérivé de l'autre, mais les Saturnales, avec la licence qui les caractérisait et le règne provisoire d'un faux roi, le fait paraître ainsi (ix, p. 339). Ces traditions ont été observées jusqu'au dix-neuvième siècle, quand l'Angleterre Victorienne et la France Napoléonienne, après la Révolution, les ont supprimées d'une certaine façon. Elles ont été remplacées, comme nous le verrons, par une autre forme des mêmes erreurs. Une grande partie de la folie moderne provient des États-Unis et de son mercantilisme.

 

Les Douze jours de Noël, les Gâteaux, les Haricots et l'Argent

 

Le Roi du Haricot est aussi associé au Festival des Imbéciles en France et il y a une signification plus ancienne. Le Festival des Imbéciles continue jusqu’au Douzième jour de Noël (la Douzième Nuit est la nuit du 6 janvier). La veille, qui est le 5 janvier et ainsi l'Épiphanie du 6 janvier, marque la fin des deux périodes des festivités d'avant-Noël, qui sont associées aux Saturnales et au système du Soleil qui commence au Solstice, le 25 décembre, et continue jusqu'au 5 janvier.

 

Dans certains secteurs, le roi a une épouse reine; les deux ont une signification agricole et semblent aussi avoir un rapport avec les rites des Saturnales.

 

Le roi et la reine sont élus au hasard la Douzième Nuit (c'est-à-dire l’Épiphanie, le 6 janvier) ou à la veille de ce festival, le 5 janvier. C'était commun en France, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. Il est toujours célébré dans quelques parties de la France. La Cour connaissait la pratique et chaque famille élisait son propre roi. À la veille du festival, un grand gâteau contenant un haricot était cuit. Il était divisé en portions - une pour chaque membre de la famille; une pour Dieu; une pour la Vierge Céleste et, parfois, une pour le pauvre. La personne qui avait la portion avec le haricot était proclamée le Roi du Haricot (Frazer, ix, p. 313). Parfois, un deuxième haricot était placé dans le gâteau pour l'élection de la reine. À Blankenheim, près de Neuerbourg, dans l'Eiffel, un haricot noir et un haricot blanc étaient cuits dans le gâteau - le noir pour le roi et le blanc pour la reine. Dans Franche-Comte, ils avaient l'habitude de mettre autant de haricots blancs dans un chapeau qu’il y avait de gens présents. Deux haricots colorés étaient inclus et pris au hasard par un enfant. Ceux recevant les haricots colorés étaient le roi et la reine.

 

En Angleterre, la pratique consistait à mettre dans le chapeau un haricot pour le roi et un pois pour la reine. Cependant, à certains endroits, seulement le roi était élu au hasard et il choisissait lui-même sa reine. Parfois, une pièce de monnaie était substituée au haricot dans le gâteau. Cette tradition était suivie en Allemagne du Sud, aussi tôt que dans la première moitié du seizième siècle. Frazer la considère cependant comme une variation du haricot précédent. Cela démontre assez clairement que la tradition de placer des pièces de monnaie dans le pudding de Noël provient de cette tradition d'un temps précédent.

 

En France, le jeune enfant présent était placé sous une table. Il était adressé comme Phœbe ou Tebe et il répondait Domine en Latin. Les morceaux du gâteau étaient distribués selon la directive de l'enfant. L'étymologie a été attribuée à l'oracle d'Apollon par certains érudits. Frazer pense qu'elle peut être simplement dérivée du terme pour haricot (latin faba, français fève).

 

Chaque fois que le roi ou la reine buvait, l’assemblée criait le roi ou la reine boit et ils faisaient tous de même. Si quelqu'un ne le faisait pas, on lui noircissait le visage avec des lièges ou de la suie ou de la lie du vin. Dans certaines parties de l'Ardennes, la pratique consistait à attacher de grandes cornes de papier dans leurs cheveux et de leur mettre des lunettes énormes sur le nez. C'était porté jusqu'à la fin du festival. C'est probablement l'origine du bonnet d'âne.

 

C'est toujours célébré dans le Nord de la France, où une figurine miniature en porcelaine est substituée au haricot et tirée au hasard par un enfant. Si elle est tirée au hasard par un garçon, il choisit sa reine; dans le cas d'une fille, elle choisit son roi.

 

Ces rois et ces reines plaçaient des croix blanches sur les chevrons des maisons pour éloigner les lutins, les sorcières et les insectes. Certains aspects de cette coutume avaient, cependant, une signification plus sérieuse. En Lorraine, on disait que la hauteur de la récolte de chanvre était déterminée par la hauteur du roi et de la reine. Si le roi était plus grand, le chanvre mâle serait plus haut que le plant femelle et vice versa. Dans les montagnes des Vosges, à la frontière de France-Compte, on observait la pratique de danser sur le toit pour que le chanvre pousse haut.

 

Dans beaucoup de secteurs, les haricots utilisés dans le gâteau étaient considérés bénis par le clergé et la divination était employée la Douzième Nuit, pour déterminer le mois de l'année durant lequel le prix de blé serait le plus élevé.

 

La pratique d'allumer des feux de camp est toujours effectuée dans certains secteurs et, à l’époque que Frazer a écrit, elle était toujours faite dans la Montagne du Doubs, à la veille de la Douzième Nuit (ix, p. 316). C'était apparemment fait pour assurer la fertilité de la récolte. Il semble y avoir un rapport défini et peut-être lointain aux festivals Noël des païens.

 

Tandis qu'ils brûlaient, les gens dansaient autour en chantant: Bonne année reviens, Pain et vin revenez!

 

Les jeunes de Pontarlier marchent sur les terres ensemencées avec des torches en criant couaille, couaille, blanconnie; sa signification est perdue dans l'antiquité.

 

Dans le Bocage de la Normandie, ce sont les arbres fruitiers qui sont brûlés ce jour-là. Ces feux scintillants sont partout, les paysans célébrant la Cérémonie des Môles et des Souris des champs (Taupes et Mulots). Les villages rivalisent pour savoir lequel aura le plus gros feu et on parcourt les bois et les haies pour du matériel. Ils parcourent les champs en menaçant les môles et les souris des champs et, en faisant ainsi, ils croient que la récolte sera plus grande, cet automne-là.

 

Les feux de la veille de l'Épiphanie ont aussi été observés dans les Ardennes. Il est utile de regarder ici les coutumes en ce qui concerne les festivals de la déesse Hecate à Rome et en Europe, en général, et l’implication des champs et des croix dans ceux-ci (voir L'étude La Croix: Ses Origines et Sa Signification [039]). Des coutumes de feux semblables sont retrouvées au Royaume-Uni dans le Gloucester et dans le Hertfordshire avec douze feux à la fin des douze terres (Gloucester) conçus pour empêcher la petite saleté dans le blé. Un treizième feu,  plus grand, est allumé dans les deux cas - ce dernier étant sur une colline (Frazer, ix, p. 318).

 

Cette tradition de faire douze feux de paille et de porter des toasts de cidre ou de bière est appelée Wassailing et elle est ancienne. Dans quelques secteurs, des bœufs sont aussi grillés dans ce rituel étrange; un gâteau est placé sur les cornes du bœuf principal, puis on le fait tomber en chatouillant le bœuf.

 

L'explication de la pratique d'allumer des feux, particulièrement le plus grand, est trouvée dans l'examen de la pratique, non seulement au Royaume-Uni et en France, mais en Macédoine. Les grands feux sont pour brûler les sorcières et les malfaiteurs qui errent dans les champs, la nuit. Ils sont appelés karkantzari ou skatzanzari par les Macédoniens. Ils sont contrôlés en les attachant avec une corde de paille. Ils reprennent leur forme humaine pendant le jour. Au cours des douze jours de Noël, ils doivent être surmontés par un effort vigoureux. À certains endroits, cela  débute la Veille de Noël et, à d'autres endroits, cela continue ou c'est fait la Douzième Nuit.

 

La Veille de Noël, certaines personnes brûlent les karkantzari en brûlant des fagots de yeuse et ils les jettent dans les rues à l’aube. De nouveau, nous avons ici une référence aux festivals Noël des Druides. Les fagots de chêne postérieurs étaient des vestiges de la combustion de la bûche antérieure.

 

En Irlande, ils érigent des liasses d'avoine. C'était fait en Roscommon, où ils considéraient que la Douzième Nuit, qui est l’Ancien Jour de Noël, est plus grande que le Jour même de Noël (Frazer, ix, p. 321).

 

Ils placent treize chandelles dans la liasse, douze plus petites et une plus grande, au centre, et attribuent celles-ci aux apôtres au Dîner du Seigneur, mais cela est fait à Noël, pas à la Pâque. Treize chandelles avec mèche de jonc, nommées d'après chaque membre de la famille (ou des connaissances pour faire le nombre), sont placées dans des gâteaux d'excréments de vache et brûlées pour déterminer la longueur de la vie de chaque personne (ix, p. 322).

 

Les Origines des Chandelles

 

L'utilisation des chandelles remonte à l'ancienne religion aryenne, qui les a utilisées à la cérémonie Noël pour parer les dieux du tonnerre et de la tempête (Frazer, x, p. 264 (n. 4) et aussi p. 265). Elles étaient allumées et attachées au chêne sacré (ibid., ii, 327).

 

À certains endroits (Ruthenia et en Europe, généralement), elles étaient utilisées par les voleurs et les cambrioleurs pour causer le sommeil (Frazer, i, pp. 148-149) et, dans ce cas, elles étaient faites de suif humain (ibid., i, p. 236). Des parties de l'anatomie humaine étaient aussi utilisées comme bougies ou des os humains étaient remplis de suif fait avec du gras d'hommes pendus (ibid., p. 149). Parfois, les chandelles étaient faites en utilisant les doigts des nouveau-nés ou, ce qui était préférable d'après eux, des fœtus. Aussi récent qu’au dix-septième siècle en Europe, les voleurs avaient l'habitude d'assassiner les femmes enceintes pour extraire de telles bougies de leurs ventres (ibid.).

 

Les chandelles étaient brûlées pour éloigner les sorcières. Elles sont entrées dans le Christianisme par l'Église Catholique ou Orthodoxe (voir Frazer, ibid., i, p. 13).

 

L'ancienne pratique aryenne d'allumer les nouveaux feux à partir d'un Feu de camp, à Pâques, en envoyant des bâtons en feu à chaque maison pour commencer les feux, afin d'éloigner les dieux du tonnerre et de la tempête, a continué parmi les Allemands. La pratique a été introduite dans le Catholicisme comme la chandelle de Pâques. Cette chandelle géante  était allumée à Pâques, dans la nuit de samedi à dimanche, avant le dimanche de Pâques, et toutes les chandelles dans l'église étaient ensuite allumées à partir d'elle. Cela continuait pendant l'année jusqu'aux Pâques suivantes quand une nouvelle chandelle géante de Pâques était allumée.

 

La pratique d'allumer la chandelle semble avoir lieu la nuit avant le jour du Soleil et semble faire partie de l'ancien système d'adoration du Soleil. Dans le Temple, on brûlait de l'encens. Les chandelles n'étaient brûlées que sur le Menora.

 

Cette pratique de brûler des feux avec des bougies fines ou des chandelles était semblable à celle des Saturnales. Du Livre de Baruch 6:19 et suiv., nous savons que la pratique d'allumer des chandelles devant des idoles recouvertes de métaux précieux était babylonienne. La pratique d'allumer des chandelles multiples est probablement entrée dans le Judaïsme par le système babylonien. Nous traiterons de cela plus en détail dans la section sur les Pâques.

 

Le Menora avait sept branches et Dieu l'avait commandé pour le Temple. Dans le Temple de Salomon, il y avait dix tables de sept chandelles représentant le Conseil des Élohim, dont le Sanhédrin était une copie. Un symbolisme mystique est donné aux neuf branches, mais il n'y a aucune autorité biblique pour elles.

 

La Température

 

On disait que la température des douze jours de Noël déterminait la température de la prochaine année.

 

C'est basé sur ce qui semble être une ancienne forme de division du zodiac de diviser les douze jours en quatre quadrants de trois jours par quadrant. C'était fait dans les Îles Britanniques et cela s'est étendu en Europe occidentale à travers l'Allemagne et l'Autriche allemande.

 

À partir de la température de chacun des douze jours, il était possible de deviner la température de chaque mois successif de l'année. On considérait que c'était précis et que cela s'appliquait aussi au Douzième jour lui-même, où la température de chaque heure déterminerait la température du mois correspondant. Les jours étaient donc un système de divination pour l'année qui venait dans ses aspects agricoles.

 

En Swabia, les jours étaient appelés les douze jours de hasard. Une  divination plus précise était faite en faisant douze cercles divisés en quatre quarts de cercles. Chaque quart de cercle représentait un quart du mois. Ceux-ci étaient dessinés sur du papier et accrochés au-dessus de la porte. Au fur et à mesure que chaque jour des douze jours passait, de Noël jusqu’à l'Épiphanie, la température de chaque quart de jour était ombragée et la température pour ce quart de mois était déterminée.

 

En Suisse, en Allemagne et en Autriche, c'était fait un peu différemment. À Noël, au Jour de l'An ou à un autre des douze jours, on coupait un oignon en deux, puis on pelait douze couches et on aspergeait chacune d'elles d'une pincée de sel. De l'humidité laissée en elles, le matin suivant, on considérait possible de déterminer la température pour les douze prochains mois de l'année.

 

Ce n'était pas limité aux tribus Germaniques ou aux Teutons – on la retrouvait aussi en France et parmi les Celtes de la Bretagne et en Écosse.

 

Dans le Bocage de la Normandie, la température était devinée pour l'année à partir de la température des douze jours. C'était considéré plus précis que les prédictions du Double-Liégois. En Bretagne Cornouaille, les douze jours étaient déterminés de Noël à l'Épiphanie - soit les six derniers jours de décembre et les six premiers de janvier. Dans d'autres parties de la Bretagne et en Écosse, les douze jours étaient déterminés du 1er janvier. Ils étaient connus en Bretagne comme les gour-deziou ou les jours mâles. On dit que cela signifie comme tel les jours complémentaires ou supplémentaires. Ce concept nous ramène à un autre ancien concept du calendrier et aux cinq jours additionnels de l'année.

 

D'après leur almanach, les Écossais déterminaient la température par celle des douze jours à partir du dernier jour de décembre ou du premier jour de janvier (selon la place). Ainsi, janvier est déterminé par la température du 31 décembre et ainsi de suite, comme une règle infaillible.

 

Les Celtes d'Écosse, comme ailleurs en France, sont divisés quant au début des jours, à savoir le 31 décembre ou le 1er janvier. Frazer considère cela un indicateur important de l'origine des croyances (ibid., ix, p. 24).

 

Ce concept est très ancien et il est trouvé parmi les Aryens de l'âge védique en Inde. Cela précède Christ de plusieurs siècles.

 

Eux aussi semblent avoir des jours au milieu de l'hiver investis d'un caractère sacré comme un temps où les trois Ribhus ou génies des saisons se sont reposés de leurs travaux dans la maison du dieu soleil et ils ont appelé ces douze jours de repos 'une image ou une copie de l'année' (Frazer, ix, pp. 324-325).

 

Frazer suit A. Weber dans cette explication des vues communes de l'Est et de l'Ouest (voir rem. 3 à ix, p. 325).

 

Le système était donc un ancien système des Aryens, qui ont conquis  l'Inde à partir des Steppes grâce à l'utilisation d'instruments de l'âge de fer et de chevaux, vers 1000 BCE.

 

Leurs parents ont amené les mêmes festivals à l'ouest en Europe. Ces déplacements font partie de la dispersion des anciens mystères du système babylonien qui a été adopté par les nomades Chamans. Cette religion était l'Animisme.

 

Les Anciens Systèmes du Calendrier

 

La division des douze jours est venue de l'ancien calendrier aryen, qui était divisé selon les phases de la Lune et non pas du Soleil. Les diverses langues aryennes appellent le mois du nom pour la Lune.

 

Les jours du mois alternent entre vingt-neuf et trente jours, tous les deux mois. Ces jours à cinquante-neuf fois six ne correspondent pas à l'année solaire réelle, car presque douze jours manquent (onze jours et un quart).

 

Cela semble avoir été une intercalation pour ajuster l'année lunaire à la solaire et qui était une perversion du vrai système d'intercalation adopté par les Israélites, les Assyro-Babyloniens et les Gréco-Romains. Cela semble donc avoir été une perversion par le Culte du Soleil datant des premiers jours des mouvements des tribus du Moyen-Orient. Les Hétiens celtiques, les premiers à se déplacer en Europe, ont apporté le système avec eux et sa mise en application a corrompu la colonisation suivante, suite aux déplacements assyriens et au mouvement des hordes Parthiennes et Gothiques.

 

Nous en savons beaucoup plus maintenant à propos du système de calendrier utilisé en Europe et du solstice du milieu de l'hiver observé en Europe et au Royaume-Uni. Les cercles ont été conçus pour déterminer le solstice exactement le jour du milieu de l'hiver.

 

Les douze jours étaient distincts des cinq jours et ils semblent avoir été ajoutés de diverses façons ou combinés dans des secteurs différents.

 

Il semble que les cinq jours supplémentaires de l'année faisant les 365 jours, ce qui est plus que les 360 jours considérés comme une année normale, étaient une croyance très ancienne et un système de pratique intercalaire où, des Mayas du Yucatan aux pyramides d'Égypte, les gens les considéraient comme inutiles pour n'importe quel but religieux ou civil. Ils ne faisaient donc rien ces jours-là. Cela peut aussi avoir eu une base pour les pratiques. Les textes des pyramides mentionnent expressément les cinq jours, en plus de l'année comprise de douze mois de trente jours (ibid., p. 340). Les Aztèques et le système américain, cependant, ont dix-huit mois de vingt jours et n'ont donc pas suivi de système lunaire. À cause de leurs valeurs mathématiques dans les divisions du calendrier, les cinq jours étaient considérés inutiles et l'objet d'aucun travail, de même qu'un malaise général pour la société. Cela n'avait aucun rapport à l'année prophétique hébraïque de douze mois de trente jours, qui est une idéalisation symbolique des révolutions réelles du vrai cycle intercalaire de dix-neuf ans. Ce symbolisme religieux et cette structure sont détaillés dans la Bible.

 

La séquence des cinq jours était reliée au calendrier utilisé dans les systèmes solaires ou d'adoration du Soleil. Les douze jours étaient un ajustement du lunaire au solaire qu'on s'attendrait à trouver dans les systèmes plus anciens de Lune-Soleil-Étoile du Matin, qui étaient communs au moment de l'Exode (voir l'étude Le Veau d'Or [222]).

 

Le dieu Soleil

 

Le 25 décembre était aussi associé à Mithra, puisqu'il était le dieu Soleil.

 

Mario Righetti, le liturgiste Catholique (en plus de Duchesne et de Cullman) considérait que :

 

Après la paix, l'Église Catholique Romaine, pour faciliter l'acceptation de la foi par les masses païennes, a trouvé commode d'instituer le 25 décembre comme la fête de la naissance temporelle de Christ, pour les détourner de la fête païenne, célébrée le même jour en l'honneur du "Soleil Invincible" Mithra, le conquérant de l'obscurité (rem. 74, II, p. 67 cite aussi de Bacchiocchi, From Sabbath to Sunday, Pontifical Gregorian University Press, 1977, p. 260).

 

Ainsi, Mithra était le dieu du festival du solstice du 25 décembre, qui suivait immédiatement les Saturnales. Avec cette déité, nous voyons l'adoration du dimanche émerger à Rome.

 

Les dédicaces à Mithra étaient comme Soli invicto Mithrae ou le Soleil Invincible - le Soleil non Vaincu, comme Frazer le nomme (p. 304). Il était aussi mentionné comme Sol Invictus Elagabal dans la forme publique de la religion.

 

Le terme de Père était un rang tenu par les prêtres de Mithra. Le terme est interdit aux Chrétiens (Mat. 23:9). Il est entré dans le Christianisme avec les cultes du Mystère.

 

Ce qui est arrivé, en réalité, c'était que les calendriers originaux du système romain commençaient la semaine le samedi et ils étaient en usage dans les premières années de l'ère Augustaine (27 BCE à 14 CE), après la découverte du calendrier de Nola (voir A. Degrassi, rem. 26, p. 104; voir  Bacchiocchi, ibid., p. 244). Cette structure semble avoir rapport au  système de Mithra (comme nous le savons de l'Épicurien Celcus (v. 140-180 CE), où le Soleil occupait la place la plus élevée sur l'échelle pour monter par les sept portes de l'échelle Mithraïque de Saturne au Soleil. C'est du Shamanisme classique et c'est pratiqué par la religion animistique dans le monde entier. Dans Contra Celsum d'Origène, 6,21-22, nous voyons que Celsus fait la liste des planètes dans l'ordre inverse, pour permettre au Soleil d'occuper la septième position significative.

 

Nous voyons plus tard ce système apparaître comme le symbolisme du huitième jour dans le système romain, pour que la semaine commence le jour de Saturne ou Saturday (samedi) et finisse le jour du Soleil ou Sunday (dimanche), qui a toujours été un jour férié. La semaine planétaire n'était pas non plus dans l'ordre accepté des planètes et les gens ne pouvaient pas expliquer la différence (voir Complete Works de Plutarch, III, p. 230; voir Bacchiocchi, ibid., p. 246).

 

On peut aussi voir les différences en le comparant avec le Ziggurat du système babylonien et ses sept niveaux de montée jusqu'au dieu de la Lune (voir L'étude Le Veau d'Or [222]).

 

La déclaration de Tertullien (Ad Nationes, 1, 13, ANF, III, p. 123), tente de réfuter la charge de l'adoration du Soleil. Tertullien admet qu'à ce moment-là, les Chrétiens avaient commencé à prier en direction de l'est et qu'ils avaient fait de dimanche un jour de festivité. Il place directement la responsabilité de l'adoration du dimanche au lieu du jour du Sabbat sur les cultes de l'adoration du soleil, où il dit qu'ils ont préféré son jour au jour précédent de la semaine (c'est-à-dire au Sabbat ou samedi) (voir Bacchiocchi, pp. 248-249). Cependant, à ce moment-là, ils adoraient le jour du dimanche aussi bien que le jour du Sabbat Chrétien.

 

Les Prières à l'Est au Soleil

 

Apparemment, la prière en direction de l'est a son origine dans la prière vers Jérusalem, celle-ci étant la tradition des Ébionites, comme le mentionne Irénée (Adv. Her., 1,26, ANF, I, p. 352). Au temps de Clément d'Alexandrie et d'Origène, nous voyons que l'orientation est vers la source de la lumière, qui dissipe l'obscurité de la nuit, quoique Clément mentionne toujours les anciens temples (Stromateis, 7,7,43, GCS, 3, 32; voir Bacchiocchi, p. 255).

 

Bacchiocchi précise que l'association entre le dimanche Chrétien et la vénération païenne du jour du Soleil n'est pas explicite avant le temps d'Eusebius (v. 260-340 CE). Bien que des auteurs précédents l'aient associé comme la vraie lumière et le soleil de la justice, aucune tentative délibérée n'a été faite avant Eusebius pour justifier l'observance du dimanche au moyen du symbolisme du jour du Soleil (ibid., p. 261).

 

Le processus est donc entré dans le Christianisme par le festival de décembre qui l'a précédé et qui était, à l'origine, dérivé de l'adoration de Saturne et d'Opis dans les Saturnales et de son association avec la Vierge Céleste ou la déesse Mère et son enfant en bas âge.

 

Les évangiles ne disent rien quant au jour de la naissance de Christ et la première Église ne l'a pas célébré.

 

La tradition de célébrer la naissance de Christ a commencé en Égypte, étant dérivée du culte de la déesse Mère et les Chrétiens l'ont célébrée là-bas, le 6 janvier. Au quatrième siècle, elle était devenue généralement établie à l'Est (Frazer, v, p. 304). L'Église Occidentale n'avait jamais reconnu le 6 janvier comme la vraie date et, avec le temps, sa décision a été acceptée par l'Église d'Orient. À Antioche, ce changement n'a pas été introduit avant environ 375 CE (Frazer, ibid.).

 

L'origine de la pratique est clairement enregistrée par les Chrétiens Syriens, comme nous le voyons de Frazer, citant Credner et Momsen et aussi Usener (v, pp. 304-305).

 

La raison pour laquelle les pères ont transféré la célébration du six janvier au vingt-cinq décembre était celle-ci. C'était une tradition des païens de célébrer, ce même vingt-cinq décembre, la naissance du Soleil, durant lequel ils allumaient des feux en signe de festivité. Dans ces solennités et ces festivités, les Chrétiens ont aussi participé. En conséquence, quand les docteurs de l'Église ont perçu que les Chrétiens avaient un penchant pour ce festival, ils ont pris conseil et résolu que la vraie Nativité devrait être célébrée, ce jour-là, et le festival de l'Épiphanie, le six janvier. En conséquence, en plus de cette tradition, la pratique a prévalu d'allumer des feux jusqu'au six.

 

Donc, les Saturnales menaient jusqu'au solstice, quand des cadeaux étaient donnés aux enfants, à partir du 23 décembre ou maintenant la Veille de Noël, le 24 décembre dans le calendrier Grégorien. Les rites du solstice ont alors remplacé les Saturnales originales, mais la période a alors été allongée de trois à sept jours auxquels ont été ajoutés les douze jours.

 

Quand nous comptons cinq jours du 25 décembre, nous arrivons au 30 décembre, date à partir de laquelle certains des Celtes et des Allemands commencent le compte. L'addition du Jour de St. Étienne (ou Boxing Day) apporte la période de cinq jour du 27 décembre au 1er janvier.

 

L'origine païenne de Noël est aussi évidente avec Augustin, quand il exhorte ses frères à ne pas célébrer ce jour solennel comme les païens à cause du Soleil, mais à cause de Celui qui a fait le Soleil (Augustine Serm., cxc, 1; dans Migne Patriologia Latina, xxxviii, 1007). Léon, appelé le Grand, a de même réprimandé la croyance nuisible que Noël était célébré à cause de la naissance du nouveau Soleil et non pas à cause de la Nativité de Christ (Frazer, ibid.; voir Leo the Great Serm., xxii (xxi Al) 6 et Migne, liv, 198).

 

Cependant, à ce moment-là, c'était une cause désespérée. Le système entier était endémique au Christianisme et le culte de la déesse Mère était bien enraciné.

 

Frazer dit :

 

Ainsi il semble que l'Église Chrétienne a choisi de célébrer l'anniversaire de son Fondateur le vingt-cinq décembre pour transférer sur lui, qui a été appelé le Soleil de la Justice, la dévotion des païens pour le Soleil (p. 305).

 

Il y a eu une théorie avancée par un Monseigneur Duchesne que le 25 décembre a résulté de la conformité avec l'équinoxe du 25 mars, qui était le jour que Christ a été tué et aussi que sa mère a conçu. Cela creuse une fosse encore plus profonde, parce que le 25 mars a, en effet, été initialement adopté en Afrique et ailleurs comme la date de la crucifixion. Cependant, c'était seulement un dimanche et seulement une année que le 14 Nisan aurait pu tomber un 25 mars. Ça détruit donc la théorie. De plus, le 25 mars est associé au festival du dieu Attis, comme Frazer le note dans sa remarque en bas de la page 305. Nous l'examinerons dans les sections ci-dessous.

 

Le Bouc et l'Ours

 

Durant les douze jours, nous voyons aussi des mimes jouer les rôles d'un bouc et d'un ours.

 

Dans les hauts plateaux d'Écosse et de St-Kilda, jusqu'à la dernière moitié du dix-huitième siècle, un vacher au moins s'enveloppait dans une peau de vache, à la Saint-Sylvestre (la veille du Jour de l'An). Les jeunes se réunissaient autour de lui et ils frappaient la peau avec des bâtons, comme un tambour, et allaient de maison en maison, où celui qui était enveloppé dans la peau courrait trois fois autour du deiseil, c'est-à-dire en imitant la rotation du Soleil. Il était poursuivi par la foule qui criait en gaélique:

 

Faisons plus de bruit, frappons la peau (Frazer, viii, p. 323).

 

Ils allaient ainsi de maison en maison en répétant les vers. En entrant, ils demandaient des bénédictions sur la maison et son bétail, ses pierres et son bois de construction, ses produits alimentaires et sa santé. Une partie de la peau était alors brûlée et appliquée sur le nez de chaque personne et de chaque animal domestique pour protéger les habitants contre la maladie et le malheur pendant la nouvelle année. Ce dernier jour de l'année était appelé Hogmanay.

 

Chacune des personnes présentes, après avoir dit la rime et que la Rann Calluin ou la Rime de Noël ait été répétée, entrait ensuite dans la maison et avait un rafraîchissement. Généralement, la chose qui était brûlée, au lieu d'un morceau de la peau, était une Caséine-uchd, faite avec une bande de poitrine de mouton (ou de cerf ou de chèvre) enveloppée autour du bout d'une sorte de bâton de hockey sur gazon. Elle était brûlée légèrement dans le feu et on lui faisait faire trois fois le tour de la famille en la plaçant sous le nez de chacun. Aucune boisson n'était prise avant que cette cérémonie n'ait été achevée. Son but était de protéger le ménage contre la sorcellerie et la maladie. Dans l'Île de Man, une plume de roitelet était utilisée (viii, p. 324).

 

La tradition semble être reliée à une tradition plus vieille impliquant le sacrifice humain. Frazer note que les Khonds sacrifiaient une victime humaine, comme une divinité, et allaient de maison en maison où chacun prenait une relique de la personne sacrée (voir i, pp. 246 et suiv.). La peau de vache a, sans doute, remplacé cette victime. La communion a remplacé le corps et le sang du dieu.

 

Quoique ces coutumes puissent ne pas avoir une connexion avec l'agriculture, les coutumes similaires du Lundi des Labours en ont certainement une et les processions d'hommes vêtus comme des animaux, que nous voyons en Europe, s'identifient probablement avec l'esprit du grain. Elles peuvent avoir une association avec la procession Gilyak de l'ours et la procession indienne du serpent (ibid.).

 

Dans ces processions (comme dans les derniers jours du carnaval en Bohême), un homme était souvent recouvert de la tête aux pieds de paille de pois et enveloppé avec des cordes de paille (Frazer, ibid.). Cela remonte à l'homme wicca dans l'ancienne Grande-Bretagne.

 

Ces festivals de l'agriculture ont été associés autant avec le solstice du milieu de l'hiver qu'avec l'équinoxe du printemps - les deux annonçant le retour de la croissance, de la chaleur et de la vie, par la puissance du Soleil, et de l'été.

 

L'homme de Bohême a pour nom Jours Gras ou l'ours du Carnaval (Fastnachtsbär). Après qu'il a dansé dans chaque maison avec les filles, les servantes et la ménagère elle-même, ils vont tous à la maison de bière :

 

Car aux Jours Gras, mais particulièrement le Mardi Gras, chacun doit danser, pour que le lin, les légumes et le grain prospèrent (Frazer, viii, p. 326).

 

La paille de l'ours est mise dans les nids des poules et des oies. L'ours représente l'esprit de la fertilité. Le but de la danse est de rendre fertile autant l'animal que le végétal sous tous les aspects. Dans des parties de la Bohême, cette personne n'est pas appelée un ours, mais un bouc d'avoine.

 

En Lithuanie prussienne, le Douzième jour, un homme est enveloppé de paille de pois pour représenter l'ours et un autre de paille d'avoine pour représenter le bouc. À Marburg en Steiermark, les hommes apparaissent autant comme un loup qu'un ours (Frazer, ibid.).

 

L'homme qui frappait le dernier coup était appelé Loup. Il gardait le nom de Loup jusqu'à Noël, jour où il était enveloppé dans une peau de chèvre et mené de maison en maison, comme un ours de pois au bout d'une corde. Son habillement de bouc le désigne et semble associer les symboles du bouc, de l'ours et du loup à un ancien rituel de l'esprit du grain.

 

En Scandinavie, l'esprit du grain avait souvent l'apparence d'un bouc (ibid.). En Suède, conduit avec des cornes sur sa tête, il personnifiait le bouc-Noël. Dans certaines parties de la Suède, ils trouvent des prétextes pour abattre le bouc qui revient à la vie (ibid., p. 327). Les deux hommes qui l'abattent chantent des vers en se référant aux capes de couleurs variées, rouges, bleues, blanc et jaune, qu'ils ont mises sur lui.

 

Après le dîner de la soirée de Noël, les gens dansent la "danse de l'ange" pour assurer une bonne récolte. La paille de Noël, de blé ou de seigle, est façonnée pour ressembler à un bouc et jeté parmi les danseurs au cri de attrape le bouc-Noël. En Dalarne, il est appelé le bélier-Noël.

 

Au Danemark et en Suède, il est commun de cuire des gâteaux fins à Noël en forme de boucs, de  béliers et d'ours (Frazer, ibid., p. 328). Ils sont souvent faits avec la dernière liasse, lors de la moisson, et gardés jusqu'au temps de l'ensemencement où une partie de ceux-ci est mélangée avec les graines et une autre partie mangée par les gens et les bœufs utilisés pour les labours dans l'espoir de garantir une bonne moisson. Les points en commun des coutumes des Îles britanniques, de l'Europe, de la Scandinavie et de l'Est identifient au-delà de tout doute la pratique ancienne faite pour apaiser l'esprit du grain et les anciens dieux. L'apparence comme un bouc et un ours est aussi ancienne que répandue.

 

L'Ours de paille, personnifié comme il l'avait été pendant des siècles, a été rencontré à Wittlesy Cambridgeshire, en janvier 1909, par le professeur Moore Smith de l'Université Sheffield, le jour après le Lundi des Labours (voir la lettre du 13 janvier 1909; voir Frazer, viii, p. 329).

 

Le Lundi des Labours est le premier lundi de janvier après le Douzième jour. Il est incontestable que nous avons affaire avec un ancien festival agricole qui a pour but l'apaisement des anciens dieux agricoles dans la séquence des festivals du milieu de l'hiver, qui vont des Saturnales au jour férié du solstice et aux douze jours du soi-disant Noël, puis au festival des labours du Lundi des Labours et du Mardi Gras.

 

Il semble avoir été auparavant associé au sacrifice humain - peut-être dans chacun des trois aspects ou peut-être comme festivals individuels.

 

En Angleterre, le Lundi des Labours était normalement associé à une équipe d'hommes agissant comme bœufs de labour, l'un d'eux étant déguisé en vieille bique appelée Bessy. Ils allaient en dansant et en sautillant, vraisemblablement pour faire en sorte que le grain croisse aussi haut qu'ils sautaient. C'était semblable à la pratique des Ours-en-paille ou des boucs-Noël sur le continent et ailleurs au Royaume-Uni.

 

Les mêmes pratiques sont retrouvées à Thrace et en Bulgarie, ce jour-là, c'est-à-dire le lundi de la dernière semaine du Carnaval. Un danseur (le Kuker) est un homme vêtu d'une peau de chèvre. Un autre danseur (la Kukerica), déguisé avec des jupons en vieille femme ou baba, a son visage noirci.

 

Les ours sont représentés par des chiens enveloppés dans des peaux d'ours. Un simulacre de cour légale est établi avec un roi et un juge et d'autres fonctionnaires. Les pièces jouées par le Kuker et la Kukerica sont débauchées et lascives.

 

Vers le soir, deux personnes sont attachées à une charrue de labour et le Kuker laboure quelques sillons et sème quelques graines. Il enlève ensuite son déguisement et il est payé pour son trouble.

 

Les gens croient que la personne qui joue le Kuker commet un péché mortel; les prêtres font aussi des efforts vains pour supprimer les coutumes. Dans le district de Losengrad, le Kuker a un gâteau qui contient de l'argent et qu'il distribue à ceux présents. Si un fermier obtient la pièce de monnaie, la récolte sera bonne; si un berger l'obtient, les troupeaux seront bons. Le Kuker laboure aussi la terre symboliquement en oscillant de gauche à droite pour imiter le maïs ondulant dans le vent. L'homme avec la pièce de monnaie est attaché et traîné par les pieds sur la terre pour accélérer la fertilité de la terre. Ce tirage au sort fait penser aussi du sacrifice des Saturnales que nous avons vu auparavant.

 

En Bulgarie, la Vieille Femme ou la Mère est le personnage principal du festival. Le rôle est joué par un homme habillé en femme. Le Kuker et la Kukerica sont subalternes à la "Vieille Femme". Ils portent des masques fantastiques de têtes humaines avec des cornes d'animaux ou de têtes d'oiseaux et des peaux avec une ceinture d'écorce de tilleul. Ils ont sur leur dos une bosse faite avec des guenilles. Ce festival bulgare, qui tombe le lundi de la dernière semaine du Carnaval, est appelé le Lundi du Fromage. Il est néanmoins associé au festival des Labours.

 

Les mêmes rituels associés à l'Europe occidentale qui consistent à tourner autour de la maison et les bénédictions conférées sur la fertilité du village par la présence de la "vieille femme" viennent immédiatement à l'esprit de tous. Les incursions par les gens masqués d'un autre village étaient vues comme une menace et un enlèvement de la fertilité du village. De telles incursions étaient résistées.

 

Les similitudes entre la Vieille Femme et le visage noir de Déméter et ses deux aides Pluton et Perséphone font qu'ils sont probablement derrière les origines de la tradition des trois rois, le noir Melchior représentant Déméter.

 

Le festival de Befana à Rome, la nuit avant l'Épiphanie, est clairement relié à ce festival de Déméter et le terme Befana est, de toute évidence, une corruption du mot Épiphanie. Elle est clairement une vieille sorcière et le bruit de ce festival est clairement associé à une ancienne tradition pour purifier le secteur des mauvaises influences (voir aussi ci-dessous). Les mêmes cérémonies impliquant Befana, étaient ou sont observées dans le Tuscan Romagna et ailleurs en Italie, la veille de l'Épiphanie (Frazer, ix, p. 167).

 

Frazer voit correctement dans la Vieille Femme du système bulgare et de Thrace une référence à Déméter, la déesse-Mère du Grain, qui, sous les apparences d'une vieille femme apportait la bénédiction à la maison de Céléos, le roi d'Éleusis et restaurait la fertilité perdue aux champs éleusiniens en jachère. Le Kuker et la Kukerica, les mimes masculins et féminins, représentent Pluton et Perséphone. Ces rituels existent de l'Est à l'Ouest et représentent le plus vieux des festivals religieux (Frazer, viii, pp. 334-335). Nous sommes donc directement au centre des cultes éleusiniens du Mystère et reliés aux mêmes cultes du Mystère des temps anciens, du culte d'Apollon au début de l'Europe et de Dionysius et des symboles agricoles dans le culte de l'adoration du dieu Soleil. Les cultes du sacrifice des taureaux sont aussi impliqués et nous voyons, des temps de la dédicace des Taureaux sacrifiés par les Grecs en Magnésie, après sa dédicace au début de l'ensemencement, que nous avons une idée commune du festival. Zeus est l'associé de Déméter et le produit final est le sacrifice du Taureau à Zeus dans l'équivalent du mois de mai.

 

La Bûche de Noël, le Houx, le Lierre et le Gui

 

Les solstices d'été et d'hiver étaient vus comme les deux grands points tournants de l'année. Des feux étaient allumés aux deux solstices. Les feux du milieu de l'été étaient allumés à l'extérieur et les jeunes sautaient par-dessus les feux. Cette pratique a été trouvée parmi les Celtes en Irlande, en Grande-Bretagne et en Gaule et aussi parmi les Africains du Nord, au Maroc et dans les montagnes d'Atlas. Leur pratique est beaucoup plus ancienne que l'Islam qu'ils professent aussi.

 

La pratique d'allumer des feux le premier mai et à l'Halloween (le 1er novembre), appelé le Jour de la Toussaint, était rencontrée auparavant parmi les païens. La nature asymétrique de ces festivals avec celui du solstice devrait être notée. Le Festival de Walpurgis, le dernier jour d'avril, est le Festival de la Combustion des Sorcières. Ce type de festival est aussi associé aux douze jours entre Noël, le 25 décembre, et l'Épiphanie, le 6 janvier. Des feux de résine de pin sont allumés sur ces nuits pour éloigner les sorcières. Les feux sont généralement plus grands, la Douzième Nuit. En Silesia, les gens font des feux de résine de pin entre Noël et le Nouvel An pour chasser les sorcières des fermes. C'était "le temps approprié pour l'expulsion des forces de l'obscurité". À la Veille de Noël et à la Veille du Jour de l'An, des coups de feu sont tirés au-dessus des champs et les gens enveloppent de paille les arbres fruitiers pour empêcher les forces du mal de leur faire du mal.

 

À Biggar, dans le Lanarkshire, au Royaume-Uni, la Veille du Jour de l'An est le temps traditionnel pour ce feu qui a été allumé depuis des temps immémoriaux.

 

En 1644, neuf sorcières en chair et en sang ont été brûlées à Leith Links, en Écosse (Frazer, ix, p. 165).

 

Des feux sont allumés en automne, mais ils ne sont pas significatifs. Le festival de la Nativité de la Vierge, le 8 septembre, a traditionnellement été associé au bruit et au tumulte et il a été associé à Befana à Rome. Traditionnellement, il impliquait des assassinats. Le professeur Housman a noté, quand il a été témoin du festival à Capri en 1897, qu'un peu plus des huit ou dix habituels ont été assassinés (Frazer, x, p. 221).

 

Traditionnellement, des feux sont aussi allumés au solstice du milieu de l'hiver, le 25 décembre. La différence entre les feux du milieu de l'été et du milieu de l'hiver étant que les feux du milieu de l'hiver sont allumés à l'intérieur et qu'ils font partie du rituel de l'invocation du dieu Soleil à sa place de suprématie dans les cieux. Les feux du milieu de l'hiver ont ainsi développé une atmosphère davantage de groupe ou de type familial.

 

Il y a peut-être une signification au fait que, dans les Îles Shetland, les fêtes de Noël commençaient sept jours avant Noël et se terminaient à Antinmas, c'est-à-dire le vingt-quatrième jour après Noël.

 

Les Shetlanders nomment ces fêtes les Yules. Sept jours avant Noël, les lutins, appelés Trows par les Shetlanders, sont libérés de leurs maisons souterraines et demeurent en surface, si ça leur plaît. C'est l'origine probable du symbolisme des lutins du Père Noël. Il semble avoir rapport au concept de l'anarchie des sept jours des Saturnales conduisant au 25 décembre.

 

Le plus important des rituels des Yules était l'assainissement, qui devait être correctement effectué pour s'occuper des gens gris, comme les lutins étaient appelés. Les mythes modernes émanant des États-Unis quant aux extraterrestres gris n'est rien d'autre que la réorganisation des lutins des Yules.

 

Le dernier jour des fêtes, le vingt-quatrième jour après Noël, appelé up-helly-a ou Uphalliday dans les Shetland, les portes étaient toutes ouvertes et il y avait beaucoup de poursuites de pantomimes pour débarrasser le secteur des lutins malveillants. Les gens lisaient pieusement la Bible et montraient du fer avec ostentation "car c'est bien connu que les lutins ne peuvent pas supporter la vue du fer". Les enfants en bas âge étaient  soigneusement gardés et assainis par des femmes sages et savantes. Nul doute, nous avons le signe de l'œil malveillant impliqué ici, comme une ancienne tradition (voir aussi l'étude La Croix: Ses Origines et Sa Signification [039]). À l'aube, après la vingt-quatrième nuit, les Trows ou Gens-gris avaient disparu et les Yules étaient terminées.

 

Les coutumes de bannir les forces malveillantes et les sorcières, lors d'une nuit mise de côté pour ce but dans la période du solstice d'hiver et des festivals, peuvent ainsi être retracées de Rome et Calabria au sud jusqu'aux Îles Shetland au Nord. Elles passent aussi par l'Irlande et les  Steppes et le Nord de l'Afrique.

 

La Bûche

 

Nous savons que les Allemands brûlaient la bûche de Noël, qui était une ancienne tradition, même au onzième siècle. En 1184, le prêtre de paroisse d'Ahlen, dans le Münsterland, note qu'il a apporté un arbre pour allumer le feu festif à la nativité du Seigneur (Frazer, x, p. 247). On l'a retrouvée en Grande-Bretagne dans le passé et elle était commune aux Teutons et apparemment aux Celtes. John Brand est cité par Frazer comme disant que la bûche de Noël est une contrepartie des feux du milieu de l'été, faite à l'intérieur à cause du temps froid au solstice d'hiver (ibid., n. 2). Elle n'était rien d'autre que l'application au solstice du 25 décembre, qui a été mis de côté pour l'adoration du Soleil (Frazer, x, p. 246). En brûlant la bûche, on aidait le Soleil à rallumer sa lampe souffrante. Tout le système des feux et des bougies à la Nativité devant la Vierge Céleste est l'ancienne adoration de la déesse Mère et de son jeune enfant, le Soleil. Les lampes aident à allumer le feu céleste du Soleil et c'est l'idée de base derrière la flamme et son utilisation dans le Zoroastrianisme.

 

Parmi des groupes européens, la bûche de Noël était aussi placée sur le  feu pour éloigner le tonnerre et les effets des tempêtes. Le rapport est donc clairement fait entre les anciens dieux des Teutons du tonnerre, de la foudre et de la température et la bûche de Noël au solstice.

 

Le Gui

 

Le gui était sacré dans la religion des Druides. Les Druides, qui sont venus via l'Égypte comme Mages, ont été pris par les Milésiens en Espagne, parmi les Gadéliens, avant que les Scoto-Milésiens ne soient allés en Irlande. De là, ils se sont répandus en Grande-Bretagne et en Europe (MacGeohagen The History of Ireland, Sadlier, NY, p. 42; voir Frazer, ii, pp. 358,362; xi, pp. 76 et suiv., 301).

 

Pliny (Natural History, xvi, pp. 249-251) dérive le mot Druide du mot grec pour chêne, qui est drus. Il est, cependant, le même ou semblable en celtique étant daur. Les Druides sont les prêtres du chêne. Leur culte est donc ancien et associé aux bosquets de chênes. D'autres érudits préfèrent dériver le nom de la racine signifiant connaissance ou sagesse - de là, ils étaient des sorciers ou magiciens. Cela vient aussi du titre de Mages qu'ils portaient (voir Frazer, xi, pp. 76-77, n. 1 à p. 76).

 

Le cycle Druidique du calendrier était de trente ans et il semble y avoir  un rapport commun dans leur adoration avec celle des Bœtiens qui, comme eux, adoraient ou suppliaient le chêne. Ainsi, tous les deux peuvent avoir une connexion aryenne commune. Le cycle Bœtien, dans le festival du grand Daedala, était de soixante ans et non pas de trente. Cela peut avoir une application avec la pratique aryenne, observée parmi les Indiens, du cycle de soixante ans basé sur le cycle sidéral de Jupiter.